La bombe de Maâmar Farah, le fondateur du Soir d’Algérie

Tout en étant musulman, je me posais toujours des questions existentielles sans jamais réussir à avoir une réponse réconfortante. L’une d’elle est ceci : « Pourquoi Dieu a-t-Il créé l’enfer ? Pourquoi va-t-Il jeter dans les flammes éternelles des êtres humains qu’il a créés Lui-même ? Le refus d’avoir la foi en Dieu suivant une religion donnée était-il un crime ?  L’humanité non croyante mérite-t-elle un sort aussi cruel ? En lisant l’article de Maâmar Farah, j’ai eu un début de réponse sur la nécessité de l’enfer et de la justice immanente. Ils sont le seul recours possible aux victimes des grands crimes impunis. La géhenne ne concernerait pas l’humanité, mais les véritables démons humains et leurs suppôts qui pullulent dans chaque religion.

Avant de provoquer la guerre civile, la junte militaire algérienne savait très bien les conséquences dévastatrices et dramatiques auxquelles elle exposera le pays en procédant au putsch de 1992 et à l’arrêt des élections. Elle a prévu un tribut de 60 000 Algériens qui allaient périr après son intervention dans la vie publique. C’est le ministère de la Communication, dirigé à l’époque par le désormais sinistre Aboubakr Belkaïd qui a donné cette prévision aux patrons de la presse.

Cette information pétrifiante a été révélée le 13 août dernier par Maâmar Farah, l’ex-directeur de la rédaction et fondateur du journal Le soir d’Algérie. L’article en question fait l’apologie de l’ancien ministre de la défense, le général-major Khaled Nezzar pour tenter encore une fois de manipuler l’opinion publique. Il y a beaucoup à redire sur l’article de monsieur Farah, mais l’information principale, explosive, qui y est rapportée est « la consultation des médias par le pouvoir sur l’arrêt imminent du processus électoral de 1992 et les prévisions de 60 000 morts  ».

Au lieu de servir d’élément de plaidoirie en faveur de Khaled Nezzar , la révélation-choc de monsieur Farah l’accable davantage. C’est une véritable bombe qui éclate à la face du pouvoir algérien et de ses valets de premier plan qui l’ont encouragé, l’ont assisté et l’ont couvert dans son aventure sanglante qui a fait non pas 60 000 morts, mais au moins 200 000 morts et 20 000 disparus : un holocauste. La guerre confessionnelle de Bosnie-Herzégovine avec tous ses massacres en a fait moins de 100 000 morts.

Le général-major à la retraite Khaled Nezzar qui, probablement, n’a pas tué un seul français pendant la guerre de libération s’était engagé dans la voie du sang en toute connaissance de cause. Il ne devait pas ignorer le «pronostic secret» des 60 000 morts qu’il allait faire mourir. Après avoir été la cause de la mort de 500 jeunes et des milliers de torturés en octobre-88,  en 1992, il avait décidé de monter sur ses chevaux et faire basculer l’Algérie dans l’inconnu.  Lui et son clan étaient donc prêts à sacrifier des dizaines de milliers d’Algériens pour s’opposer au FIS. Soixante milles algériens tués étaient pour lui un chiffre raisonnable. Pas très lourd pour la conscience d’un militaire qui se trouve derrière les canons. Aujourd’hui, il se rebiffe et ose dire  «je n’ai pas tué de gens !». Ben oui, assis dans son bureau, fumant sa cigarette qui ne le quitte pas, il n’a fait qu’ouvrir les portes de l’enfer sur l’Algérie.

Ali Haroun, Larbi Belkheir, Mohamed Touati et Mohamed Mediène, eux aussi, avaient accepté de consentir « ce sacrifice »  de faire couler le sang algérien. Pour eux, c’était acceptable les 60 000 morts. Comme le dit clairement Maâmar Farah dans son terrible article, un tel dégât collatéral se voit un peu partout dans le monde… Alors, l’on imagine facilement qu’avec une telle logique ce clan n’a pas hésité à ouvrir le bal de la mort.

Après avoir pris cette grave décision, le club des pins et d’autres secteurs ont été transformés  en zones interdites et en de grandes forteresses pour que ni la junte militaire, ni leurs suppôts ni leurs familles ne soient inclus dans le nombre des 60 000 morts.

La précaution des forteresses de l’oligarchie n’était pas suffisante, il lui fallait « faire partager la responsabilité du sang algérien » à d’autres acteurs : les patrons de la presse. C’est ainsi que Aboubakr Belkaïd, le ministre de la Communication et de la Culture de l’époque et qui s’est trempé jusqu’au cou dans cette entreprise meurtrière, a convoqué dans son ministère les directeurs de publication de la presse nationale et les a informés sur « les prévisions» pour les « consulter ». Une manière de les impliquer. Cette réunion s’est révélée un véritable conciliabule secret dont personne n’a osé parler. Tel un pacte de sang, la réunion devait rester secrète à jamais et Belkaïd ou son représentant avait dû conseiller ses invités à faire les  « motus bouches cousues». Ils ont suivi la consigne à la lettre, signe indéniable de leur compromission.

