Ali Yahia Abdenour et le portrait dangereux

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Ali Yahia AbdenourTelle une comète qui traverse à intervalle régulier le ciel de l’Algérie, les interventions  d’Ali Yahia Abdenour, le fondateur de la Ligue algérienne pour la Défense des Droits de l’homme, sont des moments que beaucoup de gens suivent avec grand intérêt. Ce monsieur a toujours symbolisé la sagesse, l’objectivité, la lucidité,  la pondération, la neutralité politique et un patriotisme au-dessus de tout soupçon. C’est une oasis au milieu d’un désert. C’est en quelque sorte le Hassanein Heikal algérien, il est une référence politique, avec qui la classe politique doit compter. Tant mieux pour notre pays, il faut des gens comme lui pour éclairer l’opinion publique.

Dans un long entretien avec le journal El Watan le 20 mai dernier, monsieur Abdenour fut invité par le journaliste Hacen Ouali pour donner son analyse sur la situation qui prévaut en Algérie. Comme à son habitude, il a passé en revue la situation globale de l’Algérie avec une vision profonde et une rigueur qui ne se dément pas. À la lumière sur le débat qui fait rage actuellement sur la santé du président, sur le mutisme du gouvernement et la guerre de succession, il a fait une description sans complaisance sur le bilan du pouvoir politique qui a failli pendant les quinze ans de règne de Bouteflika. Pour faire court, pour lui, les dégâts sont immenses et il appelle le président grabataire à passer la main avant que l’article 88 de la Constitution ne s’en charge.

Abordant la question des rapports des militaires avec le président Bouteflika, l’on tombe toutefois sur une analyse nuancée mettant un bémol à l’acquiescement général que suscitent souvent les points de vues d’Ali Yahia Abdenour.  Plutôt une déception. En effet, tout en reconnaissant le pouvoir exorbitant que détient le DRS, l’existence de ses relais dans la société et sa capacité de préserver ses prérogatives, Abdenour ne semble pas inquiet de cette situation qui est contraire à la Constitution. Contrairement à sa position envers le président, il ne demande pas à Rab Edzyaer de partir et de cesser de s’ingérer dans la vie publique. Dans ces cas, pourquoi alors un président doit-il assumer seul les échecs de son gouvernement si un organisme jouissant d’une impunité totale échappe à son contrôle et se permet de lui mettre des bâtons dans les roues ? Qui garantira que le prochain système aura plus de bonheur que celui de Bouteflika dans le développement économique et social puisque le succès  dépend du bon vouloir du D.R.S.. Ce dernier n’a-t-il pas les moyens de tout saper ?

Le point d’orgue de son «insensibilité» au danger que représente le DRS sera atteint quand il reconnaît, avec une simplicité déconcertante, qu’en cas de guerre ouverte, contre le président, Rab Edzyer, grâce à ses colonels, «une arme fatale», aura le dernier mot… Là, le président d’honneur de la LADDH met le doigt sur la plaie qui dure depuis 1992. Le passé glauque remonte à la surface pour rappeler que le grave danger est latent, il est toujours là. Chadli, Boudiaf, Zeoual ont goûté à cette arme fatale. Le régime algérien est à la merci des services. Aucun président ne dispose de toutes les prérogatives que lui confère la Constitution, il doit se soumettre aux exigences du D.R.S.. Tout en faisant allusion à ce mal qui caractérise l’Algérie, monsieur Abdenour s’est comporté comme un simple observateur, insensible, il a oublié de dénoncer ce pouvoir occulte et arbitraire avec la même force qu’il a dénoncé le régime de Bouteflika. À quoi bon demander le départ d’un président si l’on est certain que l’impunité et la clandestinité du D.R.S. ne vont pas disparaître? Les mêmes causes conduisent aux mêmes effets.

Au moment où un ancien président du Conseil constitutionnel a eu le courage d’appeler à confiner le DRS à son rôle constitutionnel et le soumettre à un contrôle parlementaire représentatif, au moment où Amnesty International vient d’épingler le pouvoir illégitime de cette structure, il est temps pour que toutes les forces vives s’unissent et combinent leurs efforts pour remettre les pendules à l’heure, les services de sécurité doivent être bridés et remis à leur place conformément à la Constitution. Il est très dangereux de parler de la puissance de cet organisme criminel sans la condamner avec la dernière énergie. La présentation molle de l’intrusion des services dans la vie publique favorise une perception fataliste et participe à une banalisation néfaste aux fondements de la République. Elle participe à la mythification de la police politique et à l’amplification de sa puissance. Ce n’est pas l’objectif désiré par monsieur Abdenour qui, malgré cette omission, certainement involontaire, continue à bénéficier de la plus grande estime.

http://www.elwatan.com/actualite/la-lutte-pour-la-succession-de-bouteflika-est-ouverte-20-05-2013-214390_109.php

http://tsa-algerie.com/actualite/item/567-dans-son-rapport-annuel-amnesty-international-s-inquiete-des-vastes-pouvoirs-du-drs

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour Ali Yahia Abdenour et le portrait dangereux

  1. Ouas Ziani dit :

    Entre Hicham Aboud, le général Yaala, Moussa Touati, Sofiane Djillali et Ali Yahia, il n’y a que des nuances.La partition est la même. Seules les variations d’intensité sont confiées à des musiciens formés à quelques morceaux du solfège.
    L’éventail des vecteurs d’amplification de la composition musicale est aussi réduit que le public qui se contente de goûts, pas d’idées et le chef d’orchestre n’a qu’à actionner la touche El Watan pour produire les sonorités désirées. le métier d’artiste est à la portée de n’importe qui, il suffit de faire semblant.

