Algérie de l’Est à l’Ouest

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Proposé et/ou écrit par Itham

bfgsfgsgdLa chaîne de télévision qatarie « El Jazeera » AVAIT  diffussé, dans le cadre de sa série « Chahidoun ‘ala el ‘asr » -Témoin du temps-, un entretien avec Ahmed Taleb, ancien ministre algérien (de l’Éducation, de la Culture, des AE…). Ce dernier révéla qu’en janvier 1992 -après le premier tour des funestes élections législatives-, il reçut plusieurs fois la visite de Abdelkader Hachani, principal dirigeant du FIS qui lui demanda de faire parvenir au président Bendjedid le message suivant : 1) le FIS se contentera des 187 voix obtenus au premier tour des élections; 2) il demandera à ses militants de faire campagne et de voter, au second tour, pour les candidats du FLN ; 3) il ne briguera pas le poste de Premier ministre -pour lequel il proposera Hocine Aït-Ahmed ; 4) il se contentera de trois portefeuilles ministériels : l’Éducation, la Justice et les Affaires sociales.

A. Taleb, qui n’avait plus, dit-il, l’oreille du président, chargea le beau-frère de ce dernier (Abdelhamid Mehri) de la mission. Trois ou quatre jours après, Bendjedid était démis.

Ces révélations corroborent ce que les observateurs les plus perspicaces avaient subodoré à l’époque des faits : la réalité du marché conclu entre l’armée et le FIS en vertu duquel la société serait livrée pieds et poings liés à ce dernier pour qu’il lui fasse faire une remontée dans le temps propre à la décérébrer définitivement. Tout le projet du FIS est, en effet, contenu dans cette modeste -en apparence- revendication : 3 ministères. Mais quels ministères ! L’Éducation pour plonger l’enfance et la jeunesse dans l’abrutissement religieux ; la Justice pour appliquer la chari’a ; les Affaires sociales pour l’assistanat caritatif. Économie ? Production ? Environnement ? Développement technologique et scientifique ? Les pieux salafs n’avaient pas besoin de toutes ces choses compliquées pour vivre, allons !

La monstruosité d’un tel marché de larrons, passé dans le dos de la société civile, a de quoi révolter. Et que des hommes cultivés et civilisés comme le docteur Taleb et A. Mehri se fissent les entremetteurs des salafistes ignares et de leur projet insensé est encore plus révoltant. (Ici même, nous avions rapporté l’information suivante : une cellule du FIS démantelée par la police comprenait dix médecins et un servant de salle ; c’est ce dernier qui était le chef de la cellule.) La soumission servile des intellectuels et lettrés devant la plèbe et l’ochlocratie (du FLN ou du FIS) a fait des ravages, empêchant, entre autres, le pays d’intérioriser la nécessité de la division sociale du travail.

[Chez nous, en effet, tout le monde s’estime compétent pour occuper n’importe quel poste. Mohamed Harbi faisait très justement remarquer que la société algérienne était devenue une société de parvenus : un président quasi analphabète, des professeurs d’université qui n’ont pas fait d’études, des PDG, des préfets, etc. qui ne doivent leur poste qu’à leur appartenance au clan, tout cela a fait oublier aux gens ce qu’il en coûte d’efforts et de sacrifices terribles pour parvenir- dans un pays « normal »- à ce niveau de responsabilité. Mais, me direz-vous, lorsque même des marxistes, ou se prétendant tels, censés raisonner en termes de classes n’ont encore que le mot peuple à la bouche, il y a de quoi désespérer.

C’est dire si le mal est profond. Quoi qu’il en soit, l’armée était prête à vendre à vil prix la société algérienne à des barbares. Qu’en disent donc les thuriféraires de l’armée, ceux qui n’arrêtent pas d’encenser « notre glorieuse ANP, digne héritière de l’ALN » ?

Sauf que le pacte satanique en question a été sabordé par des militaires, direz-vous. En effet. Et précisément par un quarteron de généraux issus du cadre français (Lamari, Nezzar, Touati, L. Belkheir…), épaulés par une partie de la SM (Médiène, Smaïl Lamari) et avec l’aide discrète de la France. Pour la clarté des choses, il faut avoir le courage de relever, ici, que les protagonistes de ce deal entre le FIS et l’armée -Bendjedid, Abbassi, Hamrouche, Mehri, Taleb, Hachani, puis Zéroual (qui rendit visite à Abbassi et Belhadj dans leur prison de Blida, puis les fit transférer dans la résidence princière de Djnène el mithak), Betchine, Derradji…- était une affaire entre gens tous issus de l’est du pays. Cette remarque provoquera de l’urticaire chez certains, des dénégations indignées chez les hypocrites qui font semblant d’ignorer que le tribalisme régionaliste a perverti depuis longtemps -depuis toujours, en fait- la pratique politique des Algériens. (Dans le Majliss echoura du FIS, combien y avait-il de membres issus de l’ouest ? Un seul.) Et Hachani lui-même -lui que l’on donne comme le cerveau du FIS et dont l’oncle était colonel de la SM- n’a-t-il pas organisé le congrès du FIS à Batna ? La lourde symbolique du choix du lieu n’échappe à personne.
Dans les livres de géographie d’antan, il était question d’une Algérie orientale et d’une Algérie occidentale, séparées par une dorsale appelée les Bibans -en arabe bibane el hdid, les Portes de fer. Deux défilés étroits séparaient l’Algérie orientale de l’Algérie centrale en sorte que le passage de l’une à l’autre n’était possible que contre paiement d’un droit aux tribus gardiennes. Les Turcs s’en acquittaient pour passer à l’est et le maréchal Vallée, en compagnie du duc d’Orléans, franchit les Portes de fer en 1839, en violation du traité qui reconnaissait à l’émir Abdelkader la pleine souveraineté sur l’Algérie occidentale et centrale. Ce forfait ne fut possible que grâce à l’entremise du bachagha El Moqrani qui persuada les tribus gardiennes des défilés de laisser passer la colonne française. C’est ainsi que l’émir ne put faire, comme il en avait le projet, jonction avec l’est du pays.