Khaled Nezzar et son acolyte Ali Haroun ont travaillé étroitement avec Aboubakr Belkaid pour trouvé un subterfuge juridique à leur coup d’état de 1992, ils devaient être au parfum de la réunion et des statistiques macabres. Ils n’ont soufflé mot sur le chiffre des 60 000 morts prévus avant l’arrêt des élections. Pourtant, depuis vingt ans, ils n’arrêtent pas de commenter l’actualité, d’écrire leur mémoire et d’occuper les médias pour se se vanter de tout et de rien. Il s’agirait certainement d’un simple trou de mémoire…

Mais les grands perdants de cette réunion secrète ce sont les médias qui ont accepté de se taire et ont agi pour le compte du pouvoir. Ils savaient que la mort va planer sur toute l’Algérie. Et que le pays va être traumatisé pour très longtemps. Le fait de garder le secret si longtemps sur le «pronostic du pouvoir et sur la réunion fait d’eux des complices  à part entière. Qui parmi eux oserait dire avoir participé à cette funeste consultation ?  Qui oserait maintenant donner des détails sur la fameuse réunion. Personne. C’est la plus belle preuve de leur patriotisme et de leur courage… Pendant la réunion, ils n’ont pas été choqués que des milliers d’Algériens allaient mourir, mais quand l’Algérie commençait à brûler et que des journalistes et des intellectuels étaient tués par les terroristes, ils jouaient aux horrifiés.

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/08/13/print-2-137900.php

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5 commentaires pour La bombe de Maâmar Farah, le fondateur du Soir d’Algérie

  1. guillaumet dit :

    Monsieur Farah,je viens de lire le lamentable article que vous avez commis sur l’innocence des musulmans
    comment un être humain peut-il sortir de pareilles âneries, pauvres musulmans, qui sont les victimes du monde occidental, pauvres musulmans qui violent, tuent décapitent, explosent et se tuent entre eux (chiites, sunnites etc) je vous plains sincèrement d’être aussi partisan et dans le noir de votre bêtise.prenez de l’altitude, spirituelle si besoin, pour comprendre que vous faites partie d’une religion dépassée, anachronique et liberticide.

  2. Bonny dit :

    En effet les musulmans subissent un génocide de la part des barbares occiedentalo-sionistes et tu viens nous chanter ces chansons démodés de terrorisme et que sais-je :
    http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=105779&frid=86&seccatid=25&cid=86&fromval=1

  3. kouadri dit :

    Donc si j’ai bien compris, les patrons de presse ont négocié la mort de Djaout, Mekbel, Omar Ouartilene, et aussi Hasni, Matoub, Alloula et j’en passe….Ces patrons et leurs larbins de journalistes savaient donc qu’ils allaient être épargnés et ne seraient pas dans la liste des 60 000? Faut pas s’étonner de leur médiocrité dans ce cas là, qu’attendre de quelqu’un qui sait qu’il ne sera jamais visé par le terrorisme parce qu’il est tout simplement idiot et mal honnête.

  4. bouba dit :

    Petite précision, les dirigeants de l’AIS aussi étaient au courant du pacte prévoyant 60 000 morts? Avaient-ils aussi prévu que certains patrons de presse seraient épargnés? Le voulaient-ils? Farah Maamar n’est sûrement pas capable de répondre à ces questions, lui l’ami de Tahar Ouattar et de le défenseur de tout le système des années 70. Pour ce qui est de Dieudonné, il peut venir en Algérie, bien qu’il ai serré la main à des nostalgiques de l’Algérie française, alors que lorsque le film « Hors la loi » sur la guerre de Libération passe en Algérie, Djamel Debouze n’est pas invité avec les autres acteurs…pour quelle raison personne ne sait..

  5. Lamia menara dit :

    Je suis atterrée par votre interprétation de l’article de ferrah! Oui, il parle de prévisions en cas d’interruption du processus électoral, mais pourquoi ne citez vous pas l’interview de belhadj dans horizons qui lui parlait en sacrifier 2 millions d’algeriens afin d’établir la république islamique?! Il me semble presque évident que vous n’avez pas vécu cette période ou tout le monde se tenait le ventre en attendant la suite, l’escalade dans le cauchemar, l’accomplissement du pire que nous pouvions imaginer… Je vous plains monsieur, parce que moi, ce dont je me souviens encore, ce sont tous ces hommes et ces femmes qui ont fait front, et qui ont fait que ce pays n’est pas devenu pire que l’Afghanistan. Et je ne vous parle ni de généraux ni de Drs ou je ne sais plus quoi, je vous parle de nous, le peuple. Une Algérienne outrée de votre interprétation de l’Histoire.

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