L’arrogance d’un malgache (2)

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Habiba mahmoudi EnnaharMadame Habiba Mahmoudi, du journal Ennahar, n’est pas près d’oublier sa mésaventure, hier à la conférence de presse tenue par le ministre de l’Intérieur Ould Kablia. Sachant, sans doute, que les résultats du dernier scrutin sont sans enjeu et n’intéressent que les arrivistes et autres politicards du FLN et du RND, la journaliste a profité de cette conférence pour poser une question autrement plus importante. Une question brûlante dont la réponse façonnera certainement l’avenir de l’Algérie pour les cinq prochaines années ou plus. « Le président a-t-il l’intention de se porter candidat en 2014 ?»  s’était-elle hasardée en rappelant au ministre le terme «tab jnani» du président, en mai dernier à Sétif, à travers lequel il a laissé entendre qu’il est temps pour sa génération de passer le flambeau aux jeunes.

À peine eut-elle fini sa question qu’une réplique sévère a jailli de la bouche du vieux boussouf-boy. Méprisant la journaliste, sans égard pour l’assistance qui ne broncha pas, il tonna : «C’est toi qui es mûre pour des sanctions à ce que je vois (c’est toi que jnanek tab). Les intentions du président ne vous concernent pas ». Telle une décharge d’un taser dont il a équipé ses policiers pour réprimer les Algériens impudents, l’effet a été immédiat, la journaliste est restée sans voix et confondue. Pour son malheur et à la surprise de nombreux journalistes qui ont assisté à la scène, des applaudissements sont venus saluer les menaces du ministre. Vexée, madame Mahmoudi avala sa langue et se retira en arrière pour se faire oublier en maudissant probablement le jour où elle a choisi le journalisme et peut-être même celui d’être née Algérienne.

L’incident est passé inaperçu. Il n’y a eu aucune indignation ou une forme de protestation. La menace a dû faire réfléchir plus d’un, pourtant aucun des grands journaux dits indépendants n’a osé le commenter. Les partis politiques, désarçonnés par les manœuvres électorales du pouvoir ont comme une extinction de voix. De plus en plus, ils sombrent dans une torpeur similaire à celle des enfants abusés sexuellement. Par leur silence, l’Algérie entière se soumet à la logique du pouvoir qui érige des sujets aussi ordinaires que la candidature du président en tabou religieux, dont la violation devient une question de profanation ou une tentative de déstabilisation de l’État.

Cet incident «banal» est une autre illustration du fossé qui sépare l’Algérie du monde de la liberté et de la dignité. Lorsque l’on constate qu’une journaliste accepte la brimade d’un ministre, que ses confrères restent insensibles à son humiliation, qu’ils n’ont pas bougé le petit doigt devant l’arrogance flagrante d’un ministre, alors le journalisme algérien n’a pas de dignité, il n’a aucun crédit.

Source : La question qui fâche : Bouteflika «Tab Jnanou» fera-t-il un quatrième mandat à 77 ans?

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A propos El Erg Echergui

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Un commentaire pour L’arrogance d’un malgache (2)

  1. NABIL dit :

    dictateur l algerie est sous un régime de dictature mes cela va s arrêter un jour prochain pour c est assassin allah existe xxxxxx

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