Les incohérences et les délires d’un ex-capitaine de la sécurité militaire

cghdhd

mn,.,nm.nm.L’inénarrable agent secret revient sur son terrain de prédilection : la manipulation de l’opinion publique et le mensonge grandeur nature. Dans une sortie médiatique bruyante, il revient sur les questions de la sécurité et sur l’activité des services secrets algériens et leur rapport avec la vie publique. Lors de son entretien à El Watan, hier, ceux qui ont suivi ses anciennes déclarations et ses activités militantes ont découvert un autre visage de cet homme qui appartient au monde interlope et change de couleur selon le contexte et l’environnement. D’aucuns appréhendaient sa sympathie avec le DRS pendant son exil, mais à cause de ses déclarations virulentes contre certains généraux qu’il a côtoyés et notamment à cause de son livre « La mafia des généraux », il bénéficia longtemps d’un crédit certain. cependant, depuis son implication dans l’affaire du diplomate, Mohamed Ziane Hasseni à Paris, où il joua un rôle important dans la décision du non-lieu qui a conclu son dossier, et son retour discret en Algérie après 18 ans de vagabondage, des doutes commençaient à s’accumuler sérieusement sur son allégeance au DRS et sur son travail de manipulation. Hier, c’était l’apothéose, il a tout nié. Aboud Hicham tourne le dos aux centaines de milliers de victimes algériennes et blanchit le DRS de tout crime contre l’humanité.

Celui dont les témoignages sont encore utilisés pour conforter la barbarie des généraux est devenu le laudateur de leur épine dorsale : les services. Ainsi, entre l’entretien accordé au magazine allemand Spiegel en 1998 et celui accordé à El Watan hier (2013), Bachir Tartag passe du statut de monstre à celui du héros. Hicham Aboud a déclaré sans vergogne qu’il a fait son éloge ! Idem pour le général Kamel Abderrahim impliqué dans les manoeuvres déloyales et despotiques ordonnés par Bouteflika. A-t-on vu un homme aussi versatile sur des sujets aussi sensibles ? Il se désavoue souvent au point où il donne une image d’une personne qui ne se gêne pas avec les incohérences. Il n’est pas inutile, ici, de rappeler son panégyrique pour le général Larbi Belkheir après sa mort, alors que pendant son vivant il le traîna dans la boue.

Les témoignages doubles de monsieur Aboud sur Bachir Tartag, comme sur les autres, posent problème de crédibilité. Pour ne pas perdre cette dernière, peut-être recourra-t-il au seul moyen dont il dispose : la tergiversation. Si jamais un journaliste impertinent le met au pied du mur, il pourra nier en bloc l’entretien de 2001, chose qui n’est pas difficile dans un pays où les médias n’ont pas le droit de faire des investigations sur les sujets sécuritaires. Pourtant, une simple discussion avec Der Spiegel mettra fin à la polémique.

Mais comment peut-il échapper à une autre contradiction flagrante ? Cette fois la contradiction n’a pas besoin d’investigation, elle ne lui laisse aucune marge de manœuvre pour cacher ses opinions volatiles. Il s’agit de rab Tartag et rab Edzayer. Dans son entretien d’hier, se prenant pour une autorité en la matière, il affirma que « la superpuissance de général Toufik est un mythe ». Il n’est pas difficile de voir dans cette déclaration une tentative de remettre le tristement célèbre général algérien à son rôle constitutionnel. En démentant une « réputation surdimensionnée » qui sert et en même temps dessert le patron de la sécurité, Aboud entend soulager le patron de la sécurité de la pression médiatique qui pèse sur lui du fait que la superpuissance des services de sécurité est incompatible avec les principes et les fondements de la République. Pour déconstruire cette réputation, monsieur Aboud a fait feu de tout bois. Il rappela les cas des prédécesseurs du général Mediène. Selon lui, ils avaient tous eu la réputation de puissance, mais leur départ et leur fin de carrière militaire auraient démontré qu’ils n’étaient que des responsables ordinaires. Il y a dans cette argumentation beaucoup de points discutables sur lesquelles les journalistes d’El Watan n’ont pas su ou n’ont pas voulu s’attarder. Cette comparaison simpliste ne sera pas discutée non plus ici, par contre il convient de rappeler à monsieur Aboud que lui-même croit et a participé au « mythe » de rab Edzayer.

En février 2011, plusieurs mois avant de mettre fin à son exil « forcé », il avait en effet déclaré sur le plateau de France 24 (sans se cacher derrière un masque comme en 2001) que le général Mediène peut « dégommer » le président s.il le voulait. Si quelqu’un a un tel pouvoir, qu’est-ce qu’il ne pourra pas faire en Algérie ? Cela signifie que le président n’a aucun pouvoir sur lui. Comment l’ex-capitaine du Renseignement peut-il concilier ses deux affirmations contradictoires ? Impossible d’expliquer la contradiction, sauf s’il veut s’inspirer de Khalida Toumi qui, prise en flagrant délit de blasphème (tout est consigné dans son livre), n’a rien trouvé à dire que de prétendre qu’elle est victime d’une campagne de dénigrement initiée par les Marocains et les Égyptiens…

Les contradictions de Hicham Aboud ne sont pas étonnantes, elles s’expliquent par une repentance ou une amnistie négociée avec les services qui ont grandement apprécié son rôle dans l’affaire d’Ali Mecili et sa guerre contre Mohamed Samraoui. Elle s’expliquent partiellement aussi par son besoin de renouveler l’agrément de de son journal qui prend fin au mois de juin prochain. Aujourd’hui, les maîtres de l’Algérie le laissent agir avec certainement des conditions et des lignes rouges à ne pas franchir.

