Un autre intelectuel algérien nie la lumière en plein midi

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Le professeur a dit ça?! Je n’en crois pas un mot.

Si vous n’avez pas entendu parler du Pr Ahmed Rouaidjia, ne perdez pas votre temps à lire la suite, c’est toujours la même histoire qui se répète, celle des intellectuels qui blanchissent le régime algérien, confortent son autoritarisme et s’endorment sur le fricot. Par contre, ceux qui connaissent le professeur et n’ont pas eu vent de ce qu’il a dit sur le pouvoir algérien, le titre les aura déjà fait écarquiller les yeux. Et pour cause.

L’évènement est dépassé, mais la surprise reste de taille. Dans le forum Marianne-El Khabar, tenu à Marseille et concocté par les deux journaux à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance, le professeur de l’Université de Msilla a fait une déclaration qui met du baume au cœur de Rab Edzayer et de la junte militaire en général. Il choquera surtout ceux qui ont eu l’occasion de suivre un certain temps ses péripéties, il y a quelques années. Se produisant sous la double casquette de l’intellectuel notoire et celui «d’ambassadeur» algérien chez les Gaulois, le professeur Rouaidjia a assuré que le régime algérien n’est pas répressif et qu’il n’a pas assassiné ou déporté des citoyens. Les Français présents au forum connaissant mieux que quiconque la nature du pouvoir algérien ont dû être surpris. La réflexion du Pr Rouaidjia est si loin de la vérité, si irrationnelle qu’il est inutile, voire absurde, de la débattre.

Il n’est, cependant, pas inutile de signaler dans quel environnement le professeur a participé et quels individus il a côtoyés dans le forum. Que du beau monde ! Il y avait les responsables du magazine Marianne, coorganisateur du Forum, qui, rappelons-le, s’est illustré par son soutien indéfectible aux généraux sanguinaires, et dont l’un des correspondants n’est autre que le célèbre éradicateur Malik Aït-Aoudia. Personne ne s’étonnera alors du panel des intervenants triés sur le volet. Il y avait le sinistre général Mohamed Touati, Bernard Henry-Lévy et Saïd Saadi, une belle brochette d’éradicateurs également. Bien entendu, il y avait d’autres invités algériens qui ne sont pas de la même famille idéologique, mais, sans grande envergure intellectuelle, ils faisaient de la figuration. Histoire de soigner l’image du Forum. Ainsi le professeur Rouaidjia s’était-il trouvé bien entouré et a incarné l’avocat du diable. Il défendait sans le savoir des intérêts dont il n’a pas une idée de leur ampleur.

Monsieur Rouadjia que j’ai eu à connaître à travers ses écrits, il y a quelques années, se plaignait de ses déboires avec l’administration de son université. Il fut limogé de son poste pendant plusieurs mois et fût même condamné à six de prison et 2000 Da d’amende par la Cour de Msila à la suite d’une plainte déposée contre lui par le recteur avec qui il est entré en conflit. Je ne sais pas s’il a fait ou non de la prison, mais en ce temps le professeur se sentait isolé. Il se sentait paria et de ses collègues de l’université et de l’État algérien. Il s’est battu comme un diable. Plaintes et indignations dans les journaux, déception envers la communauté universitaire indifférente à son sort, etc. Ce qui est à noter surtout est qu’il fréquentait des sites Internet activistes opposés au pouvoir algérien et à la junte militaire. Il fut accueilli en victime du pouvoir et fut soutenu sans réserve. Il intervenait et interagissait avec les opposants et les militants des droits de l’homme chez qui il trouva des oreilles compatissantes. Ses lettres donnaient l’impression qu’il n’était pas un «intellectuel organique». Il affichait une critique mesurée à l’égard du pouvoir. Sa position pouvait être qualifiée par « neutralité positive ». Qu’il est loin, ce temps!

Les Internautes l’ont perdu de vue après qu’il eut gain de cause on ne sait comment quelque temps après. Il fut réintégré et réhabilité dans ses droits à la joie de tout le monde. Et c’est après que le professeur commençait à virer sa cuti. Après une longue absence, il se manifesta avec des positions franchement pros gouvernementales décevant ses anciens «amis» qu’il oublia vite. Ensuite c’est le black out jusqu’à cette déclaration aveugle et indigne d’un intellectuel qui se respecte. Nier la répression du régime algérien, sa tyrannie, ses liquidations politiques (Ali Mecili, Mohamed Boudiaf, des intellectuels sacrifiés pour les besoins du terrorisme pédagogique), ses milliers de disparus, ses centres de tortures, ses massacres et ses déportations dans le désert brûlant s’appelle négationnisme. Peut-être il s’en défend, mais visiblement le professeur a accordé son violon avec celui du pouvoir. Peut-être qu’un jour, il le lui revaudra…

Moralité de l’histoire, le régime savait bien que l’opacité, la fermeture du champ audiovisuel, la falsification de l’histoire et le plombage du jeu politique finiront par porter leurs fruits. Le résultat dépasse ses espérances… Dieu a dit : «Que la lumière soit, et la lumière fut». Rab Edzayer dit à la vérité : «Disparaît!» et les intellectuels algériens sont devenus aveugles.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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4 commentaires pour Un autre intelectuel algérien nie la lumière en plein midi

  1. Djamil dit :

    Il n’a jamais été opposant.
    il a écrit « les frères et les mosquées » sous la direction du professeur Rémy Leveau qui été consultant permanent auprès de la DGSE.

  2. Massinissa dit :

    E n algerie,Tout s’ achete tout se vend sauf l’ honneur.Ce sinistre fasciste egorgerait sa propre mère pour une poignée de dinars, il n ‘est pas le seul ils sont des milliers ces monstres charognards , surement des millions à se prostituer , sans etat d’ ame, au plus fort du moment.Si demain le pouvoir changerait de main ils retourneraient tous la veste allegrement sans scrupule, on les a deja vu a l’ oeuvre.Les crimes , La force et le langage des baionette restent pour ces laches predateurs l’unique legitimité.ce sont eux la cause principale de tous nos malheurs ,ces laches nauseabonds qui sont aux antipodes des valeurs humaines.

  3. Ouas Ziani dit :

    Pour paraitre ami, il faut créer un ennemi ; pour paraitre blanc, il faut peindre une créature en noir et pour paraitre saint, il faut inventer un démon et si par bonheur, on arrive à produire les trois, c’est que la vaseline est d’excellente qualité.
    Le fameux recteur de l’université de M’sila, dans le rôle du méchant abruti, s’est approprié les trois plaies qui ont permis la construction d’une identité d’emprunt au Pr Rouadjia. Il n’a pas fallu longtemps pour griffonner les traits d’un génie si bon et si utile à la communauté universitaire écrasé par un individu obtus. Devant tant d’injustices rapportées par la presse, l’émotion du public est énorme, la sympathie est massive et l’écœurement qui a accompagné la promotion du monstre, de recteur à conseiller du ministre, est stupéfiant.
    On parle de succès du stratagème dès que le Pr gagne ses galons de faiseur d’opinions.
    Mais la pratique va rapidement transformer l’onguent en cambouis. C’est la règle pour de nombreux faux pour usage de faux.

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