Il s’est interdit de répondre aux accusations graves

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Si tu veux réussir en politique ya Si Ali, rien de tel que le mutisme. Méprise tout le monde et le monde se mettra à genoux devant toi...

Si tu veux réussir en politique ya Si Ali, rien de tel que le mutisme. Méprise tout le monde et le monde se mettra à genoux devant toi…

La transparence des affaires publiques et l’intégrité morale des responsables n’ont pas d’avenir en Algérie. Les hommes politiques ne font rien pour défendre leur honneur ou leur réputation. Stoïques, lorsqu’ils sont criblés de toute part par de graves accusations, ils font le mort. Ils sont comme les latrines publiques, chacun peut venir y faire ses besoins.

Ainsi en a été avec les hommes politiques du clan présidentiel éclaboussés par les grands scandales de corruption. Alors que les accusations ont plu à verse à leur endroit dans les médias, les hommes comme Saïd Bouteflika, Amar Ghoul, Chakib Khalil, Amar Sadani, pour ne citer que ceux-là, ont préféré se taire et ne pas répondre publiquement. Ils n’ont pas pensé porter plainte contre leurs «calomniateurs». Ils ont laissé les rumeurs  s’amplifier et les présomptions se répandre partout. Tant et si bien qu’il s’est ancré dans l’imaginaire collectif l’idée désormais tenace, que le président Bouteflika est un traître à la nation, il s’est attelé à détruire son pays en couvant la vermine politique. Grâce à lui, l’Algérie est rentrée dans le panthéon de la corruption mondiale.

Répondant à des accusations de manipulation des jeunes et de recours à la violence contre les meetings des sympathisants de Bouteflika, Ali Benflis s’est hâté de démentir. Il a dénoncé les agressions contre les journalistes et a désapprouvé les émeutes et les saccages qui perturbent les rassemblements électoraux. L’ancien chef de gouvernement a cru bon d’ajouter qu’il se garde de rentrer dans les polémiques stériles ou de répondre aux magouilles. « Je me suis, pour ma part, interdit de répondre aux accusations graves et infondées dont je fais l’objet de la part de certains supports médiatiques en leur opposant une démarche constructive, en étant toujours une force de proposition et en veillant à ne jamais me laisser entraîner dans le sillage de la diatribe et de la polémique« , avait-il déclaré à haute voix pour se donner une image d’un homme politique responsable et respectable. Une telle phrase, cependant, ne manque pas de choquer les Algériens outrés par le silence compromettant ou complaisant des hommes politiques.

Si tant est qu’il soit sincère, monsieur Benflis n’a certainement pas pesé ses mots. Il ne s’est pas rappelé le comportement des hommes du président de Bouteflika et les graves accusations auxquelles ils ont fait face. Autrement, il n’aurait pas prononcé cette phrase perfide. Au point où se trouve l’Algérie, l’homme public respectable ne peut faire l’économie de répondre aux accusations qui s’étalent sur les journaux. S’il se tait, il confirme le mal qui se dit contre lui. Il est à craindre qu’avec Ali Benflis, l’esprit et le comportement des grands corrompus de l’Algérie se poursuivent dans le cas où les dieux décident de le porter aux nues… comme le prévoit le professeur Lahouari Addi. Il étouffera les scandales. Par le silence et l’opacité.

http://www.algerie-focus.com/blog/2014/04/benflis-met-en-garde-contre-le-climat-tendu-de-la-campagne-electorale/

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Il s’est interdit de répondre aux accusations graves

  1. Ouas Ziani dit :

    ils ne réagissent ni aux accusations ni aux diffamations et ils sont censés être puissants ! Très curieux en effet. L’autre observation à retenir est que ceux qui accusent le font seulement dans les journaux, jamais devant les tribunaux. Exemple: Amar Saidani est supposé avoir dilapidé 32 milliards de dinars du F.N.D.R.A alors qu’il était président de l’assemblée nationale. Quand on sait que le fndra était géré par le ministère de l’agriculture, on se demande comment a-t-il fait pour s’emparer de tout ce fric. L’I.G.F est censée avoir découvert l’énorme trou et remis au chef du gouvernement son rapport. Question: pourquoi Ouyahia, Barkat ou Ait Djoudi n’ont pas pensé saisir le parquet ? Par pudeur ?
    Une autre question tout aussi intrigante. Amar Saidani a non seulement démenti les accusations colportées par les journalistes organiques mais en plus, il a mis au défit quiconque d’apporter la moindre preuve de ce qu’on l’accuse. Et là aussi, on se retrouve devant une situation ubuesque: pourquoi saidani ne saisit pas le parquet pour obtenir réparation après tant d’écrits diffamatoires ? Par masochisme ?

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