Je suis Chaoui, je ne me soumets pas comme les autres…

Toujours lunatique, c’est l’une des rares constances chez lui, il crache sur ses «détracteurs» qui souvent n’expriment que des feed-back à ses déclarations et ses prises de position publiques avec lesquels il veut influer sur l’historie de l’Algérie. Pour cacher ses contradictions, il s’abrite derrière des ritournelles du chauvinisme comme celle de dire qu’il n’a jamais demandé une nationalité étrangère, insultant, du coup, des centaines de milliers, voire des millions d’Algériens. Ou de délirer avec des propos indignes d’un journaliste de renom ou d’une personnalité publique qui tient à l’unité de son pays. Par exemple, il se plaît à rappeler qu’il est un Chaoui et qu’à ce titre, il ne se laissera pas faire… Un autre mythe qu’il lui faut déconstruire. Quand il a compris que des crimes se commettent en son nom, Liamine Zerroual a renoncé à la «présidence» et a refusé d’être une marionnette. Devant la superpuissance de rab Edzayer, il a préféré prendre la poudre d’escampette… Aujourd’hui, encore, il est muet comme une carpe.

Enfin, un mot sur l’attitude des journalistes d’El Watan devant tant de contradictions et de voltes-faces. Eux aussi doivent avoir des choses à se reprocher. Leur flair subtil peut sentir une odeur qui parvient de très haut. Ils savent taper fort. Salima Tlemçani, la coqueluche du journal et… du DRS, dit-on, a eu le culot de s’interroger sur l’implication possible de Saïd Bouteflika, le frère du président, dans le scandale de Sonatrach et dans d’autres affaires de corruption. Pour elle, c’était simple, si Chakib Khalil est resté impuni, c’est qu’en haut lieu, il est bien protégé. Cela ne s’explique que par des connivences qui risquent d’être étalées sur la place publique si Khelil est lâché. Cette journaliste et ses confrères n’ont bizarrement aucune mémoire et aucun flair pour mettre leur invité du jour dans l’embarras. Personne n’a voulu rappeler à Aboud ses graves déclarations sur le général-major Khaled Nezzar, sur le général Mohamed Touati, sur Aït-Abdessalm et toute la bande de la mafia qui est toujours en poste. Les journalistes d’El Watan, eux aussi, savent ce qui est halal et ce qui haram dans la religion de DRS. Quand quelqu’un parle de ghoul Benaknoun et de rab Edzayer, leurs instruments de mesure se dérèglent automatiquement…

http://www.elwatan.com/actualite/la-surpuissance-du-general-toufik-est-un-mythe-24-04-2013-211451_109.php

http://www.elwatan.com/actualite/je-suis-chaoui-et-j-ai-la-tete-dure-24-04-2013-211454_109.php

http://www.elwatan.com/actualite/said-bouteflika-est-il-implique-24-04-2013-211441_109.php

Publicités

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans DRS, Hommes du système. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Les incohérences et les délires d’un ex-capitaine de la sécurité militaire

  1. balak dit :

    Les dictatures fomentent l’oppression, la servilité et la cruauté ; mais le plus abominable est qu’elles fomentent l’idiotie. »
    de Jorge Luis Borges(citation)

    « Le drame des dictatures, c’est qu’elles donnent toute licence aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux malhonnêtes gens d’aller jusqu’au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté. »

  2. Ouas Ziani dit :

     » Ma marche arrière est soudée ! Je suis un Chaoui et j’ai la tête dure. » Qu’est-ce que cela signifie ? Buté, borné, têtu, braqué, entêté, étroit ou tenace ? Une glorification ou un blâme ? Une tête dure, est-ce une tête en béton armée ou une tête intelligente. Un automobiliste sensé, peut-il conduire un véhicule dont la marche arrière est soudée ?
    Et s’il se rend compte qu’il s’est trompé de chemin, doit-il attendre que la ville vers laquelle il se dirige daigne bien se déplacer dans sa direction ou que la route, de peur d’être détruite, s’élargisse en s’excusant pour qu’il puisse manœuvrer son malheureux véhicule ? Et s’il fait un choix majeur qui engage le présent et l’avenir de tout un peuple (genre révolution agraire ) si par malheur il est chef de l’état ?
    L’idée qu’il dirige une armée en situation de guerre donne envie de souder toutes les marches avant.

  3. baader dit :

    Comment se regarder tous les matins devant une glace ou regarder ses enfants dans les yeux et leur dire nous sommes une famille honnete? echanger sa dignité et son honneur pour de l argent comment est ce possible?Comment par ses actes peut on etre complice de l oppression et la misère

    de millions de personnes et en meme temps faire de la morale?
    « La servitude et l’oppression enseignent la ruse. »Entre l’ honneur et l’ argent nombreux sont ceux qui ont choisis ,pour ne pas dire la majorité, c est ce qui fait le malheur de ce pays.Ils n’ ont d’ humain que l’ apparence ,car rien ne les differencie de l’ animal predateur et comme tout monstre, ils sont incapables d ‘avoir des sentiments.

Les commentaires sont fermés.