Un détail troublant dans l’affaire de l’assassinat de Mohamed Boudiaf

Abdelhak Layada a jeté un pavé dans la mare lors de son entretien sur Internet dernièrement. Dans un État de droit, Khaled Nezzar aurait été tout de suite auditionné par un juge d’instruction ou assailli par les journalistes pour lui arracher une réaction. Monsieur Layada avait dévoilé que Nezzar, une arme à la main,  l’avait menacé de mort dans la prison Serkadji si Boumaarafi était tué lors de la «mutinerie». Une mutinerie douteuse qui s’est soldée par un massacre éponyme de la prison. Cliquez pour entendre le témoignage : (http://youtu.be/2SwmukQNdNA?t=20m35s) » *.

Le « premier émir des GIA » ne pouvait pas mentir dans ce témoignage crucial. Il ne pouvait pas inventer un fait aussi grave contre le général-major à la retraite, Khaled Nezzar, car celui-ci est encore vivant et jouit de la liberté de réagir s’il s’agissait d’une diffamation. Ce témoignage a l’air d’une bombe qui va toucher toute l’institution militaire ou du moins créer un remous et une vague de ouï-dire qui finiront par emporter le peu de sincérité dans les témoignages de l’ex-homme fort. Ce témoignage intéressera également à n’en pas douter les historiens, les fidèles du défunt Mohamed Boudiaf et bien sûr sa famille.

Le témoignage de Layada induit automatiquement deux conclusions évidentes. L’acte isolé prôné par le pouvoir vole en éclat. Il est difficile pour les observateurs d’admettre qu’un assassin (Boumaârafi), qui par son geste particulièrement spectaculaire aura montré sa prétendue appartenance ou une prétendue sympathie à la mouvance islamiste, serait menacé par cette même mouvance. Pourquoi Nezzar craignait-il pour la vie de l’assassin de Boudiaf dans la prison si celui-ci se retrouve d’une façon ou d’une autre avec les siens ? Les islamistes emprisonnés avec lui devaient plutôt le féliciter chaleureusement et le considérer comme un héros ? D’ailleurs, la joie qu’a suscitée la mort de Boudiaf dans le milieu des islamistes radicaux le prouve. C’est une grande question que Nezzar,  assurément, lui trouvera une parade élaborée du genre « Layada était furieux parce qu’en tuant le président Boudiaf sans son ordre, Boumaârafi lui a volé la vedette… ». Ce qui est sûr, Nezzar ne pourra pas démentir ce témoignage. Cela ruinera la crédibilité de Layada et dans la foulée, abîmera complètement le rôle d’avocat du DRS qui aurait été imparti à Layada puisqu’il serait un calomniateur… Elémentaire, mon cher Watson… !

La plus importante conclusion de ce témoignage est qu’il conforte la responsabilité du moins morale de Nezzar dans la mort de Boudiaf. La thèse « Qui-tue-qui » s’en trouve renforcée plus que jamais. Le nationalisme apparent de Nezzar lui aussi vole en éclat avec ce témoignage accablant. Comment Nezzar peut-il en effet menacer de mort les assassins éventuels de Boumaârafi et se montrer magnanime avec l’assassin du président de la République et supposé chef suprême des forces armées en plus d’être un des chefs historiques de la glorieuse guerre de libération nationale ? Avec les soins et la protection qu’il prodigue à l’assassin de Boudiaf, Nezzar en fait démontre (avec certainement d’autres généraux) l’existence d’un lien politique malsain avec lui. C’est une pratique courante chez les membres du crime organisé comme la Maffia ou la Cosa Nostra : leur homme de main soutenu juridiquement et socialement quand il est arrêté par la police après un assassinat… La protection de Nezzar pour Boumaârafi a valeur de preuve de foi et d’honneur pour les futurs spadassins. Comme il l’a déclaré, il a beaucoup de respect pour les grands hommes. Boumaârafi en est un…

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Dans la vidéo suivante, on voit Ali Benhadj saluer l’assassinat de Boudiaf. Il le considère comme un tyran… : http://youtu.be/QBAVKXqjHwU

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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5 commentaires pour Un détail troublant dans l’affaire de l’assassinat de Mohamed Boudiaf

  1. KAMAR dit :

    salem alaikoum, tout d’abord, nous vous remercions pour ces archives publiés, mais ce que je demande en tant qu’une jeune algérienne qui aime trop son pays et adore ses martyrs,; pourquoi ces gens qui soit disant gouvernent l’algérie, ont tous fait pour éliminer les leaders de la guerre de libération nationale surtout les membres du groupe 22, pourquoi, on voudrait, comprendre qu’elle algérie voulaient t’ils, pour ne pas accusé à tort, on voudrais s’il vous plait la réponse sur cette question, et merci nous avoir éclairé un peu sur ces gens.

    • abdou dit :

      ils tuent tt les membre qui etaient presents lors des accords d’evian parcequ’ils savaient bien que les sous officiers de l’armée francaise sont des harkis et veulent le sabotyage du bled tel que nezzar belkhir gnaizia lamari touati taghite said bey .

    • dallil dit :

      je vais vous répondre ma chère compatriote une réponse simple peut etre vous etes jeune et l’histoire de l’Algerie qu’on vous raconte maintenant et totalement fausse
      quand le Général Degaule a fait une conférence de presse en 1961 il a dit aux Algeriens je vous ai compris alors qu’est qu’il a compris ceux qui ne gouvernent de 1962 a 2013 il y’a parmis eux qui n’ont jamais les pieds en Algerie de 1954 à1962
      et d’autres Degaule les a emprisonné pour les protéger et les préparer au pouvoir après l’indépendance de l’Algerie et ce qu’a dit le ministre des moudjahidine il y’a 2 ans
      et flagrant il a avouvé lui meme qu’il ya des faux moudjahidine qui persoivent leur pension sur le dos des Algeriens de 62 à ce jour

  2. HABI AZIZ dit :

    on vit dans un bled ou on peut pas se déplacer de point A au point B sans se faire tuer;un bled ou les loups sont lâchés au milieu de la berge;un bled ou il existe des paysans sans paysage ;des travailleurs sans travail et des patriotes sans patrie bizarre mais c’est la réalités mes chères .UN BLED riche mais appauvrie par les siennes.je vous quitte les connaisseurs de rien;vous serez tjrs l’appât de pouvoir pour atteindre touts ses objectifs dont mener le bled dans un chemin à sens unique LA RIVE JE FUME DE MISÈRE POUR QUE LE CAUCHEMAR CONTINU ADIOS AMIGOS

    ?

  3. Salim Rahmani dit :

    « monsieur » layada dites-vous ?? Je n’ose même pas mettre une majuscule au nom d’un assassin qui avec ses acolytes sanguinaires, ont plongé sans pitié l’Algérie et le peuple algérien dans le deuil et le désordre. Je ne vous salue pas de faire l’apologie de tels individus qui devraient se cacher à jamais dans des trous à rats, au même titre que tous ces crocodiles d’officiels depuis 1962 excepté Mohamed Boudiaf qu’il repose en paix au paradis.

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