De «la mafia des généraux» à la coterie des ministres sales

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S’il fallait schématiser à l’extrême, l’impasse politique actuelle, un poster géant frappé de guingois par un grand titre «Les démons contre la mafia» ferait bien l’affaire. Les généraux barbares ont eu la part belle dans ce blogue et continueront d’être traqués en priorité, sans relâche. Reliquat de la première grande mafia jamais connue en Algérie, ils avaient pris naissance au temps de Chadli et ont connu leur âge d’or pendant la décennie rouge jusqu’au départ de Zeroual. Cette longue période où rab edzyer avait la haute main sur tout, connu l’émergence de plusieurs millionnaires, des banquiers (un fait sans précédent) et deux grosses fortunes : Issad Rabrab aux accointances douteuses avec le DRS et Abdelmoumen Khalifa…  La prise du pouvoir de Bouteflika annonça l’arrivée d’une autre mafia. Celle qui se cachait dans les bagages de Bouteflika et qui va mettre l’Algérie en coupe réglée. Un des hommes qui a vécu quelques années dans l’ombre des généraux corrompus leur avait dédié un livre au titre éloquent : «La mafia des généraux». Le capitaine Hicham Aboud, l’ auteur du livre, n’hésita pas à affirmer que «les généraux Mohamed Touati et Aït Abdessalam sont les têtes pensantes, les éminences grises de la mafia». Ceux qui ont la mémoire trop courte pour ne mettre la corruption que sur le dos de Bouteflika et son clan, et prennent le DRS pour la sainte-nitouche, un petit retour en arrière leur fera un  grand bien… Mais en Algérie la corruption des généraux ne prête pas à conséquence. Le DRS, leur avatar, et ses relais dans les médias y veillent. L’omerta implacable leur sauva la face. Pour l’instant.

Les hommes du président Bouteflika éclaboussés par les grands scandales de corruption ne bénéficient pas de la même bienveillance du DRS qui les talonne et leur  consacre l’essentiel de son énergie et de son savoir-faire…. Les commis de l’état chois par Bouteflika sont exposés aux caprices et aux humeurs de rab edzayer. Ils peuvent jusqu’à maintenant compter sur leur immunité et leur proximité du président, mais leur réputation et leur honneur est une monnaie d’échange. Depuis que les tensions sont apparues entre les clans, les journaux ont commencé à diffuser les affaires de corruption ternissant derechef l’image de l’Algérie et fragilisant son pouvoir. Et c’est là où le bât blesse. Les hommes de Bouteflika ne font rien pour dissiper les soupçons.

Accusés publiquement de malversations et de dilapidation, les hommes du président n’ont pas réagi en hommes dignes et fiers. Ils se sont terrés comme des malfrats se contentant de se disculper du revers de la main alors que leurs adversaires traînent leur réputation dans la boue. La légèreté avec laquelle ils répondent aux graves accusations et l’absence de volonté de laver leur honneur devant les tribunaux renforcent leur déshonneur et leur implication aux yeux de l’opinion et leurs noms entacheront les pages de l’histoire de l’Algérie. Un homme d’honneur ne se laissera pas souiller ainsi sur la place publique. Quelle que soit sa haute fonction, il ne connaîtra la tranquillité que s’il obtient réparation ou on lui demandera publiquement pardon. Seuls qui sentent le fagot se garderont de réagir vigoureusement.

A ce titre, il faut rendre hommage à Saïd Saadi qui, touché dans son honneur, déposa plainte contre son détracteur Smaïl Mira ; ce dernier l’avait traité de fils de harki. Son geste mérite d’être salué en dépit de sa lourde compromission avec les généraux sanguinaires. Dans un premier temps, le président Bouteflika avait été de la même veine avant de baisser la tête et ne plus la relever devant les scandales qui touchaient son entourage et surtout son frère. En arrivant à la présidence, il avait en effet une sainte horreur des calomnies et des ragots malveillants qui courait sur son compte. Il avait bondi comme un fauve quand Mohamed Benchicou avait publié un livre diffamatoire contre lui. Sa vengeance n’avait pas tardé à se manifester et ne s’était calmée que lorsque l’impudent avait écopé deux ans de prison. Mais depuis cette affaire, le président a changé. Il n’est plus aussi chatouilleux et soucieux de la réputation et sur l’honneur de son gouvernement. Quand les grands scandales de corruption touchant ses hommes, son frère en particulier, ont commencé à secouer l’Algérie, il a décidé de boucher ses oreilles. Des milliards de dollars sont partis en fumée sans qu’il daignât sévir, ni voulut se séparer des hommes éclaboussés. Cette attitude a été d’une grave nuisance à l’Algérie. Il ne faut pas être clerc pour dire que son silence fut à l’origine de la perte des valeurs qui ont fait jadis la fierté de l’Algérie. Il est la cause principale de la propagation de la corruption qui a atteint des niveaux dangereux et insoutenables.

Les généraux corrompus et leurs «homologues», les hommes de Bouteflika impliqués dans les scandales qui ont fui le champ de bataille où leur honneur a été engagé, sont la honte de la République. L’histoire les reléguera parmi les traîtres, les harkis et les infâmes qui ont œuvré pour la destruction de l’Algérie.

Que ceux qui se sentent morveux sauvent maintenant leur honneur ou qu’ils aillent tous brûler en enfer.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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