Liamine Zeroual approuva la fraude de 1995 !

2dr58wedfo44

jhedfliuweh5468008L’Algérie ne cessera pas de payer les crimes, la tyrannie et les inconséquences de la décennie rouge. De quelque côté que l’on dirige le regard, la griffe acérée du DRS et des décideurs est palpable. La prégnance latente de leur spectre sinistre, telle une odeur forte et émétique, forme le fond et le tréfonds du théâtre politique actuel.

Le marasme s’apparente à un éboulement de malheurs ou à des ruines d’un effondrement majeur que les nouveaux maîtres de l’Algérie brandissent en signe d’épouvantail à la face des revendications démocratiques. Rab Edzayer, le dieu de l’Algérie et des disparitions et des carnages, il avait le pouvoir de dire à un islamiste,  à un politicien, à un président, à un journaliste, à un intellectuel ou à n’importe quel quidam «disparaît» et la victime disparaîtra de la terre, Khaled Nezzar, le premier à avoir appris à l’armée à tirer sur les foules, Larbi Belkheir, le cardinal trempa l’armée dans le sang des Algériens, les innommables Lamari, véritables chevaliers de la Camarde, aujourd’hui poussière ou comburant de la géhenne, Mohamed Betchine, un maître d’œuvre du détournement de la volonté du peuple et géniteur d’Ouyahia et de Bensalah, et enfin le très «humble et intègre» Liamine Zeroual pour ne citer que les belles gueules de l’Algérie sauvée et meilleure, ont laissée l’Algérie exsangue, à genoux… Aujourd’hui ses membres affaiblis, morts ou partis au diable vauvert, la coterie à la conscience défaillante a laissé des séquelles traumatiques, invalidantes pour très longtemps.

Les survivants parmi la triste bande des anciens puissants, déchets du passé sanglant, constatent avec désinvolture les ruines de leurs fantasmes. Quand l’un d’eux est approché, il se cabre. « Moi, j’ai fait de mon mieux en mon âme et conscience. Je ne suis pas responsable. Pas du tout… Les tortures, les disparus, les morts, ce sont des actes isolés. Je n’ai rien à avoir avec ça. La guerre, la fraude ? Un mal nécessaire. Ce fut une responsabilité, un appel du devoir, etc. »

Contrairement à l’amnésie des politologues et des feuilles de chou que l’Algérie a vus proliférer avec la pugnacité de l’ivraie dans un champ en jachère, le peuple n’a pas oublié. L’histoire est immortelle et les réminiscences du passé ont la vie dure. Les supercheries politiques après le printemps algérien d’octobre -1988 avaient commencé avec Mouloud Hamrouche. Il est premier chef de gouvernement à avoir foulé au pied la dignité du peuple et presser de son chef le bouton de l’escroquerie électorale. Lorsque Bachir Frik lui a montré son livre mémoire et lui rappelé son ordre de la fraude de 1991, il esquissa un sourire mystérieux et se garda d’émettre des réserves. Aucun regret donc. Aujourd’hui, il ronge ses ongles et participe au chœur des insatisfaits, révoltés. Son cri est resté sans écho. Les sirènes de la richesse sont irrésistibles et la spirale infernale a atteint l’armée…

L’une des grandes figures algériennes de la période maudite, encore en vie, se tait dans une paisible retraite. Paisible est peut-être un peu exagéré. Seul Dieu connaît les secrets des âmes. Liamine Zeroual n’est pas fier de ses mandats présidentiels dont le second fut écourté dans la précipitation. Il refuse d’écrire ses mémoires. Ils ne sont pas beaux ses souvenirs. Lui aussi était atteint du « mal nécessaire ». Il était au courant de la fraude des présidentielles de 1995, il a laissé faire. Un jour, à l’hôtel Royal d’Oran, pendant la campagne électorale, entre deux traits, il apprit à Bachir Frik, wali d’Oran à l’époque, et à d’autres hôtes qu’il était parfaitement au courant de la supercherie, que l’Administration publique était son véritable comité de soutien, qu’elle travaillait d’arrache-pied pour sa réélection et que c’était illégal… Lui, le président reconnaissant sans formalisme la fraude, lui qui avait juré la main sur le Coran… Quelle intégrité lui reste-t-il ? A présent, il reproche aux maîtres actuels le parjure, l’obsession du pouvoir et leur dénie le recours au « mal nécessaire »…

Le principe du mal nécessaire et le devoir qui fait fi de la volonté populaire, s’étire et se prolonge, il franchit les époques et happe génération après génération. À chacune suffit sa peine. Chaque président trouve des mobiles « légitimes » pour justifier le crédo du pouvoir et impose par un droit divin son pater familias. Mal faire et laisser dire. Abdelaziz Bouteflika a pêché dans sa bonne conscience « un mal nécessaire » à l’avenant de son prestige. Blanchiment des criminels, déni de justice, corruption de la classe politique et bien sûr le must des musts : l’accaparement du pouvoir ad vitam æternam. Il manque à l’appel la sauvagerie de la première bande des bandits. Inimitable. Une pudeur artificielle dictée par la conjoncture internationale. Bouteflika en est à son 4e serment, main sur le Coran. Le livre sacré, n’a rien de sacré pour un président algérien. Une formalité devenue passe-droit ensuite simple tremplin pour des consciences élastiques. Le livre sacré n’a jamais été dans le cœur des présidents. Le serment constitutionnel fait sourire la bande des bandits. Tout le monde participe à la comédie du serment.

La spirale de la déchéance en perpétuelle rotation se dérègle, s’affole. La fraude reconduit le régime, le régime étouffe la conscience, multiplie les coups de corne, la corruption étend son pouvoir et engloutis dans ses entrailles scrupules et vertus. Déjà elle éjecte des âmes pourries, marquées à vie. Les parias se relèvent, se rebellent, affectent l’honneur et la dignité et partent à l’assaut du pouvoir. Peine perdue. La spirale prenant plus de volume, son mouvement s’accélère, indifférente à tout, méprisant tout. Son monde est fait de sourds, de secrets et  d’ivresse silencieuse ; un autre autre monde. Au moindre trouble, on y jure par « le mal nécessaire ». Rien n’arrête la mécanique infernale, jusqu’à la grande déflagration. Un cinglant rappel à l’ordre de Némésis. La corruption et l’arrogance, l’impunité ne sauraient se substituer à l’honneur, à l’humilité, à l’intégrité ou à d’autres vertus propres à l’homme sain. L’équilibre des pouvoirs ne saurait se greffer dans le génome d’un peuple. Le peuple, affecté par le chancre, mais, résilient, reste le  gardien du temple de la morale. Il explosera et le sang jaillira de part et d’autre. L’Algérie par la grâce du mal nécessaire est condamnée au cycle de l’horreur ! Ainsi soit-il.

Témoignage de Bachir Frik (à la minute 14’17)
https://www.youtube.com/watch?v=HCMGV1NOQU8&feature=youtu.be&t=14m17

Le serment constitutionnel de Zeroual en étant conscient qu’il a trompé le peuple :
https://www.youtube.com/watch?v=7Mctsc1xTJI

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans Élections, Hommes du système. Ajoutez ce permalien à vos favoris.