Ali Haroun profite de la mort de Chadli pour justifier sa complicité avec les militaires

Alors que le pays vit le deuil de l’ex-président Chadli Bendjedid, l’ancien ministre des « droits de l’homme », mais surtout connu pour être le bras droit de la junte militaire qui a dévasté l’Algérie avec ses chars et ses canons, en profite pour remuer le couteau dans la plaie en évoquant la période la plus sombre de l’Algérie, période à laquelle il fut l’un des acteurs principaux. Invité à s’exprimer sur le défunt président, il dira que monsieur Bendjedid a vécu une période difficile… que « nous avons malgré tout dépassé ». Il ajoutera que « grâce à la volonté de tous, la solution a été trouvée et que l’Algérie est debout ». La preuve qu’il donne de ce constat est que l’Algérie a échappé au printemps arabe…

L’aveuglement de l’ami des tortionnaires, selon la description qu’a faite de lui le célèbre avocat Jacques Verges, continu en toute circonstance, même devant des dépouilles. C’est la moindre remarque que l’on peut faire sur cet homme, dont la conscience ne semble pas mesurer, malgré le recul, l’ampleur des dégâts qu’a causés l’intervention militaire et qu’il résuma avec les deux petits mots « malgré tout ». Un euphémisme cynique et révoltant qui cache un océan de sang et plus de dix ans de dévastation.

Dans quelques années, si la rébellion syrienne est écrasée, les sinistres Bouthaïna Shaaban ou Waleed Maalem, deux des grands partisans politiques de la terrible junte militaire de Damas, diront exactement ce que dit aujourd’hui Ali Haroun : « C’est grâce à Assad que la Syrie est restée debout ». Et, eux aussi, ajouteront pudiquement un « malgré-tout »… Jusqu’à leur mort, ils refuseront de croire aux cruautés des généraux et des chebbihas sanguinaires.

Mais parlons de l’Algérie qui serait debout grâce « à la volonté de tous ». Oubliant le secours providentiel du pétrole qui permit au régime algérien d’acheter les consciences et la paix sociale et oubliant le bienfait des tonfas et des bâtons laser que la DGSN et le MDN ont acheté à grands frais pour réprimer les manifestations et mater les révoltes contre le pouvoir, Ali Haroun pense que l’Algérie est en bonne santé. Un constat que lui-même ne croit pas. L’Algérie, devenue le pays de la corruption par excellence, de la fraude électorale, des émeutes quotidiennes, des immolations , des harraga et des laissés-pour-compte en plus d’être une plaque tournante du terrorisme international et de la drogue, ne peut être d’aplomb. C’est un chaudron. Sa vision actuelle de l’Algérie est d’autant plus étonnante que lui-même s’est lamenté dans les médias, sur le système politique algérien qui n’a jamais, selon lui, permis des élections libres et démocratiques. Il en est tellement conscient et dépité qu’il participa, en février 2011, à une marche avortée contre l’autoritarisme de Bouteflika. Est-il nécessaire de lui rappeler que les fraudes électorales sont la première violence qui engendre la déstabilisation; une forme de terrorisme d’État? Faut-il lui réapprendre qu’un peuple privé du droit d’élire librement ses représentants est un peuple non souverain, un peuple soumis, mis à genoux? Si être debout signifie seulement l’unité territoriale, toutes les dictatures du monde le sont alors…

La vérité est que monsieur Haroun déblatère et fait feu de tout bois. Il a de la difficulté à présenter un raisonnement cohérent. En plus, il ne s’embarrasse pas des convenances sociales qui dictent le respect des morts; clabauder contre le printemps arabe et exacerber les clivages politiques pendant un deuil ne sied pas à un homme de bonne famille.

