Ahmed Ouyahia, l’homme qui a créé 1 090 435 emplois en un semestre revient pour parler avec son coeur…

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Ahmed OuyahiaAlarmé après «le grand oral d’Ouyahia», un des analystes algériens arabophones avait écrit dans sa chronique que l’Algérie allait connaître son plus grand revers et sa plus grande régression globale. Qui le contredira? Monté au millimètre près, l’entretien qu’a accordé l’ex-chef du RND à Ennahar TV officialise son retour dans le giron du pouvoir et annonce les catastrophes de demain.

Les deux jeunes journalistes présents dans le plateau, ce mercredi 12 mars, ont introduit l’entretien par  une courte biographie d’Ouyahia parsemée de bienveillance et de termes éloquents. En particulier, ils ont souligné sa réputation «d’homme des missions difficiles». Les journalistes ont certainement voulu épargner à leur hôte des désagréments certains. L’ancien premier ministre, au discours fluctuant et aux principes élastiques avec toutefois un dogme immuable, celui de se maintenir à tout prix dans la haute fonction, est plutôt connu par l’infâme étiquette «d’homme des sales besognes». Ç’aurait été lui rappeler de nombreuses déconvenues politiques et surtout sa grande impopularité.  Au cours de ses longues années de gestion publique, inconnu avant 92 et créé de toutes pièces par le DRS à l’époque de Zeroual et doté d’un «grand» parti politique grâce à la fraude massive de 1997, il a été, avec d’autres, derrière tous les échecs politiques et économiques de l’Algérie. Il a contribué dans le drame provoqué par la politique sécuritaire qui a mis l’Algérie à genou et lui a fait perdre des centaines de milliers de vies humaines. Tantôt farouche éradicateur, tantôt apôtre de la réconciliation, Ouyahia passe sans rougir d’une politique à son contraire et se soustrait par un simple revers de la main de ses responsabilités dans la faillite du système.

Rompu à la discipline étatique et à l’allégeance aux décideurs, il est tout un symbole de la culture d’Etat de l’Algérie de l’après janvier 1992. Il représente les responsables haut placés chez qui l’intérêt national justifie, en apparence, toutes les dérives y compris les disparitions et la liquidation physique. En réalité, seule leur survie politique compte par-dessus tout. Combien d’Algériens sont morts pendant ses nombreux mandats sous diverses casquettes ? Combien sont tombés dans des actes terroristes, dans des catastrophes naturelles, arrêtés par les forces de sécurités puis disparus, morts par manque de soins médicaux, morts par suicidés ou immolés par désespoir. Il n’en ressentira aucune culpabilité. Jamais il ne démissionnera pour manquement aux obligations et ne s’en repentira jamais. Il croit n’y avoir aucune responsabilité et continue à croire à sa bonne étoile, celle d’être le meilleur instrument de la solution en tout temps et à tout. De l’éradication des islamistes à la réconciliation nationale et de l’économie rentière à l’économie génératrice d’emploi. Il adopte toutes les visions et il justifie et revendique de toutes les politiques décidées par le pouvoir.

Ouyahia incarne, l’impasse politique, l’immobilisme général, l’austérité de l’Etat, le bricolage social, le tâtonnement économique, le mépris et la raideur d’un pouvoir informe et impitoyable. Il maîtrise par trop la mimique des affabilités dans l’espace public, prodigue les formules de la modestie dans ses interventions, mais reste dépourvu de sentiments humains. Surtout ne trouve aucun scrupule à mentir, à se contredire ou à louvoyer entre les faits et la réalité quand il est pris au dépourvu. Selon Ouyahia, en Algérie tout va bien dans le meilleur des mondes. Avec, bien sûr, des «insuffisances», concède-t-il, sans oublier de préciser que seul Dieu est parfait. Pour mesurer ce dont il est capable, rappelons simplement qu’en août 2001, il a fait annoncer par voie de presse, une nouvelle mirobolante. Il aurait créé 1 090 435 emplois durant le premier semestre de cette année, une prouesse digne du premiers rang d’un classement Forbes, sans qu’aucun secteur économique n’ait connu un essor digne d’être remarqué… Seule fait remarquable cette année : le vent du printemps arabe soufflait très fort…  Cet exemple suffit pour dire qu’Ouyahia est prêt à toutes les arnaques politiques et économiques possibles pour maintenir le peuple dans la torpeur et lui admettre sa condition.

Loin d’être exhaustive, cette présentation d’Ouyahia est un prélude nécessaire pour mettre dans le bain le lecteur. On ne peut apprécier à leur juste valeur toutes les manœuvres, les artifices spécieux et la supercherie politique, utilisés durant son entretien à Ennahar, si le lecteur ignore ou oublie ce qu’est Ahmed Ouyahia.

http://www.aps.dz/spip.php?page=article&id_article=11021

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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