Cette trahison historique, le bachagha El Moqrani en paiera le prix fort -très fort- quand les Français se retourneront contre lui. (Lors de la grande révolte des Kanaks, son frère Boumezrag, banni en Nouvelle Calédonie, passera lui aussi aux Français et participera à la répression des insurgés autochtones).

Au demeurant, la réalité des deux Algéries était déjà présente dans l’antiquité, au temps des royaumes numides : le royaume massaéssyle de Syphax couvrait toute l’Algérie occidentale et centrale ; celui, massyle de Massinissa, l’est algérien. Et quand Syphax passa alliance avec Carthage pour contrebalancer la puissance romaine, Massinissa passa, lui, à Rome. S’il avait rejoint l’alliance carthaginoise, peut-être que la face du monde méditerranéen en aurait été changée…

Il appartiendra à la colonisation française d’unifier l’Algérie et de lui donner ses frontières actuelles. La guerre d’indépendance (pour la libération, on repassera), avec ses planqués d’Oujda et de Ghardimaou, réactivera le tribalisme régionaliste et la persistance d’une Algérie coupée en deux qui se présente encore devant nous sous les espèces du BTS ( Batna-Tébessa-Souk-Ahras) et du NTM (Nédroma-Tlemcen-Msirda).

Retrouvez l’article in braniya.blogspot

braniya.blogspot.com/2013/08/algerie-de-lest-algerie-de-louest_2.html‎

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6 commentaires pour Algérie de l’Est à l’Ouest

  1. boukezouha abdelouahab dit :

    je suis salafiste musulman algerien ,je l’assume , j’en sui fiers et mon père spirituel est cheikh ALI BENHADJ …il faut que vous sachiez .;; M.je sais tout… que le FIS na jamais conclu de marchés avec les militaires que le FIS na jamais exercé de pouvoir … ce que vous dites, est faux , dans le madjless chauri du parti il y avait 10 personnes de l’ouest et contrairement a vous qui jouez la division, on ne faisait pas la différence entre l’est et l’ouest ou entre le nord et le sud on étaient tous freres  » ina el mouminines ikhouas « 

    • BOU MOHAMED dit :

      Est-ce que vous pouvez nous donner une personne de l’ouest parmi l’exécutif du fis, merci

  2. boukezouha abdelouahab dit :

    Ce « papier » est truffé de contradictions » qui ose, en plus, porter des jugement sur les autres et les dénigrer. usant, en plus, de contre-vérités honteuses pour stigmatiser le FIS dont l’action à la direction du pays aurait, sans aucun doute, sauvé l’Algérie réelle et profonde. Aujourd’hui, notre pays est entre les mains d’une oligarchie mafieuse, et notre peuple est au fin fond de la misère sociale.
    Pour les lecteurs, contrairement à ce que raconte comme sottises ce personnage et à ce qu’il propage, le Madjliss Echoura du FIS était composé autant de personnalités de l’Est du pays que de l’Ouest, du Centre et du Sud. Qu’il s’informe avant de raconter n’importe quoi.

    • BOU MOHAMED dit :

      Est-ce que vous pouvez nous donner une personne de l’ouest parmi l’exécutif du fis, merci

  3. Izem dit :

    Cet article, outre qu’il est rempli de non sens, le FIS qui fait un deal avec l’armée puis l’armée qui lui fait un coup d’état, est indigne de votre blog par son caractère raciste, paternaliste, haineux et nostalgique de la france de fafa sans qui l’Algerie n’aurait jamais existé !!

    Je n’aurais jamais pensé lire de telles inepties ici. Encore un ou deux articles de ce genre, and you won’t see me again.

  4. Ait Hamza dit :

    Cet article est plein d’inepties c’est une bouillie pour chien ni plus ni moins !
    C’est grand n’importe quoi ,il n y a que de la diffusion de la haine !
    Au bloguiste de pacotille: »tu n’arrivera même pas à l’ombre du petit doigt d’un membre du FIS ! »

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