Liamine Zeroual, le président de la décennie rouge sort de son mutisme

dsdfdgf226 zeroualliamine

tyeryeyIl est dit que les élections présidentielles de 2014 ne seront pas comme les autres. Le prochain mandat aussi sera différent de tout ce qu’a connu l’Algérie, fut-il Bouteflika reconduit. C’est que les divisions n’y concernent pas seulement l’antagonisme d’un pouvoir contre une opposition engourdie et contrôlée. Cette fois, l’armée et le régime avancent en ordre dispersé. La chienlit et les clivages sont partout. Le pays est plus divisé que jamais, la campagne électorale s’annonce houleuse et le prochain mandat est porteur de grandes incertitudes.

L’opinion publique n’a pas fini de reprendre son haleine de la tournure de la guerre des clans et le coup de théâtre de la candidature d’un président vieillard, malade et incapable de marcher ou de parler au peuple, et tous les remous qu’ils ont suscités, qu’un poids lourd de la politique met sont grain de sel. Dans une intervention aussi inattendue que spectaculaire, le prédécesseur de Bouteflika, Liamine Zeroual, himself, est sorti de son long ermitage et est intervenu dans le jeu politique. L’incorruptible président et insensible aux sirènes de l’éclat et de la fortune que lui miroitait Bouteflika, une qualité que le dernier des chats de gouttière ne pourra contester a prêté main-forte aux opposants du 4e mandat.

Dans une lettre solennelle et sentencieuse, publiée simultanément dans El Khabar et El Watan, le président Zeroual est revenu sur le tumulte que connaît le paysage politique à l’approche des élections du 17 avril. Il s’est clairement positionné contre le 4e mandat, contre l’implication de l’armée dans les disputes politiques et en fin contre la légèreté avec laquelle l’Etat traite les convulsions sociales et l’agitation politique. Il pense que la situation est critique et que la prochaine présidence serait la dernière chance pour un saut salvateur qui mettra l’Algérie sur la voie de la démocratie. Plus agressif, le 6e président algérien, pour la première fois depuis son départ de la présidence, a dénoncé explicitement le coup tordu du 12 novembre 2008 où Bouteflika a fait sauter le verrou de limitation des mandats.

Les valets de rab Edzayer plus que les opposants sincères et intègres du président Bouteflika ont accueilli la lettre de Zeroual comme un renfort qui tombe du ciel. Et chacun des journaux soldés y va de sa bonne analyse. El Watan, un journal profondément démocratique à condition de ne pas évoquer des crimes contre l’humanité du DRS, titrait hier «Zeroual montre le chemin» ou «Zeroual la nouvelle donne», etc.

Nul n’est prophète dans son pays. Liamine Zeroual, au-delà de son indéniable probité, est-il l’homme idoine pour rassembler les Algériens? Est-il la référence en matière de bonne gouvernance ? Est-il au-dessus de tout soupçon? Tant s’en faut. Le RND, une formidable imposture démocratique, est né sous césarienne avec sa totale bénédiction. Il fallait coûte que coûte contrer un certain Mehri… Les grossières manipulations dont les marches préfabriquées, appelées «spontanées», c’est lui. Mohamed Betchin, l’ex-patron de la sécurité, le Chakib Khalil de l’époque, était bien son bras droit, etc. Une bonne partie de la racaille qui s’agrippe aujourd’hui au pouvoir par tous les moyens provient de ses deux mandats. En son temps, la corruption a connu son premier envol et a atteint les mêmes altitudes que celle qui sévit aujourd’hui, toute proportion de ressources financières gardée.

La lettre de Zeroual fait la part belle à rab Edzyer qu’il confond avec l’institution militaire. Mais, n’était-ce pas ce dernier qui lui a donné du fil à retordre au point de prendre la poudre d’escampette et livrer l’Algérie à un trois quarts de président? Tiens! Le pourcentage de souveraineté du président doit bien signifier quelque chose pour lui après son départ précipité d’El Mouradia. Zeroual aurait pu compléter sa probité en mettant le doigt sur ce point qui taraude et ronge l’Algérie et qui l’a fait abandonner le navire au milieu de l’océan. Il fuit cette question capitale, comme il a fui la présidence.

Sur le plan sécuritaire, Zeroual a plus de poids sur la conscience que Bouteflika. Si Bouteflika avait voulu le réduire en miette comme il l’a fait avec Chadli Bendjedid, il avait de quoi le faire…

http://www.elkhabar.com/ar/politique/392774.html

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Liamine Zeroual, le président de la décennie rouge sort de son mutisme

  1. Ouas Ziani dit :

    Discours de Zeroual in El Watan du 18/1/94
    Ammar Koroghli: http://algerienetwork.com/algerie/6-lalgerie-de-zeroual/
     » Dès son ministère, il évoqua la « faiblesse globale de l’Etat et de ses institutions » . Son diagnostic s’appuya sur l’existence de causes politiques (faiblesse du système en place, contradiction entre programmes et idées, prédominance de l’esprit partisan sur l’esprit patriotique et désorientation de l’opinion populaire), de causes économiques (mauvaise gestion, perturbation des secteurs de la production, gaspillage destructeur des potentialités du pays en devises, le recours aux crédits à court terme et encouragement du phénomène de la contrebande) et de causes sociales (croissance du taux de chômage, abandon par l’Etat de son rôle social, comportements bureaucratiques, corruption et népotisme, répartition inéquitable du revenu national). Des constats sous forme de discours ».
    Il n’y avait ni Chakib, ni Said, ni Abdelaziz, ni clan de Tlemcen, alors…!
    Et face à un tel tableau qu’a-t-il fait en 5 ans ? Le général a déserté !

  2. khaled dit :

    Est ce que zeroual fait partie des  »stand behind  » comme son beau frere le general abdelmadjid cherif dont le neveu benbouzid a predestiné à l’ecole féodale pendant 15 nans
    il semblerait que l’existence d’un gladio algerien est bien réelle ,le mur du secret se fissure par ci parlà

    tout comme le general hassan arréte pour raison seditieuse et  »caches d’armes »
    smail mira maire député assassin en relation avec colonel bahloul copain de tewfik qui dit dans une interview disposer de 2000 hommes

    nb:
    Gladio (« Glaive » en italien) désigne le réseau italien des stay-behind, une structure créée dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d’invasion soviétique. On désigne couramment par ce nom….
    La suite dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Gladio

  3. Zidni Ilman dit :

    Le stay behind algerien doit certainement exister, à l’instar de tous les autres pays du monde, à chacun son ennemi, si les pays de l’OCDE l’ont mis en place pour parer au communisme, Israël le mit contre les palestiniens, et les généraux algériens (des années 1990) ne sont pas exclu de l’avoir mis en place pour parer à leur ennemi: les islamistes.
    A sa tête, fort probablement: Reda MALEK, Ali HAROUN, Leila ASLAOUI, pour ne citer que cela.

Les commentaires sont fermés.