Hichem Aboud dans « Les GIA, Athman Tartag, les massacres, Zeroual et le reste»

Monsieur Aboud interrogé par un journaliste d’Echourok après son retour d’exil

Une découverte fortuite

Le site web « algerialchannel.net » vient de faire une découverte explosive sur le capitaine Aboud, ancien membre des services secrets algériens qui a fait couler beaucoup d’encre pour ses témoignages dans l’affaire Hasseni/Hassani. Il était un farouche défenseur du diplomate soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat d’Ali Mecili en 1987. En plus de ce rôle très remarqué dans cette chronique judiciaire qui a passionné l’opinion publique pendant plus de deux ans, monsieur Aboud était aussi connu pour avoir tenu deux positions contradictoires : l’un contre la junte militaire algérienne qu’il appela les 11 décideurs et l’autre contre les ennemis de la junte. Il remua ciel et terre pour discréditer, voire arrêter le colonel Samraoui, la bête noire de junte militaire.

Depuis son exil « volontaire », il avait publié des pamphlets vitriolés contre les généraux Dafistes qu’il n’hésita pas à traiter de harki, suprême insulte en Algérie. Dans ses attaques, il réserva une large place au général Belkheir qu’il accusa, entre autres, d’être le véritable commanditaire de l’assassinat de Mecili. Il s’est même autorisé à déposer une plainte contre lui en France. Dans une deuxième étape, il dirigea sa foudre contre le colonel Samraoui, un officier supérieur du DRS entré en dissidence pour dénoncer les crimes que les généraux du DRS commettaient contre la population algérienne. Profitant de l’affaire Hasseni/Hassani, il l’insulta et le harcela bien plus que ne l’a fait le pouvoir algérien. Dans une troisième étape, après le non-lieu du diplomate Mohamed Ziane Hasseni, « son combat » et ses interventions médiatiques diminuèrent fortement. Après cet épisode troublant, il gagna la sympathie du pouvoir et devint étrangement un chroniqueur irrégulier dans le journal Echourouk réputé très proche du DRS. Un journal avec qui il partage la ligne éditoriale et les services de l’avocat Khaled Bergheul. Enfin, cultivant encore le sens des incohérences, il fit une autre sortie médiatique troublante. Après la mort du général Belkheir qu’il voua aux gémonies, dans un long article sur le même journal, il rendit des hommages funèbres à ce dernier. Ce témoignage, sonna comme une repentance et dérouta un grand nombre d’observateurs puisqu’il est totalement contradictoire avec le prétendu combat que menait monsieur Aboud contre Belkheir, sources de nos maux selon lui.

Hichem Aboud, de surprise en surprise 

La comparaison des deux photos ne laisse aucun doute

Grâce à une photo montrant Hichem Aboud interviewant Kasdi Merbah, l’ex-patron de la sécurité militaire, le site web algeriachannel.net a trouvé par le plus grand des hasards, un entretien qu’a donné le capitaine Hichem Aboud au magazine allemand Der Spiegel janvier 1998. La photo en question fut fournie par Aboud au magazine pour authentifier son témoignage sur la responsabilité des patrons du DRS dans la sauvagerie des années 90. Dans la photo, les yeux d’Aboud furent voilés pour respecter l’anonymat demandé par l’ex-officier du DRS qui, vu la gravité de son témoignage, craignait pour sa vie. Or, la même photo a été publiée dans le journal Echourouk le 27 août 2010 pour authentifier ces « mémoires » sur Kasdi Merbah.

