L’âme algérienne entre être et ne pas être

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gfhgfhCouronnement d’un processus de régression mentale, un appel aux clans du pouvoir pour un consensus au détriment du peuple lancé par Hafid Derradji fait frémir. Dans un article publié dans les colonnes d’Echourouk, l’ancien animateur sportif reconverti à la chronique politique, implore les protagonistes du pouvoir qui s’écharpent sur la place publique de cesser leurs hostilités et de conclure un armistice même si, plaide-t-il, le peuple en sera perdant. Le renoncement à la dignité et au respect, aux droits du peuple, par une personne médiatique est pétrifiant. Pour la paix au rabais, monsieur Derradji est prêt à vendre son âme et offre le peuple et ses richesses en offrande. Il préfère se soumettre que disparaître. Dans Hamlet, Shakespeare met sa supplication dans les «consciences lâches». Le malheur est que l’abdication de Derradji aux valeurs qui fondent un grand pays est une illustration qui est loin d’être unique.

La conscience collective algérienne n’a pas su ou n’a pas pu s’élever au niveau des idéaux de liberté et de dignité. En tant que peuple, les Algériens ont jeté aux oubliettes leurs anciennes aspirations d’égalité et de justice. L’élite honnête douée d’une consciente nationale est marginale, passive et inaudible. L’opposition politique putative, celle qui cherche réellement le changement et l’alternance, souffre d’un déficit de crédibilité ou un manque de combativité. Ses divisions minent la capacité d’une action concertée contre le régime. Autant dire que le champ politique est sinistré. Un véritable champ de ruine. Le «peuple» ou le gros de la masse demeure de ce fait sous contrôle du seul pouvoir. Abreuvé de discours glorieux, nourri de promesses platoniques sans fin, floué par une langue de bois qui fait office de culture nationale, le troupeau se laisse diriger sans broncher par des dirigeants douteux qui refusent obstinément une gestion transparente des affaires publiques. Trop d’enfumages médiatiques ont rempli son ciel et assombri son horizon. L’Algérien connu pour être fier et frondeur est en voie de distinction. Son âme forgée dans le feu de la guerre d’indépendance se dégrade inexorablement, elle revient à l’état d’hilotisme dans laquelle elle a sommeillé pendant 132 ans ou plus. L’Algérien a accepté comme une fatalité sa nouvelle condition. Son silence sur les dérives du pouvoir et son incapacité d’exiger des comptes aux responsables des pires crimes de sang et de corruption confortent ce diagnostic sans appel.

Si au moins l’instinct de survie, par l’inféodation à une caste supérieure, concernait la société dans son ensemble ce qui aurait laissé entrevoir une conscience de solidarité nationale à l’instar des peuples colonisés ou envahis par une puissance étrangère. C’est que la soumission de l’Algérien à l’arbitraire et à la terreur a évolué vers une culture tolérée, saine et décente. La subversion de la raison par le feu et le sang s’est accentuée après le coup de force de 1992 et la répression féroce qui s’en est suivie. Les aberrations issues de l’acculturation crasse, autrement de la culture perverse de l’inféodation respectable, foisonnent dans les médias nationaux et dans la vie courante. Elles donnent la nausée.

À ce titre, l’appel de Hafid Derradji en représente un signe grave de la déliquescence avancée des valeurs qui ont fait la gloire de l’Algérien. Sa mesquinerie rappelle l’angélisme des assimilationnistes au temps de la colonisation. Il est du devoir des intellectuels et de l’élite consciente de sortir de leur torpeur, de s’impliquer plus dans le combat politique pour lutter contre un processus qui à terme sonnera le glas du «peuple algérien».

http://www.echoroukonline.com/ara/articles/195190.html

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour L’âme algérienne entre être et ne pas être

  1. Ouas Ziani dit :

    Ce braillard n’est pas pour la paix, il est pour l’omerta.

  2. mohamed dit :

    je vous ai soumis un article sur bentifis le candidat du DRS et vous l’avez censuré
    je constate l’omerta de votre part aussi

  3. mohamed dit :

    L’imposture Benflis ou la réédition du scénario de 2004 | Débats

    http://www.lematindz.net/…/12548-limposture-benflis-ou-la-reedition-du-scen…‎

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