La chita sans modération

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Abderrahman BelayatOn sait que la colère est mauvaise conseillère, mais en Algérie, dans un contexte particulier, elle peut donner à des réflexions lumineuses. Si bien que si elles sont bien comprises, elles passeront dans la postérité.

Le contexte est celui de la chute d’un papier mouchoir qui  vit en ralenti sa chute vers la poubelle. Autrement la déchéance d’un grand commis de l’État ou d’un larbin du pouvoir. Ce qui n’est pas tellement différent. Dans ces moments fatidiques, en dépit de l’amertume et de la colère sourde, beaucoup ferment leurs clapets en se consolant dans le magot ramassé et la retraite dorée que leur octroie son ancienne fonction. Certains, déprimés parce qu’ils s’imaginaient forts et influents, atteints par une force diarrhéique incontrôlable, laissent échapper leurs états d’âme. L’état d’âme c’est rare chez un commis de l’État, il ne le contracte qu’en désespoir de cause, quand il prend conscience qu’il est devenu un kleenex,  qu’il doit dégager…

Des hommes trahis par le pouvoir algérien, il en existe beaucoup. Chaque lustre, son lot. L’un d’eux, frais émoulu, s’appelle Abderrahman Belayate. Il fut un chef éphémère du FLN, le parti du pouvoir. Le temps d’une convalescence. Il fut éjecté sans ménagement de son poste alors qu’il y tenait bec et ongle jusqu’au dernier coup de pied. La métaphore n’est pas excessive. Selon ses dires, des hommes proches de Bouteflika l’ont détrôné avec des méthodes déloyales. Il a contesté la procédure illégale qui a mis fin à son mandat temporaire. Son successeur, Amar Saadani, est connu pour être un godillot du président. C’est un homme qui s’exécute au doigt et à l’œil sans honte. C’est dans ce contexte que Belayate avait fait sa grande réflexion.

Au «forum de Liberté» du 29 septembre dernier, Belayat, encore sous le choc, est revenu longuement sur sa déchéance. Après avoir bavé sur Amar Saadani et sur les maux qui ont affecté la crédibilité du FLN et qui ont eu raison de sa résistance, monsieur Belayate s’est dit étonné d’être déconsidéré par Bouteflika et ne comprend pas pourquoi ce dernier lui préfère Saadani. Belayate est tellement convaincu que son soutien pour le président est total et sincère. Alors il lâche cette phrase chargée d’amertume : «Le soutien à Bouteflika n’est l’exclusivité ni d’une personne ni d’une instance». Autrement, il n’y a pas de monopole dans le soutien à Bouteflika, tout le monde est sur le même pied d’égalité…

En éprouvant l’expérience de la disgrâce brutale comme une blessure profonde Belayate a en fait résumé la philosophie de l’homme politique algérien. Elle devrait être gravée sur un écriteau doré et accrochée sur le fronton de la présidence. Tout le monde peut jouer du derbouka. Pur produit du double règne du DRS et de Bouteflika, le combat politique en Algérie consiste à une rivalité entre les fidèles du président. Rien d’autre. C’est à qui lèche le mieux ses souliers, qui l’adore le plus, qui lui met les plus belles couronnes sur sa tête. Cette activité devenue «honorable» n’est effectivement pas le monopole d’une personne ou d’une organisation, elle est un droit que partage la quasi-totalité de la classe politique et la société civile.

Bouteflika est un président heureux. Il a su former une cour qui l’adore et le mythifie. Des odalisques qui ne lui refusent rien. Pendant ses mandats, la chita est devenue un sport populaire avec ses grands athlètes, avec ses sprinters et ses coureurs de fond. À ce propos, comment ne pas se rappeler de Bounedjma, quand il a exprimé publiquement et sans complexe sa fierté d’être un chiyate? La chitta est aussi une culture raffinée avec ses intellectuels qui débordent de créativité. Belayate, avec son droit à la chita, peut se targuer d’en être à l’avant-garde.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour La chita sans modération

  1. Djamil dit :

    Citer BELAYATE qui n’a pas su élever son fils impliqué dans la consommation excessive de l »héroïne, par la justice algérienne, peut gérer un parti de chacals, L’action Bounedjma est compréhensive. surtout avec le passé de son géniteur durant la guerre de libération, Le comble c’est Benaouda, Qui se souviens du Colonel Benaouda remettant à Bouteflika, fraîchement élu en 1999, le Wissam de président en succédant à Zeroual en versant des larmes de crocodiles en Mondovision ?. En 1980 le même Benaouda a lu l’exclusion du même bouteflika du FLN étant président de la commission disciplinaire toujours en mondovision. Ils ont des visages conçus de matière fécale. C’est un vrai carnaval fel FLN.

  2. Ouas Ziani dit :

    EEG, vous venez de décrire un harem avec des femelles qui se disputent un mâle pas une vie politique.

  3. kimagalek dit :

    Ce n’est plus BEL AYAT mais BEL ESKOUT

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