Quelques aspects du pandémonium algérien en cette fin 2013

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fdhfghfgLe chienlit qui règne dans l’Algérie aujourd’hui sur la plupart des plans n’est pas vraiment unique dans l’histoire de l’après-indépendance. À la rigueur «el fawda el jazayria», à une époque antérieure, peut présenter une variante plus ou moins atténuée, mais l’idée qu’elle rentre dans «l’ordre des choses» de l’histoire algérienne ou qu’elle représente une tare congénitale n’échappe à personne, excepté aux «harkis du système» selon l’expression consacrée. Autre précision de taille, l’observateur et autre analyste qui oublie le sigle DRS dans son état des lieux de l’Algérie d’aujourd’hui doit faire partie de ces néo-harkis, des relais sans conscience, de la catégorie des baudruches, des personnages louches ou qu’enfin il a les yeux qui louchent, autrement il est incapable de cerner la totalité du problème algérien. Dans tous les cas de figure, la réalité qu’il présente de l’Algérie est sérieusement tronquée.

Au sujet de DRS justement, la presse ne rapporte plus ses nouvelles. Depuis sa restructuration fulgurante et les turbulences politiques qu’elle a entraînées pendant plusieurs semaines en automne dernier, c’est le silence radio. Comme a dit lui : «ce n’est pas normal». Dans les médias, les scandales de la grande corruption et les méfaits de Saïd Bouteflika ont disparus… Ils avaient raison les incrédules qui soutenaient que la presse est manipulée et agit comme des marionnettes… Maintenant que l’ogre est rentré dans sa grotte, le théâtre est terminé.  Mais, il ne faut pas se faire d’illusion. Ce n’est que partie remise. Le calme en Algérie ne rime jamais avec sérénité et paix durable, il a souvent précédé la tempête. Rab Edzayer et ses faucons sont bien vivants, en fonction et en possession de leur pouvoir et de leurs moyens de nuisance. Rien n’a changé. Tout peut arriver. Tout vient à point à celui qui sait attendre…

Dans d’autres registres, la situation n’est guère meilleure. Le président Bouteflika, ou ce qui en reste, ainsi que ses hommes de main continuent leur politique aveugle. Leur mépris hautain pour le bon sens et le pragmatisme prend de l’altitude et constitue l’essentiel de la réalité politique et économique algérienne. La mauvaise gouvernance, la précarité sociale, l’insécurité, l’absence de cadre démocratique sain pour l’élection présidentielle qui frappe à la porte, l’arbitraire, l’arrogance, l’injustice sont parmi les principaux ingrédients qui composent le fil de l’actualité nationale en cette fin d’année.

Ramtan Lamamra et le printemps arabe

Le ministre des Affaires étrangères Ramtan Lamamra reprend la rengaine d’octobre-88 chantée par les harkis du système. Péremptoire, il déclare que «l’Algérie a reçu le message» d’octobre-88, elle n’a nul besoin donc d’un autre printemps pour satisfaire l’exigence du changement politique. Comme il parle à la cantonade et que le système lui évite les désagréments d’affronter dans des débats publics, en direct sur un plateau de télévision avec des personnalités éloquentes appartenant à la vraie opposition, le MAE ne risque pas d’être démenti. Il lui est facile d’esquiver les arguments qui mettent en bouillie son sophisme usé jusqu’à la corde. Dans tous les pays touchés par les révolutions, par exemple, il existait le même système politique qui existe en Algérie, à savoir une démocratie et un multipartisme de façade qui rendent l’alternance illusoire. Pourtant cela n’a pas empêché l’irréparable de survenir… Quid de la mémoire des victimes d’octobre-88? A-t-il du respect pour eux? Et les bourreaux d’alors qui impunément ont continué à régner, qu’en pense-t-il? Ça sent l’hypocrisie à plein nez. On ne s’appelle pas harki du système pour rien…

