L’héritage des hommes pourris (1)

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Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé, comme les fils des généraux Bentalha ou les enfants des ministres, etc., n’est que pure coïncidence. Aussi, il n’est pas dans les visées de cette histoire de nuire aux relations amicales que beaucoup d’Algériens ont tissées avec lesdits rejetons, et encore moins de mettre ceux-ci au ban de la société…

Boualem, à brûle-pourpoint :
— Tu sais bien, l’opinion de son père est calquée sur celle de la propagande officielle. Il est comme un miroir réfléchissant, il répercute fidèlement à sa façon ce que le pouvoir diffuse à la télé. Pour ces gens, la misère économique et sociale n’existe pas. Bonimenteurs impénitents, ils montent en épingle la prospérité financière, l’autoroute, les logements, la sécurité… Ils font feu de tout bois. Même les victoires de l’équipe nationale, c’est grâce à la clairvoyance du président ; la pluie que le Ciel nous envoie chichement c’est sa baraka. Imagine un peu, ça c’est l’une des meilleures, je l’ai entendue à la télé. Un jour, une de leurs groupies, bête comme une cruche, a affirmé sans sourciller que nous devrions remercier le président pour le café que nous consommons. Des âneries comme ça, le système en injecte tous les jours dans les crânes des Algériens. Et je passe sur le pataquès de Marmita et cie, des caricatures vivantes de ce qu’est devenu l’État. Et je ne parle pas non plus de leur lâche silence sur les disparus. Aucun de ceux qui se drapent de sagesse et de réalisme et parlent avec éloquence, aucun d’eux n’a été vu s’indigner ou s’insurger contre cette affreuse imposture. La propagande fait du peuple un troupeau de moutons, des pigeons… Tu as entendu avec moi ce qu’a dit le père d’Adel quand nous étions chez lui. La pauvreté, les fléaux sociaux, les fléaux sanitaires, les conflits ethniques, l’interminable feuilleton du terrorisme, la corruption endémique, le double standard de la justice, l’impunité des hauts responsables prévaricateurs, l’opulence indue des opportunistes, la dolce vita des sénateurs à la fonction si futile et toute la litanie des problèmes politiques et les scandales qui s’étalent dans la presse seraient un tissu de mensonges. Au mieux, des problèmes banals gonflés à mauvais escient par des ennemis de la nation. Il n’y voit que des phénomènes ordinaires qui existent dans d’autres pays. En un mot comme en mille, avec Bouteflika ou sans lui, il y en aura toujours. Il débite son discours comme s’il psalmodiait des versets. Il est convaincu que le gouvernement veille au bien-être du peuple, travaille d’arrache-pied — à quand une œuvre d’art montrant les ministres et les généraux en train de s’éponger le front, les langues tirées… autour d’un banquet fastueux ? — pour remédier à tous les problèmes, toutes les préoccupations. Nullement alarmé par les nombreux indicateurs qui clignotent dans le rouge, le père d’Adel comme toute la valetaille continue de profiter des largesses du système et de la faiblesse de la loi. Il ne manque pas d’imagination, il trouve toujours des parades pour couvrir les graves échecs du régime. Il se gargarise de victoires virtuelles, il reprend des slogans populistes, invente des arguments tirés par les cheveux, pour expliquer, justifier les problèmes qui torpillent les atouts de l’Algérie.

Brahim ne croyant pas ses oreilles eut un haut-le-corps. Il fixa Boualem et chercha dans ses yeux un sens à la tirade.
— Mais quelle mouche t’a piqué ? Pourquoi te prends-tu au père d’Adel ? Il soutient le régime, et alors ? Cela ne date pas d’hier. Adel est notre ami. Ne l’oublie pas. Son père malgré ses opinions politiques a droit au respect.

