Les Républiques arabes des moukhabaret condamnés à l’éclatement

dsdfdgf139 Abdlmajid Khayrat

Dans un entretien historique, le général Abdelmajid Khairat, ex-vice-directeur de la «Sécurité de l’État», l’équivalent de notre DRS, a avoué avoir délibérément dissimulé les rapports de la situation de l’Égypte au président Mohamed Morsi, le premier chef d’État démocratiquement élu dans l’histoire des pays arabes. Sans vergogne, il reconnaît à la télévision que les services de sécurité de l’État ont pris, de leur propre chef, cette décision parce qu’ils considéraient le président déchu comme un espion travaillant pour des intérêts étrangers. Il devient clair que les services égyptiens, de concert avec les généraux putschistes, ont mis le président Morsi dans leur collimateur et ont comploté pendant les quelques mois de son mandat jusqu’au coup d’État.

Passée pour un acte de bravoure par les médias à la botte du général Sissi, ancien patron de la sécurité militaire, la haute trahison des hauts responsables de la sécurité égyptienne jette la lumière sur le côté le plus sombre de l’évolution des Républiques arabes. Les services de renseignement de ces pays ont acquis ces dernières décennies un pouvoir exorbitant qui rend caduque toute notion de Constitution, toute idée de nation. Les fondements classiques d’une république traditionnelle sont anéantis. Contrôlant tous les rouages de l’État, les services sont devenus autonomes, omnipotents et jouissent d’une impunité totale.

L’épisode Morsi a montré le rôle capital des renseignements traîtres dans le changement d’un régime. Le président de la République, élu ou non, est un président fantoche, un simple fonctionnaire assujetti à leurs bonnes grâces. Aucun argument, y compris ceux qui sont puisés dans la littérature académique, ne peut donner foi à une autre interprétation à cette réalité. Les Égyptiens sont bel et bien manipulés par leurs services. Ce sont eux qui choisissent le président et eux qui fixent les définitions de la traîtrise et du patriotisme. Le peuple égyptien vit la mutation de la dictature militaire à celle de la dictature sécuritaire.

L’entretien de Khairat prouve qu’en Égypte, la police politique a franchi avec succès une étape décisive dans la voie vers le règne absolu. Il leur reste à domestiquer l’armée elle-même. Avec les compromissions de la junte militaire dans les bains de sang et la tournure violente des évènements en Égypte, la suprématie de la sécurité ne saurait tarder. Tous les régimes qui viendront après Morsi seront à leur merci.

Le chamboulement dans la nature du pouvoir en Égypte est loin d’être un cas d’école. L’Algérie a déjà été frappée par cette malédiction. Aujourd’hui encore, les services sont la clé de voûte de tout pouvoir algérien. Depuis l’assassinat en direct du président Boudiaf et avant lui celui d’Abane Ramdane et depuis la décennie rouge, les services ont acquis une réputation de puissance telle que la classe politique et les généraux craignent leurs foudres.

Que signifie à plus ou moins moyen terme un pouvoir où le peuple est humilié, soumis et dépossédé de sa volonté par une poignée de généraux sanguinaires? Est-ce une fatalité? Rien n’est éternel. Le pire scénario qui puisse se réaliser et le plus cruel de tous est la pérennité ad vitam aeternam d’un tel régime. Pour s’en sortir de la pression intenable, la marmite explosera dans un grand fracas. Si les peuples algérien et égyptien ne peuvent se libérer du joug de la sécurité, l’issue fatale serait l’explosion suivie de l’anarchie, ce serait l’Irak, le Liban, la Libye le Soudan… Les deux peuples en tant que tels ne se relèveront peut-être jamais. La nature de l’homme étant universelle, il n’y a pas et il n’y aura pas de «spécificité algérienne». La passion d’un peuple pour sa liberté et sa dignité est plus forte et plus viscérale que celle des potentats pour la domination.

Que Rab Edzayer sache avant de mourir qu’il a semé les grains de la destruction de l’Algérie. S’il est un démon, il a réussi son coup, il a mis à genoux le peuple. Il le sait et il le voit tous les jours. Dieu seul pourra le châtier comme il convient. Si d’aventure il croit avoir servi sa patrie, qu’il sache qu’il l’a complètement détruite.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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4 commentaires pour Les Républiques arabes des moukhabaret condamnés à l’éclatement

  1. juba 2 dit :

    L’ erreur monumentale de Morsi, erreur impardonneble, c’ est d avoir garder les hauts responsables politiques de l’ ancien regime.Quand on a gouté aux immenses privileges il est dure de s ‘en passer et beaucoup ,sinon tous ceux qui y ont goutés, sont susceptibles de tuer meme leur propre mère, ou d ‘exterminer une partie de la population( notre effroyable decennie noire). Aujourdhui ,On tue pour de l’ ‘argent ou pour une femme!!!!!!!!!

  2. Amar dit :

    Les Moukhabarat sont la  » cheville ouvrière  » des Coups d’Etat successifs. Pareil en Algérie. Sans la Police politique, il ne peut pas y avoir un tel coup ! Le Coup d’Etat consacre la victoire d’un Camp ou d’un Clan sur un autre. L a victoire du nouveau Clan fort, fort du fait de son arrimage à la Police politique.

  3. Djamil dit :

    @Juba, La plus grande erreur de Morsi c’est d’avoir mis un gars des services du renseignement comme Ministre de la Défense. « .Mettre un responsable du renseignement à la tête de son armée c’est signer son suicide » disait De gaulle.

  4. khaled dit :

    – ce directeur parait malgré tout éduqué et le système en egypte semble plus responsable obligeant ce directeur à reconnaitre sa responsabilité et à en faire part à son peuple en lui rendant des comptes au travers de ses reponses a un journaliste
    libre à la justice et à l’histoire de le juger
    chez nous c’est l’opacité une pieuvre des ténébres sombres

    – la misérable algerie les responsables de la sécurité militaire l’ont transformée en véritable jungle et tels des dieux ils n’apparaissent ni en public ni se sentent obligés de justifier leurs responsabilités pourquoi?
    -début de réponse
    le système des surfacturations dans les grands marchés d’armes surtout crée dès la naissance de l’algerie en la personne de zegar leur a permit de créer des caisses noires et des milliardaires
    avec les quels ils se sont transformés en pieuvre .
    …zegar ,djilali mehri et son collistier kamel zouai du salon de l’hôtel george v à paris ,khalifa , rabrab , chakib khelil,en france yazid sabeg et ahmed djouhri dit alexandre djouhri etc….(autre exemple sous kasdi merbah akli et said rahal ,a paris ,père et fils ,anciennement associés au prince de broglie et son directeur de cabinet dans une société d’import export
    société écran qui a permit de financer le parti de giscard d’estaing ….puis subitement mort suspecte de de Broglie et de son directeur de cabinet Arendt … la société fut dissoute et
    les rahals ont été replantés en suisse….
    cette pieuvre paye les élus et prend des participations dans des grands marches des grandes puissances est devenue puissante avec une armée de mercenaires comme smail mira qui avoue lui meme avoir à lui seul une armée de 2000 hommes recrutes dans les villages que ce système érigé en pouvoir a affamés

    ils avaient infiltrés la société en recrutant dans les familles des grands harkis du BTS , des proches des bachagas et des caids de toutes les régions des jeunes filles et des jeunes hommes qui avaient investis le FLN par de faux moudjahids et ses milices UNJA UNFA UGTA

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