Répandu à grande échelle, le voile islamique ne remplit plus sa fonction d’antan

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wertyerwyuyBonnes questions, bien qu’elles sous-entendent une désapprobation muette qui, par le soupçon d’ironie qu’elles véhiculent, dégagent un relent d’indignation.

Je dirais que la réaction est naturelle. Chacun de nous s’est heurté à des états d’âme similaires. Selon nos convictions et notre philosophie de la vie, nous réagissons avec plus ou moins de vigueur, avec plus ou moins de tact. Et justement, pour revenir au brandon de la discorde, car il en est un, je me sens, toujours, gêné et troublé quand je vois une femme voilée ou une personne musulmane se démarquant avec un signe ostentatoire de dévotion dans une situation compromettante ou perpétrant un acte répréhensible à l’antipode de ce que recommande le Coran. Mais, étrangement, de tels faits déclenchent dans l’être curieux et scrutateur que je suis une fascination magnétique mêlée d’amertume. Ce sont des moments de remise en cause des principes qu’ont inculqués les doctes et les savants musulmans. Ce sont les mêmes sentiments troubles qui saisissent les observateurs musulmans quand, en Égypte de la déraison, ils voient de vénérables représentants de la religion inciter aux massacres, à la dictature et à l’injustice. Il y a un véritable problème existentiel.

Des scènes du genre où les femmes voilées sont prises la main dans le sac suscitent bien sûr l’indignation, le mépris et le dégoût chez les musulmans authentiques, mais ceux qui n’ont pas peur d’aller au-delà des apparences, elles esquissent des visions et des convictions. Les signes religieux ne sont pas des produits d’une marque cosmétique ou une mode vestimentaire, ils ont une portée intemporelle, ils sont supposés être des symboles à quelque chose d’extrêmement sérieux, d’absolu, de solennel. Les porter sur soi était une grâce pour le véritable fidèle ; être attaché à ce qu’ils symbolisent est une grande responsabilité. Leur port suppose une conscience pure ou presque et une loyauté envers Dieu dans le cadre de l’exégèse adoptée.

En voyant des scènes où les représentants d’une religion deviennent les suppôts du mal, les esprits vifs et ouverts plongent dans leur propre conscience, ouvrent leur bagage intellectuel et passent tout au peigne fin. Pourquoi et comment est-ce possible? Il leur faut bien donner un sens à ces contradictions. Pour eux, ces scènes banales mettent en exergue plutôt des apories, des difficultés apparemment insurmontables, ils mettent certains dogmes à rudes épreuves. On ne sait si le nihilisme de Nietzsche ou l’éthique de Spinoza sont les instruments scientifiques appropriés pour l’examen d’une telle question – il faudra interroger les spécialistes-, mais pour les hommes ordinaires, une maxime millénaire peut donner une brillante description : l’habit ne fait pas le moine. Si tel est le cas, alors pourquoi faire de l’habit un point nodal dans le dogme musulman? Les philistins musulmans n’en ont cure, bien sûr. Chèvre même si elle s’est envolée… Mais sommes-nous contraints de les écouter?

Nos oulémas prêchent l’obligation du hidjab pour sauvegarder ou indiquer la pudeur et la pureté des femmes. La réalité comme la montre la vidéo tend à les démentir. La femme pudique n’a pas besoin de voile pour se prémunir des «cœurs malades». La religion est dans les mœurs, annonce un hadith. Autrement, dans la tête, et non dans les apparences. Si la poire est pourrie, rien ni personne ne pourra retenir une femme ou un homme de se jeter dans les bras du mal. Par la multiplicité mécanique des actes religieusement interdits l’impliquant, le hijab a perdu de sa valeur et de son symbolisme. Aujourd’hui, les paillards courent indifféremment derrière les jupons ou les hidjabs. On les voit dans les endroits isolés des jardins ou les promenades des grandes villes. Le voile devient alors un accessoire facultatif et encombrant, et qui plus est, va à l’encontre d’une société moderne et dynamique sans laquelle les musulmans resteront les cancres et les laissés-pour-compte de l’humanité ad vitam æternam. Toujours à la traîne, ils n’ont de choix que de se soumettre sur tous les plans aux civilisations puissantes. Où est le véritable danger?

