Quand le président s’enrhume, Abdelkader Ouali tousse.

Ouali : « il n’y a pas de fraudes et l’Administration est honnête…»
Les Algériens vivent dans un pays démocratique et ne le savent pas…

Lui, c’est un haut cadre du ministère de l’Intérieur. Ils l’appellent « secrétaire général du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales ». Il a un visage et porte un nom algérien. Il s’appelle Abdelkader Ouali. À chaque élection, son Administration est la cible de graves accusations. Pour les Algériens, elle est le sésame du pouvoir pérenne et le moyen par lequel il s’impose illégalement au peuple. Jusque-là, par devoir de réserve…, monsieur Ouali s’est toujours gardé de répondre à ces accusations qui par ricochet le concernent au premier chef.

Cette année, il sort de sa réserve et affronte publiquement la réputation de fraude.Un préjugé largement partagé par la rue et par l’opposition et qui s’appuie parfois sur des vidéos mis en ligne sur YouTube comme le clip qu’a laissé une certaine Khalida aujourd’hui vaccinée… Alors en bon redresseur de torts, il a décidé d’initier exceptionnellement une campagne de charme pour dire qu’il n’en est rien et que son Administration est de tout ce qu’il y a de plus honnête. Pour ce faire, il a décidé de dépenser temps, argent (mais pas de sa poche) et énergie en faisant le tour des administrations publiques locales pour insuffler une nouvelle idéologie basée sur le professionnalisme et la neutralité dans l’organisation des joutes électorales. Il veut insister auprès de ses subalternes devant la presse… sur la nécessité d’éviter tout ce qui pourrait nuire à l’image d’une Administration honnête ou créer des amalgames pernicieux dans l’esprit du citoyen.

Hasard ou pas, la prise de conscience tardive de monsieur Ouali et ses interventions sont venues après plusieurs discours du président de la République. Dans ces discours, Bouteflika a incité le peuple à la participation massive aux élections législatives. Ouvrant le ban d’une campagne pour la lutte contre le boycott électoral, le président a fait feu de tout bois et n’a pas raté une occasion pour faire peur aux Algériens afin de les contraindre de se rendre massivement aux urnes le 10 mai prochain. Jouant aux Cassandres, un boycott massif selon lui serait synonyme d’intervention étrangère et d’autres grands malheurs qui s’abattraient sur le pays.

En Algérie, les désirs du chef de l’État, notamment lorsqu’ils sont pressants et réitérés, deviennent des ordres pour les subalternes. Dès lors, il n’est pas  difficile de voir dans les interventions du haut responsable de l’Administration une démarche conforme à cette règle basique. Monsieur Ouali, devant les calamités annoncées par le président, ne pouvait pas rester les bras croisés. A fortiori quand l’Administration, dont il a la charge est la principale mise en cause dans les fraudes électorales. Un passif lourd, très lourd qui sera peut-être responsable du boycott « populaire » qui fait trembler le président.

Pour convaincre, il a parlé calmement, avec une voix rassurante. Avec certitude et sérénité, monsieur Ouali insiste et jure que les Algériens ont tort de croire que lui et son Administration sont malhonnêtes, de croire que dans le passé les résultats annoncés n’étaient pas conformes aux résultats du dépouillement. Les Algériens auraient de fausses idées sur l’Administration. Ils sont injustes quand ils pensent que l’Administration s’adonne aux bourrages et aux partis-pris pour un candidat ou un parti politique. La confiscation de la volonté populaire à travers des élections qu’elle est chargée d’organiser et de gérer est une calomnie abjecte. De nombreux ex-hauts responsables comme Brahimi, Ghozali, Benouari, Hidouci, Haroun, pour ne citer que quelques anciens harkis du système, seraient-ils tous des menteurs quand ils accusent le pouvoir d’avoir ôté la liberté au peuple et d’avoir imposé sa tutelle et ses choix depuis l’indépendance ?

Monsieur Ouali, le visage humain de l’Administration, arrive-t-il à convaincre un peuple qui croule depuis l’indépendance sous le joug de l’autoritarisme politico-militaire ? Mais avant d’être entendu, il doit peut-être répondre à certaines questions lancinantes. Serait-il concevable qu’un parti devienne majoritaire aussitôt après sa naissance ? Un phénomène jamais observé dans n’importe quel pays démocratique. Comment explique-t-il que Bouteflika absent complètement de la scène politique devient du jour au lendemain populaire et rafle la majorité des voix ? Comment monsieur Ouali explique-t-il cet autre phénomène, le boycott massif lors des législatifs de 2007 a été suivi par une participation massive lors la présidentielle du 2009 ? Les posters géants du président candidat qui encombraient les façades des établissements publics ne sont-ils pas une autre preuve de la soumission de l’Administration au candidat du système et à leurs relais politiques ? Il y a des signes qui ne trompent pas qu’il aura du mal à nier. Le peuple n’est pas aveugle et monsieur Ouali serait mieux inspiré s’il se contente de faire en silence ce qu’il a toujours fait pour le pouvoir. Sans parler des innombrables griefs des partis politiques comme le PT, le FNA et les autres après l’annonce des résultats électoraux, des griefs qui n’ont jamais été pris en considération par l’Administration. Avec un tel passif, il ne fait que remuer le couteau dans la plaie…

Tous ces constats indéniables et accablants montrent que l’Algérie n’a jamais été démocratique. Pour assurer sa pérennité, le pouvoir algérien s’appuie sur l’Administration, donc sur lui-même, pour frauder dans les élections. C’est par l’Administration que commence le malheur des Algériens. Il a beau se présenter sous un visage humain, le chef de l’administration publique algérienne aura de la difficulté à prouver aux Algériens qu’il n’est pas un bonimenteur comme tous les autres valets du pouvoir.

http://www.elwatan.com/actualite/abdelkader-ouali-insiste-sur-la-neutralite-de-l-administration-22-03-2012-163806_109.php

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour Quand le président s’enrhume, Abdelkader Ouali tousse.

  1. rayane benali dit :

    Si tu nous parles de ta Fortune, fais une déclaration de patrimoine (incluant ta femme, tes enfants, ta sœur…) et verra qui parle d’Honnetteté; laya de d……

  2. Hafid dit :

    Parles nous de ton fils qui possède les plus belle voiture d’Algérie et qui a même la nationalité francaise

  3. Fouad dit :

    La majorité des Algériens est franco-algérienne, je parle surtout de personnes nées avant l’indépendance. Aujourd’hui encore un bon nombre d’Algérien (pour ne pas dire la moitié ou plus) veut acquérir la nationalité Française. En revanche, il existe trois catégories qui s’accrochent à la nationalité Algérienne à savoir :
    La première n’a pas réussi d’acquérir la nationalité Française
    La deuxième n’a pas réussi et joue le nationalisme pour profiter des aides de l’état (Indemnités et droits réservées à la famille révolutionnaire).
    Enfin, la troisième couche la plus pauvre, qui aime sa partie et qui n’a rien reçue en contrepartie.

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