Les élections, les cabales d’Ennahar et la classe politique

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Le système ne badine pas avec l’image de son candidat

rtyerytIl s’agit d’une dérive très grave est sans précédent. S’il fallait ne retenir qu’un fait de la violence et de toutes les vacheries apparues pendant la campagne électorale des présidentielles de 2014, les calomnies odieuses de la chaîne satellitaire d’Ennahar TV contre le candidat Ali Benflis remporteront la palme haut la main. L’implication et le parti pris de cette chaîne en faveur d’Abdelaziz Bouteflika ont franchi toutes les lignes rouges. Ils ont pris une tournure stalinienne. L’intoxication, la pollution et la manipulation dans le but de salir l’image de l’adversaire potentiel y sont caractérisées. Quelques jours avant le scrutin, Ennahar TVD a diffusé des scènes dignes de la propagande du DRS pendant la décennie rouge. Des armes à feu, des grenades, des lance-roquettes et tout un arsenal de guérilla auraient été saisis de l’une des permanences de la campagne d’Ali Benflis. La chaîne avait parlé de complot terroriste attribué aux partisans d’Ali Benflis. Dans un autre rapport télévisé, trois hommes ont témoigné à visage découvert, des hommes de Benflis les auraient incités à la violence et au trouble à l’ordre. Ennahar TV, unique chaîne à avoir fait des rapports aussi alarmants, avait mis en boucles des informations sur de prétendues violences et des actes de sabotages planifiés par les hommes de Benflis pour mettre le pays à feu et à sang au cas où leur candidat ne gagnera pas les élections. Choses extrêmement étranges, toutes ces graves accusations qui mettent en danger le pays n’ont pas donné lieu à une enquête policiaire ni à des arrestations spectaculaires. Côté Justice, aucune poursuite judiciaire n’a été enregistrée. Pourquoi seule la chaîne Ennahar d’Anis Rahmani avait alarmé l’opinion publique de ce prétendu complot ? La réponse n’est pas difficile à trouver.

La presse privée et l’opposition toutes tendances confondues ont été éberluées, mais nullement surprises par les accusations d’Ennahar. Rapidement, ils ont dû s’apercevoir de la machination usée jusqu’à la corde. Cette chaîne à un long passé avec la diffamation et les calomnies, de nombreux Algériens ont pâti de son poison. Seuls les crédules et les profanes seront roulés. Pour autant, est-il sage de tourner le dos et de faire comme si de rien n’était à cet acte contraire à la loi  et facteur de haine et de tensions ? L’ex-candidat Ali Benflis promettait ne pas se taire. A l’évidence, il a déjà oublié ce coup de poignard d’Anis Rahmani, alors que le complot a souillé son image et a nui à sa campagne électorale. Pourquoi cette attitude de la classe politique ? Fatalisme ou je-m’en-foutisme ? Le complot d’Ennahar, grave et cousu de fil blanc, devait faire l’objet d’une levée de boucliers nationale. Il concerne tout le monde. Condamnations et protestations devaient être fermes, massives et unanimes jusqu’à gain de cause. Trois hauts responsables devaient être sur la ligne de mire. Par leur silence complice, le président du Conseil constitutionnel, le ministre de Justice, jadis militant des droits de l’homme…, ainsi que ministre de la Communication ont déshonoré leurs institutions respectives. Le pouvoir n’a rien perdu pour attendre quand une chaîne privée avait montré des signes d’inclination envers Benflis. Le siège d’Atlas TV a  été perquisitionné, son matériel saisi et son programme interrompu. Le pouvoir ne badinent pas avec l’image de son candidat.

Les élections de demain se préparent aujourd’hui. Il ne saurait y avoir des élections libres et transparentes si une chaîne satellitaire privée ou publique se permet de fomenter des cabales contre un candidat sérieux. Véritable terrorisme télévisuel, le sale coup d’Anis Rahmani est une menace à tous les futurs candidats. Ce qu’a subit cette fois Ali Benflis, le subira plus tard tout autre candidat jugé sérieux. Personne n’est à l’abri de se découvrir traître ou terroriste dans la chaîne de la honte télécommandée une fois par El Mouradia une fois par le DRS en d’autres occasions. Ennahar TV reflète parfaitement les médias égyptiens qui sans état d’âme ont couvert des massacres et la dictature du général Sissy. Il est vital pour l’avenir du pays de s’unir tous et de se dresser dès maintenant contre sa tyrannie.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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