Que signifie le braconnage de la faune par les émirs?

dsdfdgf146

Dalila Boudjemaa

Outarde? Gazelle? Quand, c’est le président qui autorise leur chasse, je me tais, tu te tais, l’État se tait, la loi se tait, le parlement se tait. Tout le monde se tait. Le président Allah ytewello el’ômar, et ses amis les généraux savent ce qu’il font…

Comme le terrorisme, l’impunité des hommes du pouvoir et tous les maux qui frappent actuellement l’Algérie, la chasse illégale de l’outarde dans les hauts plateaux est un sujet récurrent, brûlant. Il constitue une douleur lancinante pour la conscience nationale. Protégé contre la chasse, l’oiseau en voie d’extinction ne subit pas moins de plein fouet l’arrogance de l’État algérien qui foule aux pieds les lois et les conventions internationales sur la protection de la faune et de l’environnemnt. Le système Bouteflika-DRS nargue toutes les dénonciations et les alertes publiques qui régulièrement sont lancées par des forces vives dans la presse privée. Indifférents, les émirs du Golfe continuent de se pavaner dans les réserves nationales de l’outarde et des gazelles et s’adonnent à leur passion préférée : la chasse illégale de ces animaux au mépris de la loi et au nez et à la barbe du peuple algérien.

Interpellée par un député dans une plénière, le haut responsable actuel concerné directement par l’affaire, en l’occurrence la ministre de l’Environnement, a préféré faire la sourde oreille comme ses prédécesseurs. Et quand un ministre tergiverse ou esquive la question, la question le dépasse. Résultat : le massacre de la malheureuse outarde continue.

Le silence et et la prévarication de Dalila Boudjemaâ et de ses prédécesseurs, censés faire appliquer la loi dans leur secteur avec conscience et abnégation, ne mettent pas seulement en péril l’avenir d’une faune dont la présence dans un environnement semi-aride est déjà un miracle. Leur portée va bien au-delà. Ils trahissent des maux profonds qui minent l’existence de l’État et de la République. Le silence de la ministre et l’étouffement du scandale de l’outarde sont une des nombreuses faces de l’arrogance du pouvoir. Ils reflètent la faiblesse et l’inféodation de l’appareil judiciaire, incapable de se saisir dans de pareils cas… De la vanité de la société civile, des médias, de la classe des cancres politiques. La défection générale est une manifestation d’un peuple soumis à une dictature qui promulgue des lois et s’en torche allègrement. Elle donne la preuve indiscutable que ni le président, ni les généraux, ni les ministres ni qui que ce soit dans les appareils d’un État sans âme ou gravitant autour de lui, ne possède une once de nationalisme. Tous des bandits et tous des canailles…

L’oiseau disparaît à petit feu par la lâcheté de tous, certes, mais qui meurt réellement? Dans sa terrible détresse, vulnérable, livrée aux prédateurs des monarchies arabes qui ont déjà décimé leurs propres faunes, l’outarde d’Algérie, qui pouvait être un emblème au même titre que le fennec, semble se venger des habitants indignes de cette terre.  L’outarde, l’oiseau martyr, symbole d’une époque. Celle de Bouteflika-DRS.

http://www.elkhabar.com/ar/watan/378932.html

Publicités

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans Hogra, Hommes du système. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Que signifie le braconnage de la faune par les émirs?

  1. Tahar Missoum dit :

    Ce n’est pas une ministre, c’est une outarde.

Les commentaires sont fermés.