L’habit ne fait pas le moine (2)

@Lounes

Je ne sais pas pourquoi, vous ne voyez rien. Pourtant les choses sont simples comme bonjour.

J’ai passé un certain temps à fréquenter le site où M. Dehbi apparaissait de temps à autre avec des contributions et des interventions, jusqu’au jour où j’ai compris que ce site n’est pas aussi démocratique qu’il en a l’air alors j’ai tiré ma révérence. Pendant cette période, j’ai compris et vous pouvez vous en rendre compte par vous-même que lui aussi déteste et il combat le système rentier de Bouteflika et le pouvoir militaire et est, en même temps, un sympathisant de l’islamisme politique radical et d’Ali Benhadj et son hypothétique système. Bref. Dans ses analyses, on est conduit à condamner et Bouteflika et son frère Saïd et leur régiment de mafieux, sans foi ni loi, qui ont collaboré activement pour simplement manger dans le râtelier. Je ne me rappelle pas qu’il ait parlé de Boualem Bessaïh, mais celui-ci représente l’un des piliers du régime et l’homme de confiance de Bouteflika.

Alors on est interloqué et consterné d’apprendre que parmi le régiment des mafieux qui permettent à Bouteflika de sévir en Algérie, « il y a des amis honorables » et non des moindres.

Imaginez-vous dans un champ de bataille appartenant à une armée de citoyens miséreux qui fait face à une l’armée régulière ennemie. Les deux armées se regardent avant le début de la bataille. Tous les soldats sont armés et vont se battre. Tout d’un coup, vous entendez un des officiers, parmi les plus virulents contre l’ennemi, entonner : « Le général ennemi qui est là-bas qui s’appelle Boualem, ne le touchez pas, c’est un honorable ami… il a rendu beaucoup de services à ma famille ou il va les rendre (si la bataille est perdue). » Pour qui on prend les Algériens.

Enfin le problème du népotisme et les recours aux connaissances et aux amis hauts placés dans le régime pour bénéficier d’un avantage ou pour régler un problème ne favorisent pas l’égalité des citoyens devant la loi. Or l’égalité est une valeur centrale pour un démocrate et elle est encore plus pour l’Islam.

Malek Bennabi lorsqu’il fut déchu de son poste de responsabilité, il rendit tout de suite la voiture de fonction mise à sa disposition et dit à sa femme : « Tu monteras en autobus avec le peuple. »

Enfin, L’existence et le recours au marché informel du change de devis et du commerce illégal sont devenus tellement banals que personne n’y voit le mal qu’il induit pour les finances publiques. Pourtant, pour quelqu’un qui se présente comme intellectuel, il ne doit pas trouver ce phénomène « normal », et pour un islamiste, il ne doit pas faire comme si c’était normal et halal cette façon de contourner les lois du pays qui lui cause beaucoup de tort.

Trouvez-vous normal qu’un responsable politique (idéalement honnête, celui qu’on conçoit comme propre) puisse déclarer publiquement que son fils a le plus normalement du monde acheté 60 000 euros dans le marché noir?  Les notables et les responsables doivent être les gardiens des valeurs et des lois de leur pays.  Ils doivent en tout temps donner le bon exemple et ne pas imiter « ce qui est normal » pour le reste de la population.

@Lounes, si vous arrivez à comprendre cela, c’est tant mieux, j’ai expliqué du mieux que je pouvais.  Dans le cas contraire, je ne peux rien pour vous. Si M. Dehbi daigne répondre, on entamera un bon débat ici sur ce Blog. Parce que chez ses amis, il y a des muselières prêtes à l’emploi pour préserver l’honorabilité de certains.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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