Deux militaires égyptiens pavoisent sur le lieu de leur crime

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Il n’est pire folie meurtrière ou crime abject que ceux commis par des êtres réputés conscients et sains d’esprit. La cruauté et l’horreur les plus inconcevables pour le commun des mortels ont besoin d’une intelligence et d’une « délibération » mentale pour être accomplies. « Je tuerais trois millions d’Algériens », « Si tu ne dis pas au juge que tu as tué Hachani, j’éviscère ta mère devant toi », « Ô président, je suis prêt à abattre un million de Syriens pour sauver ton pouvoir et je me contrefiche si j’écope La Haye », « Au nom d’Allah (en vertu de ma science du Coran et de mon statut de mufti), tirez sur eux ; à volonté ! Ce sont des Khawarijs. Ce sont des gens qui puent. » Jamais un fou, celui qu’on interne avec camisole dans un asile, ne peut sublimer la terreur vers des hauteurs vertigineuses.

Le large sourire teinté d’une pruderie déconcertante que l’on voit sur la photo appartient à deux militaires égyptiens. Ils ressemblent à s’y méprendre à deux pères de famille respectables, De leur posture et de leur expression, ils laissent penser qu’ils sont fiers d’avoir accompli ou d’avoir participé à un acte de bravoure quelconque, qu’ils ont servi leur pays, qu’ils viennent de faire un sacrifice mémorable dont ils tiennent à immortaliser devant une caméra et le transmettre ainsi à la postérité pour ne pas être oubliés. Mais aussitôt que la trame de l’image et la « gloire » de ces deux soldats ou officiers — a-t-on jamais eu des officiers dans les pays arabes ? — sont découverts, l’observateur tombe des nues. Il est aspiré dans les méandres de la folie arabe. Les deux compères sont fiers d’avoir participé à la boucherie de Rabaâ El Adawiya au Caire. Ils posent dans ce lieu dévasté par l’attaque d’une rare violence et disproportionnée de l’armée égyptienne contre les frères musulmans. Des milliers de victimes inoffensives, innocentes, dont le tort était de contester pacifiquement un coup d’État, gisent derrière eux.

La photo cristallise à jamais la cruauté banalisée, sublimée dans les mentalités chez les Arabes, ces créatures que l’on dit « musulmanes ». L’image est le résultat d’un long processus d’hilotisme et un travail de déshumanisation qui a commencé dès l’aube de la liberté, il y a de cela un demi-siècle. Par ricochet, elle résume, tragiquement, la doctrine globale des dirigeants et des militaires arabes dans laquelle toute notion de vie et de dignité humaine n’a de sens et de voix au chapitre que lorsqu’elles sont liées et subordonnées à la résignation absolue à leur règne. Tout individu né « dans leur territoire » et reconnu sujet à leur pouvoir devient une proie légitime à leur « conscience » et son cadavre, une pièce de gibier. C’est l’unique gloire des généraux arabes.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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