Une conscience remarquable à l’effet bénéfique sur le colonel Fawzi et la pègre politique

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Mustapha HamoucheTypiques du journalisme algérien, les écrits de l’illustre chroniqueur de Liberté, Mustapha Hamouche, sont souvent de haute volée, mais lorsque leurs valeurs sont mises dans la balance, ils n’en ressortent que du vent. Ils pèchent par la tergiversation et par la frilosité mortelle. L’article qu’il a écrit en juillet dernier, à la suite du remous qui a suivi le limogeage du colonel Fawzi en donne l’éclatante démonstration.

Intitulé «Faux scandales et vrai système», l’article en question se voulait un brûlot contre ce qu’il considère l’hypocrisie des médias dont il relativise d’emblée l’indépendance avec de fascinants guillemets. S’ensuit rapidement une recension critique illustrée par différents réquisitoires publics contre la gestion opaque des milliards de l’ANEP. Il met tout le monde sur la sellette. Le colonel Fawzi et Saïd Bouteflika sont renvoyés dos à dos, les deux «antagonistes» se servaient de la manne publicitaire pour entretenir leurs relais respectifs. Les journalistes quant à eux, sont traités de détectives de second étage et auraient une passoire à la place de la mémoire. En définitive, monsieur Hamouche croit que toute la vague de protestation ressemble à un théâtre d’ombres où tous les acteurs et les observateurs, dont il doute aussi de leurs talents, jouent sciemment les tartufes pour dissimuler une réalité beaucoup plus grave à laquelle ils ne sont pas étrangers.

Pour le chroniqueur le partage de la rente entre le pouvoir et sa clientèle est un secret de polichinelle. Les médias mentent au peuple lorsqu’ils jouent aux outrés. Avec la classe politique, ils participent au mutisme complice qui pour lui constitue le vrai scandale. Tout le monde a trouvé son compte dans ce système.

Plus loin, son réquisitoire atteint le point d’orgue. Telle une massue qui s’abat sur le gong, il assène ses quatre vérités qui font mal au coeur. Tout le monde dans le sérail, clame-t-il, sait qui sert, où il se sert et dans quelles proportions? La corruption étatique incluant les plus hauts responsables, les apparatchiks et les responsables des médias «indépendants» serait donc bien codifiée, elle est dotée de règles strictes et respectées par tous ; chacun son rang et chacun sa pointure. L’opacité ne rime pas avec clandestinité, ajoute-t-il. Les membres de la pègre qui gère frauduleusement l’argent de la publicité et l’argent public en général ne seraient pas des personnalités mystérieuses, ce sont des officiels connus dans le landernau.

Mustapha Hamouche s’en prend donc au système rentier dans sa globalité. Il tente d’en apporter ses preuves en remontant dans le temps. Il rappelle l’époque où il était de bon ton de s’afficher avec Khalifa, la nomenklatura lui avait ouvert les vannes de l’argent public et se sucrait en retour sans vergogne. Le pillage se faisait au grand jour et aucun des observateurs sourcilleux aujourd’hui n’avait d’état âme à l’époque. Il conclut que le scandale qui entoure le limogeage de Fawzi s’inscrit dans une stratégie de mystification de la corruption qui gangrène le système.

Le cri de colère de Hamouche assorti avec des allégations graves découle d’un esprit vaillant et d’un homme probe. C’est le sentiment qui transparaît en filigrane de l’article. Dans une démocratie, un tel brûlot contenant des informations sérieuses a des suites judiciaires immédiates. Ils ne badinent pas avec l’argent public. En Algérie, par contre on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de l’approche systémique. Le colonel Fawzi ou Saïd Bouteflika sera le premier bénéficiaire d’une accusation qui s’adresse au système en entier. Les deux pontes sont bien couverts. Quand les responsabilités sont partagées par un grand nombre, les risques deviennent minimes, voire nuls. Le fléau continuera à sévir. Monsieur Hamouche se mord la queue. Il ne pouvait pas faire l’économie d’une condamnation préalable et sans appel  des abus du et d’une protestation ferme contre l’absence de poursuite judiciaire du colonel Fawzi. Pour guérir le système, il faut des châtiments exemplaires ; une fracture traumatique dans les mentalités produite par un choc politique serait un bon remède contre la corruption étatique. Un genre de syndrome qui serait l’inverse du syndrome Boudiaf, lequel a mis toute la classe politique et les médias à genoux devant rab Edzayer et les généraux Bentalha. Les médias peuvent y contribuer en ne faisant pas de quartier à un responsable civil ou militaire véreux qui pour une raison ou une autre est démasqué.

Celui qui est pourvu d’une conscience patriotique et brave et est prêt pour se sacrifier pour les intérêts de la nation, il peut frapper fort chaque fois que l’occasion se présente. Celui qui connaît les adresses de la corruption dans le sérail, qu’il les balance au peuple, autrement il ne fait guère mieux que les autres bonnes consciences et finalement il continuera à participer à la mystification et aux tartufferies algériennes…

L’autre remarque qui n’est pas sans rapport avec le courage et la probité, est celle-ci. Peut-on avoir une conscience libre et être crédible lorsqu’on travail dans un journal qui appartient à un nabab dont les accointances avec le DRS sont un secret de Polichinelle?

http://www.liberte-algerie.com/?tmpl=component&print=1&option=com_content&id=204345

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Une conscience remarquable à l’effet bénéfique sur le colonel Fawzi et la pègre politique

  1. salim dit :

    @Hamouche est un habile eradicateur , machiavelique comme tout ceux qui ont une certaine culture de hypocrisie, il est tout a fait responsable de l’ incurie et la gabegie , car il a cautionné cette voyoucratie, ce regime illegitime il ne le sait sans doute pas mais cela transparait dans ses billets,Il n’ est peut etre pas coupable, mais il partage lui et des millions de predateurs, la responsabilité de tous nos malheurs qu’ ils on suscités par leur soutien aveugle et criminel au regime militaro maffieux.

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