Monsieur Aboud a toujours clamé qu’il avait quitté l’armée en 1992, deux ans après sa demande de radiation. Par la suite, il s’est consacré au métier de journaliste et s’était heurté à son ancien patron le général Betchine. En 1997, il quitta l’Algérie où, dit-il, il fut victime de harcèlement de la part du pouvoir avec à la clé plusieurs jugements. Il s’exila en France et commença à militer contre le pouvoir militaire dominé par les « harkis » comme il le dit. YouTube renferme encore des vidéos sur cette activité. Cet itinéraire politique ne permet pas cependant de dire qu’il fut un acteur dans la tragédie nationale de la décennie rouge. Son « combat » axé sur la critique de la mainmise des dafist sur l’armée et les raisons qu’il donne pour justifier son exil n’ont pas de liens avec le théâtre sanglant de la tragédie nationale. Pourtant, au magazine allemand, Hichem Aboud a livré un témoignage explosif sur la barbarie des généraux du DRS, sur les crimes du général Bachir Tartag, sur les massacres perpétrés par le DRS, etc. Toutes les horreurs et le cloaque nauséabond qui ont jalonné l’histoire de l’Algérie dans la décennie fatidique se retrouvent dans l’entretien de monsieur Aboud en janvier 1998 moins d’un an après avoir quitté l’Algérie. D’après son témoignage, Aboud n’est pas seulement un «qui-tue-qui», il était un témoin occulaire

Extraits de la traduction arabe de l’entretien de Hichem Aboud dans Der Spiegel :

Un officier des services secrets algériens, accuse l’armée d’avoir soutenu au début les intégristes les plus radicaux et les GIA en faisant leur promotion. Il les accuse d’avoir dirigé délibérément le terrorisme contre la population civile. Des Spiegel Connaît l’identité de l’officier, son non reste secret pour des raisons sécuritaires et il a demandé le statut de refugié politique en France.

Ce qui m’a poussé à renoncer aux avantages sociaux en tant que capitaine dans l’armée et fuir, c’est ce qui s’est passé un matin en 1994 à Bachjarah, un quartier périphérique d’Alger, où des passants avaient découvert des dizaines de corps jetés sur les trottoirs. Les victimes étaient des gens modestes habitant le quartier.

J’étais dans le siège du ministère de la Défense quand j’ai assisté à un dialogue entre un informateur (ou inspecteur) et son directeur.  Que disent les gens sur l’opération ?, avait demandé le directeur. Ils disent que ce sont les Services secrets et les hommes de la sécurité, répond l’autre. « Dit-leur que c’Est un règlement de compte entre les terroristes» rétorque le directeur. Quand l’informateur disparu, le directeur gloussa et dit : «Bachir et son équipe ont fait un travail formidable, je vais le voir après.» L’officier témoin dit que Bachir n’est que le nom de guerre d’Athman Tartag, un colonel des services secrets (DRS). […] La spécialité de Bachir est de s’adonner à des représailles collectives en tuant les familles des islamistes en fuite.

[…] le Commando d’Athman Tartag a poursuivi ses représailles sanglantes dans le quartier d’Eucalyptus. Ces attaques et ces raides étaient nombreuses. J’ai été témoin oculaire du départ des ces escadrons de la mort et je suis prêt à témoigner devant un tribunal.

[…]

Le président Liamine Zeroual qui fut élu à 61 % n’était en réalité qu’un pantin aux mains des généraux. Il est un de leur compagnon et leur otage. Que pouvait-il faire ? Il sait ce qu’il est advenu de son prédécesseur, Mohamed Boudiaf, qui voulu s’affranchir de leur pouvoir.

L’armée mise sur la haine et la répulsion des islamistes et utilise la peur pour préserver le pouvoir. En même temps, les massacres les aidaient à semer la discorde entre les groupes islamistes. Même si cela est difficilement admissible, les GIA sont l’œuvre de l’armée avant d’en perdre complètement le contrôle.

[…]Fin des extraits.

