Les nouvelles combines électorales de Bouteflika

Une fois dans un amphithéâtre universitaire archicomble, Bouteflika expliqua sa conception personnelle de la démocratie aux étudiants algériens qui ne croyaient pas leurs yeux d’avoir devant eux le président de la République en chair et en os. Vous savez, leur annonça-t-il, la démocratie véritable n’existe pas y compris dans le monde que vous considérez « libre ». En Angleterre, le modèle de la démocratie en Europe,  il existent deux partis politique, ils sont les deux faces d’une même médaille. Aux États-Unis, c’est la même histoire. Les deux partis qui se partagent la scène politique sont comme Hadj Moussa et Moussa hadj, alors méditez bien cela… Les étudiants, qui n’ont pas l’habitude de recvoir des conférencier de renoms, furent subjugués par tant de d’intelligence applaudirent à tout rompre. Le le ministre Said Barakat qui se trouvait à deux pas du président, tout joyeux d’entendre débiter el hikma riyssiya, dessina un sourire jusqu’aux oreilles. il faut voir (sur la vidéo en annexe) la scène de l’obséquité générale au coeur de l’université…

À l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire en décembre dernier, il dit : « si la démocratie requiert une multiplication des partis nains, vous allez être servis… » Aussitôt dit aussitôt fait. Après la sentence de Bouteflika qui démontre toute son admiration pour la démocratie…, le ministre de l’Intérieur, Ould Kablia, qui depuis sa nomination, a refusé de respecter le droit constitutionnel relatif à la création des partis politiques, s’est vite penché sur les demandes d’agrément des partis qui moisissaient dans ses tiroirs. Et surprise générale… il est devenu démocrate respectant la Constitution… Dans les cercles du pouvoir, il n’est pas donné à tout le monde le courage de respecter la Constitution… Ould Kablia l’a fait !  Et hop, une multitude de petits partis sont arrivés sur le souk politique algérien. Ce q’il a été refusé pendant des années, avec un sel mot de Bouteflika, fut accepté en quelques jours. Mais heureusement, cette fois il n’y aura pas de partis soutenu par le pouvoir. Aucun d’eux n’aura des moustaches… Un seul bébé moustachu dans l’histoire du DRS… est largement suffisant pour le pouvoir… Les nouveaux petits partis nécessaires à la démocratie de Bouteflika joueront le rôle que leur a fixé Bouteflika. En tant que décor folklorique, ils jouiront d’une certaine audience dans les médias publics. Ils mettront en relief « l’un ancrage populaire » de vrais partis politiques…

Alors que contient la couvée d’Ould Kablia qui bien sûr a dû recevoir l’aval du DRS et de Bouteflika avant de décider quoi que ce soit ? Il y a un parti, pour fragmenter encore une fois la Kabylie avec un séide nommé Amara Benyounès (UDR) qui va devenir de plus en plus visible dans les médias pour l’aider à grignoter des voix en Kabylie tout en servant de bouclier au pouvoir de la junte militaire. Il est un négationniste, il nie la pratique de la torture et les exécutions extrajudiciaire et le noyautage des GIA qui sous-entend incitation et participation aux crimes et massacre (Il est l’un des signataires actifs de la pétition de soutien à Khaled Nezzar). Il y a un autre parti pour diviser les islamistes avec l’adversaire de Soltani, en l’occurrence Abdelmadjid  Menasra. Pour le reste, une pognée d’autres partis, on ne sait pas sur quelle élucubration politicienne le pouvoir leur a accordé le pré-agrément. Peut-être sent-il que les partis-lièvre actuels ne veulent plus de ce rôle, alors ils préviennent les futurs boycotts en injectant d’autres partis-lièvres tout frais et se contentent de peu.

Enfin, il ne faut pas oublier de noter que le sursaut démocratique de Bouteflika n’a pas fait que des heureux. Parmi les nouveaux partis nains qui ont fait le pied de grue devant le ministère de l’Intérieur, certains ont reçu une fin de non-recevoir. En particulier, pour les vieux harkis du système, le refus de Bouteflika est une gifle cinglante ou un coup de pied dans le derrière bien placé… Cela s’appelle aussi une condamnation à la marginalisation politique… Après de bons et loyaux services, les harkis sont invités maintenant à boire le calice jusqu’à la lie… C’est fou comme la vie peut changer…

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À propos de El Erg Echergui

«La démocratie concerne tous sinon elle ne concerne personne » Rached Gannouchi, président d’Ennahada. Tunis, 28 octobre 2011 au lendemain des premières élections démocratiques en Tunisie
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