  2. Amokrane dit :

    Mal-finir c’est bien ce qui arrive à Ali Yahia ! Est-ce l’avancée dans l’âge ou la folie tout simplement ? En tous cas, Ali Yahia tombe dans le fourvoiement quasi-total. Il faut dire, Ali Yahia est accoutumé de ces « retournements de veste ». En réalité, et ceux le connaissent bien savent qu’il est une « girouette, un caméléon », plein de rancunes, de ressentiments, de haines et vengeances…S’il avait réussi à rebondir, c’est grâce au tout puissant MCB, l’irruption du « Printemps berbère « , les manifestations populaires des années 1980, la « défense judiciaire » l’avait aidée dans son » retour politique ».

    Flash back : en 1963, il intègre l’Opposition (FFS) contre le Régime militaire naissant, en 1964, il trahit l’Opposition pour rejoindre le Pouvoir militaro-civil Boumedieno-Benbelliste, en 1965 il soutient le Coup d’Etat de Boumedienne contre Ben Bella et devient Ministre…largué par la suite (1968) par Boumèdiene et son « alter égo » politique qu’était Bouteflika, contre qui Ali Yahia manifeste et s’attaque, quelque part  » une vengeance  » …

    On l’a vu dans les meetings de CNCD-2012 (version revue et corrigée du CNSA-1992), alors que pendant plus de 20 ans, Ali Yahia subissait des torrents d’insultes, rumeurs et calomnies de la part des frères Sadi, Ferhat, les Ait Larbi & Cie, chauffés à blanc par les Maitres de la Sécurité militaire, l’ancètre du DRS, notre Gestapo locale. Ceux-ci lui vouaient une haine et un mépris sans limites, le traitaient de tous les noms, le menaçaient par lettres anonymes; ils avaient fait pareillement contre Mammeri, Matoub, Chaker, Mohia, Djaout et tous ceux qui avaient refusé d’apporter leur caution morale et leur soutien à la création « avant termes » et suspecte (avant la promulgation effective du multipartisme)…on savait le sort réservé à Mammeri, Djaout, Matoub, etc.

    Ali Yahia a la mémoire courte et une attitude « caméléonesque ».
    Il soutient ainsi le Clan Tewfik-Djebbar (DRS , néo-MALG) contre le Clan Boutef-
    Zerhouni (ex-MALG), au lieu d’appeler au dégagement de tous les Clans militaro-mafieux qui forment la Junte dictatoriale au pouvoir depuis 1962!

    Il épargne le Clan Mediène-Djebbar-Tartag (néo-MALG/DRS) et s’attaque au Clan Boutef’ (
    (ex-MALG/SM), Ali Yahia se trompe lourdement car là il n’opte pas pour le changement radical, mais pour un changement dans le système, une alternance clanique, alors que le Pouvoir militaire est « double et caché », c’est un « tout indissociable » et une « structure clanique », une face apparente(Présidence-Gouvernement) et une « face cachée » ( La
    Police politique/secrète d’Etat). La Police politique, alias le DRS, alias le néo-MALG est le « Sommet de la Pyramide du Pouvoir dictatorial, la Cheville ouvrière des Coups d’Etat, l’Instigatrice de la Guerre civile, La Gestapo locale chargée de la surveillance et la répression politiques, des assassinats politiques, les massacres, les attentats, les manipulations et provocations….

    Le changement viendra après l’effondrement de tous les Clans, la suppression effective et définitive de la Police politique, la déposition de tous les responsables des crimes contre l’humanité, des crimes politiques…

    Ali Ouyahia se trompe lourdement ! Grave !

    Ali Yahia porte une lourde responsabilité dans la casse de la LADDH, une casse déssidée et commanditée par la SM. Tout comme le MCB « mis à mort » par la SM, sur ordre des Généraux Belkheir et Ayyat, qui ont crée le RCD, et exigé de Sadi, Ferhat, Ait Larbi….lors des tractations secrètes du 6 Oct 1988, de saborder complètement le MCB, grand mouvement populaire ( qui a épaulé et la LADDH et le FFS) dont le Pouvoir militaire avait vraiment peur……

    Lire, à propos d’ Ali Yahia : http://elhadichalabi.free.fr/elements/pdf/trame_laddh.pdf
    http://elhadichalabi.free.fr/

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