Inventant un nouveau terrorisme au service du DRS

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Hicham Aboud 1«Monsieur Bouteflika, j’ai des témoins qui disent que vous êtes un homosexuel. Qu’avez-vous à dire à cela? Il va sans dire que votre réponse restera secrète. Je vous jure sur la tête de ma mère. Monsieur, Bouteflika, est-il vrai que vous êtes un consommateur de la drogue, que vous en êtes un baron, un parrain de la grande corruption, que vous brassez des milliards vous et votre frère le président? Je ne vous veux pas du mal, c’est pour le besoin de mon enquête. J’ai l’intention de publier une biographie sur vous…»

Hicham Aboud, depuis qu’il est revenu de son long exil, a replongé corps et âme dans le monde du journalisme. Mais avant d’en dire plus, faisons un crochet sur son retour au bercail. C’est qu’il fut bien singulier. Alors qu’on craignait pour sa vie depuis qu’il publia son légendaire «La mafia des généraux», son retour s’est fait sans heurt. Mieux encore, il trouva un petit comité d’accueil à sa descente d’avion et Echourouk TV, avec sa caméra, lui a offert une petite publicité de bienvenue qu’on peut trouver sur YouTube. Il le mérite bien. L’enfant prodigue n’a-t-il pas sauvé le diplomate Hasseni? L’accueil chaleureux n’était cependant qu’un avaloir pour service rendu. Ce qui lui arrivera après est un conte digne du pays des merveilles.

Quelques temps  après son mémorable retour, Hicham Aboud trouva, déroulé sous ses pieds, un tapis rouge royal. Des liens étroits avec le colonel Fawzi – tombé en disgrâce au printemps 2013- lui permirent de fonder d’un coup deux quotidiens, l’un en français et l’autre en arabe. Une prouesse que seul le DRS en connaît le secret. Son amitié solide avec le colonel des médias n’est pas un ragot, Aboud qui l’avait révélée au cours d’un entretien avec un animateur de Rachad TV. Notre héros était aux anges. Très vite, il s’est entouré d’une équipe de journalistes jeunes et enthousiastes qu’il dirigea du haut de ses 40 ans d’expérience. Même s’il était profondément déçu de leur niveau culturel et qu’il tourna en dérision sur le plateau de France 24, il les avait adoptés  et traités comme ses propres enfants.

Il ne se passa pas un an que, déjà, il fera parler de lui après une éclipse de quelques années. Il devint célèbre par ses grandes enquête et ses scoops sur les pérégrinations du président de la République. Sa spécialité : les enquêtes sur les parrains de la corruption. Avec une nette préférence pour les proches du président. Quoi de plus normal? Les informateurs des services de la sécurité l’aidèrent certainement, mais ce n’était rien par rapport à son talent et son travail de fourmi. Chaque fois qu’il cible une huile, il cherche des preuves, des indices, fait des recoupements, jure-t-il sur la tête de sa mère. Il a un cœur brave et se conforme à l’éthique de sa noble profession. Une fois un dossier ficelé, il le met devant lui et pianote un moment sur son bureau. Puis il se lance. Le moment de l’extase tant attendu a sonné. Il écrit une lettre ingénieuse à sa victime. Elle contient en gros un mot foudroyant: «je vais vous traîner dans la boue, j’ai des preuves; qu’avez-vous à dire? Un refus de réponse équivaut à un aveu », prévient-il. Il dit au journaux que cette technique lui permet d’avoir le cœur net. Si la réponse n’arrive pas, sa victime est alors faite comme un rat.