La couverture d’Echourouk

Des accusations gravissimes et des intérrogations

C’est là un témoignage capital qu’il sera très difficile à monsieur Aboud de renier. Le magazine allemand pourra facilement identifier le capitaine qui lui a accordé l’entretien. De surcroît, il aurait même travaillé pour ce magazine si l’on croit Wikipedia. Ce témoignage s’il n’est pas nié par le concerné bouleverse complètement l’histoire de Hichem Aboud et fragilise totalement son statut d’opposant au pouvoir des généraux. Il est en effet légitime de se poser plusieurs questions au sujet de Hichem Aboud. Mais la plus grande question est ceci :

Avec tant d’histoires horribles dans sa mémoire, pourquoi, monsieur Hichem Aboud, qui dit être un enfant de chahid et dit combattre l’injustice sans craindre la mort, s’était-il focalisé sur le cas Belkheir, Ali Mecili et Samraoui seulement ? Encore que Belkheir n’est pas évoqué pour ses responsabilité dans la gestion du terrorisme. Pourquoi ses interventions médiatiques n’ont jamais dénoncé -ou très peu s’i tant il l’aurait fait- le DRS pour ces crimes contre l’humanité qu’il a étalée dans le n°3/1998 de Der Spiegel.

Une autre question qui se pose dès lors, y’a-t-il un rapport entre son retour soudain en Algérie et l’arrestation du général Khaled Nezzar en Suisse ? Craignait-il d’être appelé comme témoin ?

Si monsieur Aboud dément l’entretien, alors comment sa photo s’était-elle retrouvée dans le n°3/1998 de Der Spiegel ? S’il ne peut pas nier l’évidence, le Magazine est là pour confirmer ou démentir, alors pourquoi se retracter de ces  graves témoignages ? Pourqupoi ce taire pendant 17 ans ? Pourquoi rester muet devant ces horreurs-là? Ou bien étaient-ils pour lui un simple moyen d’accroitre ses chances pour l’obtention de l’asile politique ? Dans les deux cas de figure, les conséquences morales sont énormes pour les victimes de la decennie rouge.

Erratum : L’article de Hichem Aboud avec la fameuse photo  avec Kasdi Merbah dans le journal Echorouk a été publié en août 2010 en non en 2011.

Source :

http://www.algeriachannel.net/?p=6949

 www.echoroukonline.com/ara/aklam/analyses/hicham/qassdi/58322.html

http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-7809924.html

http://wissen.spiegel.de/wissen/image/show.html?did=7809924&aref=image017/SP1998/003/SP199800301180120.pdf&thumb=false

A propos El Erg Echergui

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12 commentaires pour Hichem Aboud dans « Les GIA, Athman Tartag, les massacres, Zeroual et le reste»

  1. DJAMILA dit :

    TOUS LES 11 GENERAUX LACHES, TORTIONNAIRES ET LEURS SUPPORTEURS ET ASSASSINS D’ALGERIENS DEVANT LE CPI AUSSITOT QUE POSSIBLE. POURQUOI ATTENDRE UN AUTRE JOUR, UNE MINUTE? TIME FOR A TOTAL AND COMPLETE CLEAN-UP. THE ONLY WAY FORWARD. VIVE LE PEUPLE ALGERIEN LIBRE, L’ALGERIE LIBEREE DES PARASITES QUI L’HABITENT ET LES VAMPIRES QUI LUI SUCENT LE SANG ET DILAPIDENT LES RICHESSES ENORMES DU PAYS TOUT EN TRAVAILLANT AVEC LES SIONISTES QUI TUENT, SUPPORTENT ET TERRORISENT LES IRAKIENS, LES PALESTINIENS, LES AFGHANS, LES SOMALIENS ET BIEN D’AUTRES HUMAINS POUR LEUR VOLER LEURS FORTUNES ET LEURS RESOURCES NATURELLES. LA JUSTICE DOIT PRENDRE SON COURS SANS L’INTERFERENCE DE L’INQUISITION JUIVE QUI SUPPORTE LES GENOCIDES D’ARABES, DE KABYLES, DE CHAOUIS, DE TARGUIS, DE MUSULMANS ET LES PROVOCATIONS, LES ATTAQUES PAR LES DRONES, PAR BOMBARDEMENTS INTENSIFS ET CONTINUS DES VILLES ET DES VILLAGES, LES MEURTRES INCESSANTS DES ENFANTS, DES BEBES BRULES VIVANTS, DES VIEUX ET DES JEUNES, ACTIONS ODIEUSES RELAYEES DANS U TUBE ET D’AUTRES SITES POUR TERRORISER LE MONDE ENTIER QUE CES ENTITES VEULENT DOMINER.

