Quatre grands journalistes parlent du DRS et toussotent…

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Le journal numérique Maghreb Emergent, dirigé par le journaliste Kadi Ihsane, a convié dans une cuisine quelques journalistes représentant le gratin de la presse algérienne francophone pour « un café de Presse », le 15 mai dernier. Il les a invités à débattre du rôle que doit réserver la Constitution aux services secrets  suite au bruit qui court au sujet de leur possible dissolution.

Loin d’être subsidiaire, la question méritait d’être soulevée tant le DRS a dominé, façonné et quadrillé la vie politique nationale et présida à la sécurité de l’État durant les trois dernières décennies. Tout ce que l’organisme militaire a entrepris s’accomplissait en dehors de la Constitution. Si bien que les décisions et les actes de cette structure salie par de grands crimes contre l’humanité étaient souveraines et irrévocables. Ses cadres dirigeants, puissants et arrogants, avaient un pouvoir discrétionnaire absolu et agissaient au nez et à la barbe de toutes les structures constitutionnelles. Posée par l’animatrice – une ex-journaliste d’Alger chaîne 3 —, la question en soi est déjà un signe de concession ou au mieux un aveu d’impuissance d’une grande partie des journalistes algériens. Lorsqu’on n’ose pas affronter un régime despotique, on baisse la barre de la démocratie, on banalise l’impunité, on l’officialise par le truchement d’un cachet légal à travers la loi fondamentale et enrobant le tout de quelques acrobaties rhétoriques de haute volée. C’est ce qu’on appelle niveler par le bas… Parmi la brochette des journalistes invités, quatre ne sont pas étrangers au blogue. Et pour cause.

L’as de cœur, Abed Charef, est un vétéran du journalisme, écrivain dans ses temps de loisir, incorruptible, droit et intègre. Depuis quelques années, il est régulièrement l’invité des plateaux de télévisions nationales et étrangères et où le public a découvert son caractère atrabilaire. Il fut quelquefois cité en référence dans le blogue. Fidèle à ses écrits francs comme l’or, il a opposé un niet catégorique à la question débattue. Il expliqua avec des arguments simples, mais imparables que la question ne se pose pas, elle est inconcevable tout simplement. Autrement, dit-il, il faut également statuer dans la Constitution le rôle de la gendarmerie, de la police…

L’as de trèfle, alias Adlène Meddi, lui, s’est fait remarquer par des articles sur la sécurité, mais rien de sensationnel. Son grand bémol, ce sont les sujets qui fâchent et qui divisent : le DRS, les généraux Bentalha et la décennie. Il y surfe avec une élégante planche faite de clair-obscur. Féru d’écriture, il accoucha son premier polar qu’il nous a invités à lire pour un complément de ses opinions sur la violence politique et les problèmes sécuritaires (il a eu l’amabilité de réagir à l’une des critique du blogue. Il s’est montré courageux.). Au café de la Presse, il est resté fidèle à lui-même. Il esquiva la question du DRS et préféra s’interroger sur les velléités, apparues çà et là, du changement de la « doxa » militaire à l’aune de la situation géopolitique inquiétante du monde arabe.

L’intervention de l’as de carreau, El Kadi Ihsane, n’était guère mieux. Elle s’éloigna du fond de problème. Un vieux de la veille, dont le visage se dévoile au grand public peut-être pour la première fois dans cette série de vidéos du Maghreb Emergent, ce journaliste a fait remarquer in petto que le DRS ressemble à un gaz (délétère) qui dès qu’il trouve un espace vide, s’y engouffre et l’investit. Rab Edzayer aurait comblé l’absence d’un président bonapartiste régnant d’une main de fer. L’on comprend de son parallèle que Liamine Zeroual et Ali Kafi, c’était des « dessus de cheminée». Ihsane ajoute que Bouteflika a eu un relatif succès à “domestiquer” le DRS grâce entre autres à l’argent sale. Il ne développera pas davantage les dessous de ce scandale et l’identité des généraux que le président a réussi à corrompre et pourquoi et comment cela a affaibli le DRS.. Bref c’est du baragouinage académique feutré qui ne fait pas mal à une mouche.

L’as de pique, Fayçal Metaoui, aussi l’une des plumes les plus brillantes de sa catégorie est restée en retrait… Ni visage ni parole, il fut trahi par l’animatrice du débat qui annonça sa présence. Dieu sait pourquoi Ihsan El Kadi a estimé bon l’exclure de la vidéo. Et ce n’est pas la courtoisie qui manque chez ces journalistes et encore moins la faconde chez Métaoui. Peut-être avait-il la tête dans les étoiles, béant devant les charmes d’une journaliste tunisienne invitée pour la circonstance et pour faire Maghreb. De toute façon, sur la sécurité et le DRS, il ne faut pas s’attendre à des scoops de sa part.

L’odeur du plat mijoté dans la cuisine de Maghreb Emergent était fade et n’ouvrait nullement l’appétit. Le débat a au moins eu le mérite de confirmer ce que tout le monde sait déjà. À l’exception du premier, tous les autres journalistes, sans êtres des vendus – pas d’éloges ni franches plaidoiries pour le DRS-, sont “dégriffés” ou ont les ongles arrondis dans les affaires du DRS et ses crimes. Ou ils ne sont pas au courant ou ils n’ont pas de preuves. S’il entendait leurs tergiversations et leurs allégories trop savantes, Hocine Malti s’arracherait les cheveux…

Pour le reste, il est surprenant que le carré d’as du journalisme francophone, les mieux «côtés» du blogue, mais également les plus critiqués, se réunissent en chapitre pour parler d’un sujet aussi tabou et aussi controversé que le DRS… Était-ce un hasard ? Sûrement. Mais la question saugrenue, oiseuse peut-être, a lieu d’être posée dans le pays de la paranoïa et du paranormal ; le réflexe du doute y constitue parfois l’unique viatique de l’esprit rationnel. Il manquait au panel deux journalistes «prisés» par le blogue pour accrédité le soupçon : Salima Tlemçani et Mohand Aziri. Mais cela aurait été un miracle. Les deux comparses ne se montrent pas en public, il est difficile de trouver leurs photos sur Internet. Ils sont comme les services secrets, ils ont des missions secrètes…

http://youtu.be/lX1LZTIrDoE

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour Quatre grands journalistes parlent du DRS et toussotent…

  1. Inawid dit :

    Ce qui fait et fera toujours de ce monde une vallée de larmes, c’est l’insatiable cupidité et l’indomptable orgueil des hommes.
    (voltaire)
    Mais, en général, la plupart des hommes ne se portent à commettre l’injustice que pour obtenir les choses qu’ils convoitent. Dès lors, la cupidité est la plus grande source de l’injustice.
    (ciceron) Je n ‘ais pas resisté a l ‘envie de vous faire partager ces citations qui me semble resumé parfaitement la personnalité de ces imposteurs. .

  2. mourad dit :

    le gratin !!! gratin sabeh

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