— Non Brahim, il ne s’agit pas seulement d’opinion… et notre amitié avec Adel est tronquée, elle manque de naturel. Je ne dis pas tout cela de gaîté de cœur. Parle à Adel, parle-lui en toute franchise. Il doit reconnaître, lui “le fils du pauvre”, que ce sont là les grands traits de l’Algérie actuelle, gouvernée par un système rigide, obsolète et que son père est un important maillon de la chaîne qui entoure toute l’Algérie. Il est majeur, à la fleur de l’âge, il est grand temps pour lui d’affronter la réalité. Il faut qu’il se prononce, qu’il ait une opinion franche et juste. Son père fait partie de establishment, il est mouillé jusqu’au cou dans la pérennité du régime moribond. Ça me travaille de ne pas parler politique en sa présence, de me taire ou de faire toute une gymnastique pour ne pas l’écorcher quand un sujet sensible est évoqué. Pourquoi le ménageons-nous ? Est-ce correct ? Je pense que le cirque a assez duré. J’ai l’impression d’être un hypocrite en jouant à la bienséance forcée… Quand il se lance dans ses explications sur les combines des aigrefins et les entrepreneurs malhonnêtes, je ne peux m’empêcher de penser à son père ou à des amis de son père. J’en ai plein le dos de l’entendre parler de la disparition des valeurs d’antan et de la cupidité des gens d’aujourd’hui. Quand je vois sa bonhomie, je pense à ses réussites obtenues grâce aux interventions de son père. Nous l’encourageons avec les “b’sahtek” (félicitations) alors qu’il doit tout à son père qui lui garantit le succès de ses affaires. Je suis certain qu’il aurait pu gagner sa place sans l’aide de son père, mais le bien dont il jouit maintenant, il l’a obtenu par la voie du mal. Nous savons comment lui et ses frères ont obtenu leurs situations confortables.

— Tu es de mauvais poil, ce matin, Boualem. Tu veux que nous rompions avec Adel pour les fautes de son père ? Qui te dit qu’il n’y ait jamais songé et qu’il ne se l’est pas reproché. Peut-être même il en souffre intérieurement. Malgré ce que tu dis, Adel est un type gentil, pieux et honnête. Jamais arrogant, malgré la haute fonction de son père et l’opulence de sa famille. Ce qu’il raconte, sur son expérience sur sa vie, jamais il ne le fait pour se vanter. Il a toujours été modeste et avenant. L’as-tu vu tirer orgueil de son travail dont nous devinons qu’il est lucratif ? Il en parle peu et quand il l’évoque c’est sur un ton impersonnel. Nous ne saurons jamais de lui s’il est calé ou non. Tout comme ses frères, il est bien élevé, posé, sympathique, intelligent. Et puis c’est notre ami depuis que nous étions tout petits. Non, moi, je n’irai pas le voir pour ça et je te conseille d’arrêter de broyer du noir. Oublie cette idée! Je ne veux pas que nous passions pour des traîtres.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour L’héritage des hommes pourris (1)

  1. Akli dit :

    Les chiens ne font pas des chats,La cupidité et la stupidité, c’ est inscrit dans leur genes ils n’ oseraient pas abandonner toute leur sale fortune pour retrouver une dignité perdue , ils nous meprisent comme nous les meprisons .Ils ont l’ apparence humaine, ils enfanteront a leur tour des monstres, sauf miracle la lignée des predateurs continuera a devorer du peuple Que sont ils sans le butin imbibé de sang de leur paternel leur a laissé?Que sont ils sans le fruit de la rapine de leur charognard de paternel ?, zero absolu ,ils n auraient meme pas été capables de faire le moindre effort pour meriter leur train de vie, Comme le bonobo , ils ne font qu’ imiter et faire semblant d’ etre heureux uniquement pour la galerie , uniquement pour frimer , mais au fond d ‘eux meme ils n’ ont ni ame,ni ,humanité, ni conscience ni une parcelle de sentiment .Le rat ne sait pas qu ‘il est un rat, c’ est leur juste punition

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