«Le militaire le plus corrompu à la tête du plus grand budget d’Algérie… »

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yikuouiSi aujourd’hui un autre article est consacré à Mohand Aziri, le journaliste patenté d’El Watan, c’est qu’il a bouclé l’année écoulée en beauté. Le 30 décembre pas moins de quatre articles portant sa griffe sont publiés sur la face cachée d’un ministère budgétivore. Autrement il a enquêté sur l’opacité dans la gestion des dépenses astronomiques de l’armée et son lien avec la corruption nationale et internationale.

Il faut dire que le terrain de prédilection de M. Aziri se rapportait jusque-là à la gestion politique et financière de l’État algérien. Corruption, frasques, opulence, coups tordus, tous y passaient sous sa loupe de Sherlock Holmes. Il gavait ses lecteurs avec des enquêtes sulfureuses sur les scandales publics et des analyses sur le tiraillement en haut lieu. Et comme il fut signalé dans un article récent, il a notamment mis son grain de sel dans la campagne contre Saïd Bouteflika avec quelques chroniques acides qui, d’un point de vue politique et juridique, sont plus attentatoires que les articles de Hicham Aboud qui lui ont valu représailles, débâcle et exil.

La plume de M. Aziri s’est rarement intéressée à la corruption qui corrode l’Institution militaire, celle qui gère le budget le plus important dans toutes les lois de finances de l’Algérie. Ses quatre articles du 30 décembre 2013 marquent-ils un élargissement de son champ d’intérêt ou bien découlent-ils d’une manœuvre politicienne au profit du DRS? L’un des articles laisse perplexe en tout cas. Il s’y attaque avec une rare effronterie au devenir de la modique somme de 12 milliards de dollars que l’armée a accaparé cette année. Il s’interroge «innocemment» sur l’existence d’un mécanisme ou d’un organisme qui contrôle cette manne fabuleuse.

Tout de suite après cette question lancinante, le journaliste montre insidieusement pourquoi les corrompus virtuels de l’armée peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Il égrène quelques-unes des ripostes de parlementaires farouchement hostiles à l’immixtion de l’État dans les affaires militaires. Pour ces députés, tel l’homme d’affaires Miloud Chorfi, la sécurité n’a pas de prix. Autrement, rappelle le journaliste, non sans une pointe d’ironie mordante, «ce que l’armée veut, Dieu veut».

L’article aurait pu se terminer sur cette réflexion au goût amer qui , comme il le relève, fait planer un malaise dans le milieu de l’opposition. Cela aurait suffisamment averti les lecteurs et les aurait laissés pensifs sur la nature de leur régime miltaro-affairiste. Mais, le journaliste d’El Watan a poussé sa prospection plus loin. Il a fait un long épilogue sur Gaïd Salah, sur ses fréquentes visites chez «les amis russes» et les gros contrats que le MDN a passés avec eux.

Dans deux autres articles de la même édition, Aziri a entretenu séparément deux spécialistes de la corruption : Mark Pyman, directeur du programme défense et sécurité de Tansparency International et l’intrépide Djilali Hadjadj, président de l’Association algérienne de lutte contre la corruption. Les deux entretiens ont porté sur le manque de transparence de l’Algérie en matière de dépense liée au programme de Défense et ont souligné le piètre rang qu’elle occupe dans le classement mondial.

Examiné ainsi par plusieurs axes, le dossier de la corruption militaire a été bien ficelé ou presque. Aziri a exploré toutes les pistes sauf une. Les scandales de corruption qui ont touché les généraux ont été royalement ignorés. Il n’en a apporté aucun cas. Il ne balança qu’un nom : Gaïd Salah… On jurerait que l’objectif de tout ce dossier était d’imprimer délibérément dans l’esprit de l’opinion publique l’amalgame entre celui-ci et la corruption. Mais, quand, pour le mot de la fin, il a choisi de rappeler le câble Wikileaks où l’ancien ambassadeur Roberd Ford avait traité le patron de l’ANP du plus grand corrompu de l’armée, le doute devient une forte présomption : Gaïd Salah était in fine dans le collimateur du journaliste.

Pour le compte de qui? La question est d’autant plus pertinente qu’Aziri ne s’est jamais attaqué à la corruption ayant touché le DRS. Pourtant, ce n’est pas les dossiers qui manquent…

http://www.elwatan.com/actualite/le-budget-de-l-etat-militarise-30-12-2013-240364_109.php

http://www.elwatan.com/actualite/la-transparence-developpe-la-confiance-entre-le-peuple-et-l-armee-30-12-2013-240370_109.php

http://www.elwatan.com/-00-00-0000-240369_109.php

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour «Le militaire le plus corrompu à la tête du plus grand budget d’Algérie… »

  1. BOU MOHAMED dit :

    qu’il essaye d’approfondir un peu ses recherches sur la fortune du coté de son patron omar belhouchet l’importateur de la « grande muette »

  2. Tahar Missoum dit :

    Dans l’esprit de ce journaliste, ce n’est pas Gaid Salah qui est la cible principale, je pense plutôt que c’est le fournisseur russe qui gêne tant les fournisseurs d’Aziri.

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