Le PT décline une offre pour des sièges ministériels

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fghdhdfghQue cache vraiment le refus de la trotskiste de participer à la gestion des affaires publiques que lui a offerte gracieusement le président ? Il n’est pas dans ses habitudes de cracher sur les maroquins. Depuis l’arrivée de Bouteflika à la magistrature suprême, elle n’a cessé de le porter aux nues et le défendre politiquement y compris pendant ses piètres participations aux élections présidentielles. Son parti a eu toujours sa part du gâteau dans le gouvernement ou du moins au sein des assemblées élues. Elle trouve parfois un accueil chaleureux chez le président. Elle fut reçue en grande pompe à de nombreuses réceptions nationales. Son accès au ministère de la Défense et l’entretien avec Gaïd Salah avait été longuement commenté dans la presse. Personne ne considère le chef du PT faisant partie de l’opposition ; elle rend autant de service au pouvoir que le FLN ou le RND. Hanoune s’illustre plus par des affrontements avec l’opposition radicale et les détracteurs du pouvoir qu’avec ce dernier. De même, elle est à l’avant-garde de la couverture des militaires criminels. Les militants qui dénoncent leurs crimes passent systématiquement par son Karcher. Trahison, intelligence pour l’ennemi, conspiration, invasion, etc., ce sont là ses principaux arguments politiques pour les descendre en flammes. Ses seules positions défavorables au pouvoir concernent les lampions du gouvernement. Devant un parcours aussi riche en compromissions, la soudaine bouderie a de quoi intriguer ? Sursaut de conscience ?

Sans crédibilité, les déclarations et les discours de madame Hanoune n’ont de valeurs qu’aux yeux du pouvoir ; les appuis sans réserve à Bouteflika lui valent souvent les sarcasmes dans les réseaux sociaux. Cependant, sur son refus de s’impliquer avec le nouveau gouvernement, il importe de s’arrêter un peu. La méfiance est de mise. L’abstinence politique et les questions de l’éthique ne sont pas dans sa nature. Elle a besoin de la compromission pour survivre, une réelle démocratie lui donnerait un coup de pied aux fesses plus douloureux que celui le scrutin du 17 avril. Son parti n’en survirait pas. Il doit y avoir un motif très sérieux derrière cette position inédite.

Au regard de l’actualité nationale et l’agitation ayant marqué la scène politique dans les derniers mois, surtout la singularité mondiale d’un président impotent ajouté à un score particulièrement humiliant pour elle dans le dernier scrutin, la dame de la « main étrangère » a dû faire une remise en question profonde de sa situation politique. Une hypothèse simple consiste à penser qu’elle boude le gouvernement pas amertume, elle s’est sentie profondément humiliée par le résultat électorale dont elle n’ignore pas l’origine. Mais, Hanoune ayant perdue tout vanité publique par rapport à aux scores électoraux étiques, cette hypothèse est peu probable. Il existe une hypothèse d’une autre nature et plus sérieuse.

Il n’est pas impossible qu’elle ait opté pour un divorce doux avec le pouvoir dans l’optique d’une échéance non dévoilée à l’opinion publique et à la classe politique. En plus de son entretien au Tagarin, les médias ont fait état d’un aparté entre Hanoune et le président lors de la réception qui a suivi le serment d’investiture. Elle aurait peut-être eu vent d’un départ prématuré de Bouteflika sous une forme ou une autre. Il tirera sa révérence dès qu’il aura terminé certaines « réformes constitutionnelles » auxquelles il tiendrait ou bien après avoir appliqué les dernières touches à ses restructurations dans l’Institution militaire. Forte de ce secret, elle aurait pris les devants et prépare son parti en tentant de l’éloigner du pouvoir dont elle s’est rendu compte de son impopularité du fait de la forte abstention aux élections. Une telle éventualité, si elle vient à se confirmer, n’est pas dépourvue de bon sens, mais il n’est pas certain que le refus de rentrer au gouvernement ferait mouche, le P.T. est par trop mouillé avec Bouteflika pour qu’il se débarrasse  aussi facilement d’une mauvaise réputation. Son double jeu et sa longue compromission avec le pouvoir resteront indélébiles dans la mémoire des Algériens.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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