Le général Benhadid a offensé le MDN et la République

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lhjlhjkljkEn contestant l’autorité du chef de l’état-major Gaïd Salah, en lui ôtant toute crédibilité, en écorchant à sa dignité, en le comparant à un paltoquet devant rab Edzyaer qu’il érigea en monument, le général Benhadid, ex-ministre de la Défense, est allé trop loin. Impulsif, irresponsable, son dérapage fera date et fera mal à l’armée. La bordée d’injures qu’ a lâchées Benhadidi a dû toucher un mécanisme de mise à feu. L’outrage est intolérable, il est sorti du cadre de la crise politique entre les deux clans. À ce niveau de responsabilité, seuls la demande de pardon ou l’affrontement peuvent laver un honneur bafoué publiquement. Le feu couve. Les tenanciers du pouvoir et les observateurs nationaux et internationaux craignent le pire. Tous, la peur au ventre, attendent la réaction du général Gaïd Salah. Le silence actuel effraie. Deux hypothèses peuvent être formulées.

Le chef d’état-major opte pour le statu quo, il ne relèvera pas l’outrage. Tout le monde lui rira au nez, et « rab Edzayer » et son clan triompheront. Pour les observateurs, le général Benhadid avait donné une vision fidèle à la réalité : Gaïd Salah serait une façade sans pouvoir, un homme de paille ou un décor pour foyer pour reprendre l’expression d’Ali Kafi. C’est la thèse vers laquelle penche le professeur Addi Lahouari qui parle d’un chef d’état-major formel et d’un autre réel. Pour ce sociologue, les présidentielles ou Saïd Bouteflika n’est qu’écran de fumée. L’enjeu caché se joue entre l’armée et le DRS.

Dans ce cas, le drame ne s’arrête pas à l’humiliation de Gaïd Salah. L’outrage historique de Benhadid reflète ou plutôt corrobore une opinion trop souvent reprise par les Algériens. Il officialise littéralement le pouvoir absolu du DRS et sa prééminence sur tout autre pouvoir. La République, la Constitution la présidence, l’armée et les toutes les institutions de l’État sont soumises au pouvoir occulte de rab Edzayer. Il serait le véritable chef d’orchestre devant lequel tout le monde s’incline. Il ne répond qu’à sa seule conscience. Le général Benhadid, qui assure être mandaté par des généraux puissants, tel un oiseau de malheur, a révélé cette réalité pour la première fois. Cette réalité explique pourquoi des centaines de milliers de morts, des dizaines de milliers de disparus et une liste interminable de fautes graves qui incombent au DRS sont des sujets tabous, hérétiques et dangereux pour la sécurité nationale. Le général Benhadi et ses mandataires en fait livrent l’Algérie au dictat d’une sous-structure militaire au détriment de la Constitution sachant délibérément qu’ils violent le principe même de la hiérarchie militaire, comme l’a souligné monsieur Lahourari dans son entretien avec El Watan. Cette thèse est bien entendu pétrifiante, les Algériens n’y sont plus des citoyens, mais des sujets à la merci d’une organisation qu’ils ne contrôlent pas.

La seconde hypothèse n’est pas moins sombre. Elle comporte des risques de guerre civile. Elle suppose que l’état-major de l’armée est souverain et au coeur du système. Gaïd Salah est le patron de l’armée conformément à la Constitution. Le DRS, un service qui dépend de l’état-major au même titre que la marine, l’aviation, les transmissions, la gendarmerie, lui doit obéissance et respect. C’est le fondement de toute armée qui se respecte. Clé à Molette, celui qui commande vraiment mystère (dixit Kamel Daoud), marionnettiste de tout ce qui se trame, il serait le Churchill algérien devant lequel tout le monde s’incline. Ce statut grandiloquent autorise Gaïd Salah à procéder au limogeage, à la mise à la retraite ou à la promotion des cadres de l’armée, y compris le général Mediène qui hante les esprits des Algériens. Le coup de balai donné au DRS depuis le printemps 2013 et qui a connu un épisode stupéfiant ces dernières semaines avec la mise à la retraite des puissants généraux Hacène et de M’henna Djebbar serait son œuvre. Dans cette conjecture, rab Edzayer a été pris au dépourvu et ne veut pas l’entendre de cette oreille. Son orgueil et sa réputation en seront complètement démolis. Pour prévenir le coup fatal qui se prépare contre lui, il réactive son réseau. Certains généraux éradicateurs mis sur sur la touche par Bouteflika se sont ligués pour le défendre. L’un d’eux, le général Benhadid, encouragé par les autres anges déchus qui risquent de faire les frais de ces bouleversements (rendre des comptes sur certains dossiers de la décennie rouge), a bondi comme un fauve sur le patron de l’armée. L’entretien de Benhadid serait un signal de ralliement de tous les séides du DRS pour sauver le pouvoir de rab Edzayer auquel ils ont prêté allégeance. «L’esprit de corps» évoqué par le général Benhadid concerne l’alliance que le patron du DRS a construite sur le dos de la République. Cette alliance n’est pas prête à lâcher le morceau. L’outrage ignoble fait à Gaïd Salah par un proche de rab Edzayer est un appel à l’insubordination et une une déclaration de guerre. le Ministre de la Défense soit battre le fer tant qu’il est chaud. Il doit agir vite avec fermeté s’il veut préserver à l’Algérie sa sécurité et sa dignité.

Finalelement, la guerre ne serait pas entre Bouteflika et Mediène, mais entre le DRS et le MDN qui veut récupérer toutes ses prérogatives. L’esprit de la police politique contre l’esprit de la République même si la démocratie reste le parent pauvre de ce duel de titans. Élection présidentielle ou non, le conflit entre les deux parties continuera jusqu’à ce que la hiérarchie soit respectée. Le ridicule évoqué par Benhadid n’est pas la reconduite pour cinq ans d’un président grabataire, mais l’incapacité de l’état-major de l’armée à contrôler son service de renseignement et à y faire intervenir les changements qu’elle juge pertinent. L’inversion de l’autorité entre une structure militaire mère et une sous-structure serait fatale au fondement de la nation. Le général Benhadid a-t-il une conscience pour le comprendre?

http://www.elwatan.com/actualite/hocine-benhadid-bouteflika-doit-partir-dignement-et-gaid-salah-n-est-pas-credible-12-02-2014-245523_109.php

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Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Le général Benhadid a offensé le MDN et la République

  1. Zidni Ilman dit :

    Je me permets tout humblement de donner mon avis sur vos colonnes, il me semble que la guéguerre verbale entre les émissaires des 2 clans qui essayent de mettre le peuple à témoin espérant que ce sera lui qui décidera de qui va gouverner, non pas par les urnes, ils ne se font pas confiance mutuellement, mais éventuellement par un sursaut populaire pour l’un des 2 camps. (un plébiscite de la rue, un peu comme en Égypte avec Sissy).

    Ce qu’ils omettent de mettre dans le grille d’analyses est que le peuple les vomit tous les 2, il ne font que prouver le bon discernement du peuple à ne pas se mêler; les 2 camps sont de vrais manipulateur et les puissances occidentales, particulièrement les USA ne peuvent se permettre d’un chaos au porte de l’OCDE ou du moins de l’Europe occidentale.

    Le risque ne sera pas une guerre civile mais une guerre des régions comme en 1962, mais cette fois ci le peuple ne dire pas « …barakatte » mais tuez vous jusqu’au dernier, qu’on puisse l’exécuter!

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