Le journaliste Ali Rahalia épingle Zahia Benarous pour sa complicité et sa lâcheté

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.kljef354ttetryEt vlan ! Et paf! Une journaliste star, phare de la décennie rouge, insensible aux malheurs de son peuple, sans qualité autre que celle d’avoir été pendant longtemps un porte-voix au service de rab Edzayer, le DRS et le tremblement, dorlotée, couvée, parrainée et rétribuée avec le titre honorifique de sénateur pour « loyaux services » et complicité diverse, a reçu dernièrement (date inconnue) une de ces gifles qu’elle n’oubliera pas de sitôt. Cinglant en effet était pour Zahia Benarous un petit détail que lui a sorti de l’oubli un journaliste comme il n’y en a pas deux. Le petit détail au goût fétide qui l’a ébranlée et l’a réduite à quia remonte… à 26 ans. Aux débuts de sa « fulgurante carrière » de perroquet et d’instrument de propagande et de manipulation. Le peuple n’oublie pas et les réminiscences ont la vie dure.

Le 5 octobre 1988 était une journée pas comme les autres, une journée où l’Algérie a basculé d’une époque à l’autre, une journée où une génération de jeunes avait pris son destin en main et avait défié les lois de la tyrannie pour faire éclater la chape de plomb et offrir à son pays la dignité et la liberté. Ce fut une journée glorieuse et tragique. Le sang coula à flots et les hordes de l’armée et des « services », déchaînés, se sont abattues sur les jeunes et en ont tué 500 et blessé et torturé des milliers. Ce jour-là et pendant les huit interminables journées suivantes, des dizaines de jeunes tombaient comme des mouches  sous les balles du général Khaled Nezzar, d’autres subissaient les pires sévices dans les geôles de la gendarmerie, dans les commissariats et dans des endroits secrets. Certains jeunes furent castrés ou mutilés alors que d’autres furent sodomisés. Le 5 octobre, premier jour de la révolte, Zahia Benarous , la présentatrice de la télévision nationale, ouvra son JT de 8 heures sur des informations quelconques et évita d’évoquer « les évènements » sanglants. Sa conscience était telle qu’elle parla de… la mouche Tsé-tsé. Pendant toute la semaine fatidique, la présentatrice-star ne souffla pas un mot de la tragédie qui se déroulait sous les fenêtres de sa maison, de son bureau et dans les quatre coins du pays.

Aujourd’hui, honteuse, se sentant vaguement coupable, elle dit avoir pleuré pour les victimes. Après quoi ? Après les avoir méprisés et tués une deuxième fois ? Il ne sert à rien de verser des larmes de crocodile pour les morts lorsqu’on a travaillé pour leurs bourreaux et participer à effacer leur mémoire. Pour être sincère, si cette valeur avait la moindre importance pour les repentis, il fallait commencer par honorer la mémoire des jeunes d’octobre-88, leur rendre justice et reconnaître publiquement les compromissions et les lâchetés. On passe sur le mépris de cette illustre dame pour les victimes de la décennie rouge et son long cortège de souffrance.

L’ex-sénatrice Bernarous, la dame des «marches spontanées» que l’ex-wali Bachir Frik avait mis en guillemets lors de son fameux témoignage sur EchouroukTV, ne devait pas mettre les pieds dans le Sénat. D’une aucune façon. Cette institution doit son existence aux sacrifices d’octobre-1988 qu’elle a royalement méprisés. Dans le parvis de la chambre haute devait être érigé un mémorial majestueux où les noms de tous les martyrs de cette héroïque révolution sont gravés. Des représentants de ce printemps démocratique que le pouvoir avait timidement mis en avant en 2011 pour contrecarrer le printemps arabe, devaient siéger en seigneurs dans cet hémicycle. La nomination de Benarous wama chabaha, au sénat est un outrage fait à leur mémoire.

L’empêcheur de tourner en rond de madame Benarous est un journaliste peu connu, mais très futé. Son nom : Ali Rahalia que l’on salue et on s’incline bas devant sa saine impudence face à l’ex-journaliste. Pas de protocole avec les suppôts. Il se présente comme simple citoyen, mais fut avec d’autres, un journaliste indomptable. Contrairement à madame Benaqrous à qui le tapis rouge fut toujours déroulé, le journal de Rahalia, El Khabar El Ousboui (hebdomadaire), fut financièrement asphyxié jusqu’à sa disparition totale. La ligne éditoriale du défunt journal ne faisaient pas dans la dentelle et ses journalistes étaient à l’antipode des symboles que représente Benarous. Un grand bravo à monsieur Rahalia.

https://www.youtube.com/watch?v=MADJx14I3Pw

 

Merci à Belahrech pour la vidéo.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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