Saïd Bouteflika n’est pas un rat, mais le plus gros poisson qu’il ait jamais pu pêcher. Sa stratégie fut alors perfectionnée avec un nouveau élément. Il s’occupera des affaires de sous la ceinture, il en connaît un bout, le bougre. C’est un sujet qui passionnent énormément les Algériens. N’a-t-il pas déclaré un jour que le DRS faisait sodomiser ses victimes et que même Mohamed Sifaoui avait subi cette pratique (il en la preuve. C’est quelqu’un qui le lui rapporté…). Dans ces affaires de c… (hachkoum) on peut dire qu’il est un pionnier. Après avoir réuni donc «toutes les preuves» et recoupé tous les indices, etc., il envoya  au frère du président sa lettre de mise en garde ou de dernière chance. Elle représente le summum de ce qu’un journaliste contemporain peut produire en matière de biographie ou de finalisation et de consolidation d’une grande enquête. Les journalistes d’El Watan à qui il a confié ce secret en sont restés baba. Quand Amar Saâdani a fustigé rab Edzayer, ils ont pu avoir le réflexe de monter au créneau, mais devant Aboud, ils avaient tous perdu la langue. Et pour cause… En plus de le menacer de la publication prochaine d’un livre qui le souillera à jamais ainsi qu’il ruinera la réputation du président, il demanda à Saïd Bouteflika avec une courtoisie qui dérouterait Tartuffe : «J’ai des preuves que vous êtes un homosexuel? Pouvez-vous confirmez?», lui avait-il jeté à la face. Les Algériens qui ont lu la lettre n’ont pas cru leurs yeux. Ils ne savaient si la lettre d’Aboud portait un message d’intimidation, de provocation, du cynisme, du sadisme ou du marchandage.

Quand Saïd Bouteflika, outragé par une telle insolence, a décidé de publier l’ignoble lettre, Hicham Aboud improvisa rapidement une parade pour se tirer d’affaire. Il dit à El Watan : «Je n’avais pas l’intention de rendre publique la question de l’homosexualité. C’était juste pour la présenter à un psychologue pour qu’il me donne un profil sur lui…»

Hicham Aboud, le Sherlock Holmes algérien, sorti de la même boîte que celle de rab Edzayer, dit être un bon père de famille, être un fils de moudjahid, avoir le nif plus haut que celui de Sellal, les femmes qui l’ont accueilli à l’aéroport sont voilées, dit appartenir à une organisation des droits de l’Homme, qu’il n’a rien à voir avec la guerre des clans et que le coup de pouce de du colonel Fawzi était pour l’amour du Dieu…

http://www.elwatan.com/actualite/je-ne-peux-pas-m-inscrire-dans-une-fausse-guerre-de-clans-11-02-2014-245358_109.php

Une photo tirée de son compte Facebook. On le voit en compagnie d’Anissa Boumediène, l’épouse du défunt Houari Boumediène, entourés des journalistes des «Monjournal et Djaridati». On ne sait pas s’il va écrire un livre sur cette dame et s’il lui a demandé son orientation sexuelle…

Les journalistes de mon journal avec Anissa Boumediène 1

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour Inventant un nouveau terrorisme au service du DRS

  1. Zidni Ilman dit :

    Hichem Aboud n’a pas su évalué le risque d’effet boomerang suite à la publication de son papier, il a du l’écrire dans la précipitation, peut être a-t-il exécuté un ordre, ce qui explique sa hâte.
    Ce n’est pas que le personnage qu’il attaque est sympathique ou que nous ayons de l’empathie pour lui, mais le procédé est indigne et puis nous préférons un duel d’hommes que celui de tayabatte de bains maures, ainsi H.A a perdu tout le crédit que nous avons pu avoir en lui.
    Tout comme avant lui les officiers du MAOL sur la chaine ELMAGHARIBIYA ont incendié le président affirmant qu’ils détenaient des preuves sur son immoralité, nous attendons toujours leur promesse. Par contre tout le crédit que nous avions en eux a complétement disparu.

  2. Ait Amar dit :

    Lire cet article pertinent :

    L’empire DRS contre-attaque.
    B. Mansour
    http://7our.wordpress.com/2014/02/10/lempire-drs-contre-attaque/

  3. Tahar Missoum dit :

     » Ils ne savaient si la lettre d’Aboud portait un message d’intimidation, de provocation, du cynisme, du sadisme ou du marchandage. » Je dirai plutôt qu’abboud administre des interrogatoires à distance. El glayli ma enssa hezz q’tafou disent à juste titre les Tieratiens.

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