Il est vain de blanchir les généraux criminels et se dédouaner de sa propre responsabilité morale des massacres. L’homme des salons et des coulisses hyper protégés, peut toujours faire de la masturbation intellectuelle et prendre ses fantasmes pour de la réalité. Cela enchantera sûrement son ami Khaled Nezzar et le général Toufik. Pour les centaines de milliers de torturés et pour les milliers de familles des disparus, l’Algérie n’est pas debout. Pour tout Algérien qui veut savoir, mais sait que sa curiosité risque de lui coûter cher, l’Algérie est enchaînée et bâillonnée. Personne n’a le droit de s’exprimer sur la décennie rouge ou de mettre en cause les généraux et d’évoquer leurs crimes de guerre et leurs crimes contre l’humanité. Et ce n’est pas le seul tabou. D’autres secrets aussi graves hantent les esprits avant même l’indépendance. Pour tenir l’Algérie « debout », le pouvoir s’acharne à tuer la justice et la vérité. Si des hommes comme Ali Haroun peuvent évoquer la barbarie des terroristes, personne n’a le droit d’évoquer celle des militaires. L’ancien responsable des droits de l’homme ne dénoncera pas ce déni de liberté. La répression militaire ne redresse jamais un pays, elle le soumet à la volonté des canons.

Sa lecture du printemps arabe est aussi éloquente sur son mépris pour les peuples arabes opprimés. Pour justifier sa participation à l’arrêt du processus électoral de 1992, il fera allusion aux violences et à l’insécurité qui prévaut dans les pays touchés par les révolutions. Il ne mettra l’accent ni sur les souffrances des peuples arabes qui ploient sous des dictatures depuis plusieurs décades, ni sur la barbarie extrême qu’utilisent les régimes sanguinaires pour venir à bout des révoltes de ces peuples.

Les Algériens ne s’attendent pas à des remords d’Ali Haroun, mais il faudra bien que l’histoire souligne le désordre moral et les contradictions de cet homme. L’ex-ministre des droits de l’homme est l’un des plus grands complices de la junte militaire algérienne. S’il fut sincère en son âme et conscience, il fut manipulé à la perfection par les services algériens pour le confiner toujours du côté des canons et de leurs boulets… Jamais du côté de leurs victimes.

http://www.elwatan.com/actualite/sobre-et-solennel-08-10-2012-188055_109.php

Ali Haroun : “Nous n’avons jamais eu d’élections honnêtes depuis 1962”
http://www.liberte-algerie.com/?tmpl=component&print=1&option=com_content&id=168628

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3 commentaires pour Ali Haroun profite de la mort de Chadli pour justifier sa complicité avec les militaires

  1. daissi dit :

    ali haroun n’a pas le droit d’ouvrir sa gueule xxxxx gueule de traitre et de parler de sidou chadli bendjedid le pur l’honnete alors que haroun est un corrumpu xxxx xxxx putchist il n’a pas honte de parler alors qu’il a participer a mettre chadli sous residence surveiller et delester toute sa famille de leur bien mais que veulent ces putchist ils ont tuer boudiaf coup d’etat pour chadli et maintenant ils veulent destituer bouteflika et toutes les corruptions ils ont que l’entourage de bouteflika cad son frere tout le monde sait que le frere de bouteflika est corrompu mais au moins c’est le frere du president sorter votre nom pourquoi vous cachet vos proche et vous voulez salir le president comme avec chadli ils ont sorti la dette ça suffi y en a marre de cette mafia si bouteflika part il y a aura un printemps certainement et que tout sera deballer et cela meme ces putchiste paierront incha allah

  2. said dit :

    Haroun ou d’ autres au sein du pouvoir , comme tous les charognards qui rodent autour des decideurs predateurs est un animal vicieux qui egorgerait sa propre mère, soit pour une poignée d’euros, soit pour partager le lit d’ une nana.

  3. ahmed dit :

    Ali haroun est un pur nationaliste militant de la cause nationale depuis 1954 ou beaucoup des fils de harkis ou ceux qui étaient contre la révolution trouvent le moyen de parler car chadli et ali haroun et boudiaf son des freres de la cause nationale et tous les vrais hommes qui ont diriger la revolution tels que krim belkacem etait contre ces traitres ( zouabri; belhadj et autres traitres) car il a placé amirouche à la place de mohamedi said ; boumediene , ali kaffi ( ami de zirout de bentobalel et le colonel de la wilaya 2) meme chose que boudiaf qui les a envoyer à reggane

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