Un visage doux pour un rideau de fumée

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Ahmed LahriLui est un compatriote particulier. Il a un faciès angélique, l’éclat de la jeunesse, le verbe fluide, la  voix sereine et la force de la modestie. Son nom est Ahmed Lahri, il travaille à Canal Algérie et est l’un des animateurs vedettes du journal d’information qui présente aux Algériens tous les mensonges du pouvoir.  

Ahmed Lahri a mis son visage et sa voix au service de la propagande officielle sans se soucier des questions de l’éthique et de la morale qui devaient baliser son travail important. Que fait-il d’autre en effet à Canal Algérie ? Il doit bien se demander si son pain est mérité et son argent bien acquit. Lui arrive-t-il de s’interroger sur son apport à la nation ? Est-il un vrai journaliste ou un porte-voix à un régime contestable ? Le peuple ne mérite-t-il pas de considération dans sa conscience ?

Pour illustrer le contraste entre l’image subjective que nous envoie l’écran et le rôle réel que joue monsieur Lahri dans la construction de l’opinion publique, donnons l’exemple suivant. Dans l’émission Question d’actu dont il a animé le lundi dernier un débat sur l’affaire In Amenas, la garniture de son plateau en dit long sur ses principes. Qui étaient ses invités pour un sujet brûlant? Deux hommes triés sur le volet qui devaient se soutenir mutuellement pendant toute l’émission. L’un est un célèbre champion de la désinformation et un fidèle serviteur du DRS, et l’autre est un expert algérien en terrorisme, autant dire un larbin, lui aussi, du DRS, il ne mettra jamais en doute les décisions des généraux Bentalha ni leurs méthodes barbares. Les deux chantaient en chœur la justesse de l’intervention des forces spéciales et défendaient tous les deux le bilan. En fait, il n’y a pas eu de débat du tout. C’était un monologue avec deux voix. Ahmed Lahri n’est pas du genre à mettre face à face Mounir Boudjemaa avec un Addi Lahouari ou avec un  Mokran Aït Larbi pour discuter ex professo d’un sujet sensible. Ça polluerait trop l’opinion publique… Ce n’est pas honnête de la part de l’animateur d’occulter les opinions contraires. C’est de la dictature.

Le rôle attribué à Ahmed Lahri n’est pas de dire la vérité ou de la rechercher comme tout bon journaliste qui se respecte, mais de vendre son visage et sa voix au profit du pouvoir qui les utilisera dans un but bien précis : étoffer son rideau de fumée autour de l’Algérie. C’est malsain, monsieur Lahri.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Un visage doux pour un rideau de fumée

  1. mahmoud dit :

    c’est la vesion francophone du nommé Karim Bousalem

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