Comme on peut le constater, la scène de la femme voilée voleuse n’est pas anodine. Avec des dizaines d’autres situations, elle interpelle l’homme méditatif, libéré des pesanteurs de la foi, interroge celle-ci pour mieux la saisir. Il se hisse dans l’univers de la théorisation et dans les questions spirituelles. Selon ses acrobaties intellectuelles, il s’approche plus de Dieu ou s’en éloigne. Je ne pouvais pas raconter tout cela. Ce serait trop laborieux de s’arrêter longtemps sur chaque évènement de ce genre. Mais il importe, de temps à autre, de faire une halte courte sur des questions sociétales qui causent autrement des soucis aux Algériens.

Article mis en cause :     محجبات تحترفن السرقة

 

 

 

 

 

A propos El Erg Echergui

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6 commentaires pour Répandu à grande échelle, le voile islamique ne remplit plus sa fonction d’antan

  1. youba dit :

    je suis etonné en voyant des nanas qui portent un voile…………… et un pantalon hyper moulant dont les jambes et les cuisses ressemblent plus a du saucisson. On aperçoit en filigrane jusqu ‘au moindre recoin de son intimité..Alors le voile signe ostentatoire?Je me dis : signe ostentatoire ? mais de quel rite?Pas de l’ islam en tout cas.Toutes façons elles sont a croquer car elles provoquent l’ effet contraire a celui escompté par la religion( pas susciter de convoitise), c’ est bien d’ incitation a l’acte sexuel que l’ on devrait leur reprocher ces nanas.

  2. benbel dit :

    et si c’est exprès pour compromettre le voile

  3. Zidni Ilman dit :

    سلام…
    Salam.

    Ne soyez pas idéaliste ou crédule, l’habit ne fait pas le moine, ce proverbe est trop vieux pour être ignoré.

    Avez-vous vu un arnaqueur, un voleur un brigand, un criminel en tenue de voleur ou de criminel? La 1ere chose que fait un criminel c’est de soigner son aspect extérieur, et qui mieux que celui qui se cache derrière les habits de la religion, qu’ils soient musulman, chrétien ou juif ou tout autre religion la 1e chose à faire est de tromper avec l’aspect extérieur.

    Il n’y a pas de loi dans l’absolu ni de condamnation de masse chacun est responsable de ses actes.

    Il y a de mauvais musulmans comme il y a de bons athées et c’est ainsi dans toutes les croyances, ce serait trop facile de juger selon son habit, par contre ce que je crains est: « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage » Wel fahem yefhem. Vous êtes trop intelligent pour condamner le hijab à cause de ce genre de femme!

    Pour nous les algériens, 2 sujets à éviter dans le débat, car ils nous divisent: Religion et Foot. Par contre ça c’est un article à lire: http://maghrebemergent.com/actualite/maghrebine/item/36353-autoroute-est-ouest-pres-d-un-milliard-de-dollars-de-commissions-et-pas-de-proces.html

    Salutations.

    • Zidni ilman dit :

      Je partage entièrement votre point de vue sur cette réponse.

      Entièrement d’accord pour le Chapitre I, II, et III, pas du tout pour le IV, et qu’Allah nous pardonne tous, nos agissements, actes et surtout nos propos.

  4. Zidni Ilman dit :

    Au Maghreb et tout particulièrement en Algérie, ces 20 dernières années, le hijab revêt un aspect culturel et économique, cache misère et cache « mauvaises » mœurs.

  5. Bonny dit :

    L’habit ne fait pas l’imame !

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