L’inénarrable Sellal

L’incontournable Sellal et ses bouffonneries continuent à divertir largement l’opinion et à faire diversion aux vrais problèmes et aux vrais défis de l’Algérie. Ses pitreries langagières cependant ne sont pas le seul dons qu’il possède. Les impaires politiques sont un autre domaine où il excelle. Deux énormités ont été rapportées après son passage à Tebessa. Les habitants de la wilaya frontalière en ont eu pour leur grade. Le premier ministre les a sermonnés pour la dégradation de l’urbanisme en leur lançant des expressions dignes des potentats. «Vous faites honte à l’Algérie avec votre anarchie architecturale!», leur a-t-il lancé en pleine figure… Il ne manque pas de culot. Il parle de la honte au moment où là où il passe, il fait le pitre et au moment où les réseaux sociaux sont en ébullition pour la honte qu’il fait lui-même à l’Algérie.
Dans la même wilaya, Sellal a fait indirectement le prophète. Il a laissé entendre qu’il sera premier ministre l’été prochain augurant du résultat des élections prochaines… Au wali de Tebessa qui l’apprenait qu’un chantier sera achevé l’été prochain, Sellal a rétorqué qu’il viendra l’inaugurer lui-même. Le même Sellal balance des lois et des concepts inconnus à tout bout de champ sans s’embarrasser des contradictions ni des réactions outre mesure. Ainsi quand l’économie lui monte à la tête, il dira que l’avenir auquel aspire l’Algérie se construira sur la base d’une économie forte et sur l’attachement des constances. Quelques semaines après, il dira que l’Algérie est une «République sociale» par excellence alors qu’elle signifie que l’économie y joue un rôle secondaire.

Le nez de Sellal et le besoin sexuel des ressortissants étrangers

Toujours Sellal. Il est difficile d’oublier son nez quand on apprend les perversions du pourvoir algérien et le peu de cas qu’il fait de l’honneur des femmes et de leur image. Le journal El Khabar rapporte un grand scandale à ce sujet. Des filles de petites vertus sont acheminées du nord vers les bases de vie des grandes compagnies pétrolières pour animer la fête de réveillon des ressortissants étrangers. Cette information n’a pas suscité de réaction dans la presse ni dans la classe politique. Preuve s’il en est qu’ils sont sensibles de la dignité de l’Algérie…  Quand Sellal parle de fierté, c’est que son nez remue.

Ennahar TV, l’autre visage de l’ENTV

Attention à ce que vous dites sur les plateaux d’Ennahar TV. Il y a des tabous que la chaîne d’Anis Rahmani ne tolère pas son viol. Par exemple, critiquer le président ou réduire en miette son bilan sont des sujets qui fâche et sont sujet à la censure pure et simple. Le candidat à la présidentielle Sofiane Djilali l’a su à ses dépens. Le zèle de cette chaîne réputée proche du pouvoir ne s’arrête pas là. Elle persécute les adversaires du président. Dans une manchette éloquente digne de la propagande stalinienne, son journal accuse le même Djilali et d’autres opposants au 4e mandat, ainsi que El Watan, de conspiration contre Bouteflika. Selon le journal Ennahar, cette «engeance» veut faire tomber le «divin» président par un coup d’État.

Les pétards d’Ennahar

Ennahar et du sensationnel. Le journal Ennahar est pour l’opinion publique ce qu’est le papier hygiénique pour les Occidentaux. Elle pèche par les calomnies, le délire et la désinformation grotesque. Même en le boudant totalement, les odeurs infectes de ce quotidien arrivent quelques fois jusqu’aux narines dans les réseaux et où l’on attendait le moins. Ainsi est-il des informations sociales. Deux nouvelles sensationnelles ont diabolisé des pans entiers de la société algérienne et dramatiser des fléaux. À partir de quelques cas, elle fait passer les filles universitaires pour des dévergondées et les élèves de l’Algérois pour délinquants qui s’adonnent à l’alcool pour le quart d’entre eux et fument le tabac pour la moitié d’entre eux. Ce pétard est présenté comme le résultat d’une étude scientifique… Si un père voulait banaliser le fléau du tabac et l’alcool chez ses enfants ou les encourager pour faire partie de la délinquance juvénile, il leur conseillerait de lire le journal Ennahar…

Gaïd Salah et Tayeb Belaïz préparent le Far-west algérien

Le clou du spectacle dans la tragédie actuelle, une information relative au trafic armes. Qu’envisagent de faire les responsables d’un pays ravagé par le terrorisme et la violence urbaine pour rétablir la sécurité? Eh bien, en Algérie, la solution trouvée dépasse l’entendement. Pour lutter contre le trafic d’armes qui, disent-ils, a pris des proportions inquiétantes, le ministère de l’Intérieur ainsi que le ministère de la Défense, après avoir planché sérieusement sur la question, ont décidé de légaliser la vente d’armes… Pour ne pas choquer, ils présentent des garanties et disent que le marché sera réglementé et contrôlé et tout et tout… On sait ce que pèse la loi et les règlements dans la vie publique en Algérie. Pourquoi pas? Après tout, la population aura les moyens pour défendre ses droits…

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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