    • dekkiche dit :

      le probleme algerie c est pas le general x ou y je regrette. probleme de fond
      est ce que algerie est un pays arabe ou berbere?.si on est pas arabe
      on fait quoi a interrieur de la ligue arabe?
      si on est arabe? comment les berberes sont en algerie? mais je pense tout le monde connait la verite que algerie n est pas un pays arabe entre temps c est un pays du saint augustain quelle est la place pour les chertiens et des juifs et les musulmans en algerie?
      qui est la place de la laicite en algerie ?
      est ce que les chertiens et les juifs ont leur droits de cultes en algerie
      c est ça le grand conflit en algerie deux projets qui s affrontent
      1 projet islamo beathisme( islam radicale arabe et ingnorance comme les talibans
      2 democrates laic tolerant progressiste.
      c est ça la realite algerie et ça se que entraine bouscler entre tout types pouvoir
      ( juridique politique militaire civile )

  2. FARNES Liès dit :

    Ce n’est pas tant de savoir si on est arabe ou berbères mais de se dire à quand le départ du système le peuple algérien puisse pour que prendre son départ vers la démocratie en s’appuyant sur les les starting-block longtemps dérouillés par le pouvoir.

  3. Brahim dit :

    Si vous cherchez serieusement vous allez decouvrir un Hicham Aboud traitre qui était en service détaché en Belgique par certains généraux. Plusieurs Algériens l’ont vu entré et sortir de l’ambassade Algérien à Bruxelles. Et si Mr Aboud Hicham est un fhal, comme il le prétend, qu’il dise qui a banni son site web et qui lui a ordonné de ne plus écrire.

  4. Halim dit :

    Tout celui qui de l’étrange critique son pays pour moi c’est un traître,manipule.

  5. Malkovitch dit :

    Et tout Algérien qui critique son pays en Algérie est mis en prison, donc silence total…..alors selon toi ya EL MOKH que faire..??

  6. abdel dit :

    le problème qui ce pose c’est pas la faute a qui et qui a fait quoi , mais comment faire pour sortir de ce système militaire dictatorial. le pouvoir doit revenir aux peuple et ainsi l’Algérie connaîtra une autre vie. alah yarham a chouhadaa

  7. moh dit :

    j’etais choqué de voir addi lahouari se pavaner au salon du livre maghrebin avec toutes les rats de l’amicale des algeriens en france qui pistent traquent et persecutent les algeriens pour le compte du systeme FLNhaine -securité militaire

  8. Heheh dit :

    je souhaite une intervention militaire européenne très rapide afin d éliminer le pouvoir en place.

  9. Heheh dit :

    Tôt au tard les militaires seront détruit par une puissance étrangère et bouteflika et sa bande seront guillotinés In cha Allah.

  10. Med dit :

    N’oublié surtout pas la justice divine « Win trouh ya latel errouh »……

  11. samia dit :

    et pourquoi vous ne dites pas que cet énergumène de hichem abboud affabule pour pouvoir avoir un asile politique à l’étranger, ayant peur de se faire massacrer en tant que militaire? et tant qu’il y aura des algeriens qui se croient supérieurs aux autres qu’ils soient arabes ou berbères, que la haine aveugle les gens au point d’appeler des forces étrangères à venir les libérer de leurs propres compatriotes, quils soient bons ou mauvais, que la difference de notre culture qui devrait faire notre richesse fasse notre désaccord nous ne reussirons jamais.

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