Le «mokh» s’en va et se débine du devoir de mémoire

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Les nouveaux colons

Parfois, les informations cachées entre les lignes d’un article de presse quelconque peuvent valoir une fortune. Les Anglais expriment ce fait par un adage populaire, ils disent : « Le diable est dans les détails. » Ainsi en est-il des informations, d’apparence anodine, sur le général Mohamed Touati dont la mise au rebut de l’histoire par le clan de Bouteflika vient de lui être signifiée par le journal officiel. Ce que l’on peut apprendre sur lui « à titre posthume » fait tout simplement volet en éclat l’image flatteuse que les relais de la sécurité ont véhiculée sur sa personne.

Le point le plus important qu’il faut soulever sur la personnalité de Mohamed Touati concerne sa double activité. L’Algérie de celui qui fut un des faucons de l’arrêt du processus électoral et un farouche défenseur de la politique de l’éradication (et de la terre brûlée) au bilan sanglant, n’était pas la seule au centre de ses intérêts. Il existe un amour caché dans sa vie, telle une maîtresse, jamais ébruité jusqu’à maintenant : l’argent. Le stratège de l’armée aime tuer les islamistes, bouleverser la vie publique, mais aime aussi  faire du business. Il fait des affaires dans l’immobilier, le bougre… Il doit être un homme riche, il a plus d’argent dans les poches que de galons sur les épaules… Et bien sûr, c’est un général intègre, il ne fera jamais valoir son haut rang et sa grande influence pour arracher des marchés… On ne s’attendait pas à celle-là. Lui l’intellectuel présumé, le mokh de l’armée, mercantile!? Bizarres. Pourquoi nos généraux ont-ils presque tous été mordus par le démon de l’argent ? Cette information n’est pas sans rappeler la minoterie de son ami le général Belkheir. On se doutait bien qu’il existait un noble motif de leur engagement patriotique de 1992…

Il paraît aussi qu’il n’a pas mis ses pieds dans son bureau à la présidence depuis dix-huit mois. Comment peut-on se passer aussi longtemps d’un conseiller, d’un stratège et d’un fin connaisseur des affaires politiques et militaires comme lui ? Soit que ses conseils ne valent plus un sou, soit que l’argent et le luxe inhérent l’ont tellement avachi que son cerveau s’est ramolli et ne fonctionne plus comme jadis ». Ou tout simplement, il a vieilli et ne sait plus prononcer deux phrases cohérentes. Ce qui est certain, c’est que la durée de dix-huit mois correspond à peu près au temps qui nous sépare de la catastrophe de Tiguentourine. Peut-être depuis la tragédie, il rase les murs…

Enfin, il aurait repoussé les instances de ses connaissances qui le conseillaient d’écrire ses mémoires. Lui qui a joué un rôle moteur dans la tragédie nationale refuse de léguer son témoignage sur le plus grand bouleversement politique qu’a vécu l’Algérie. On se demande alors si son niveau « intellectuel » ne lui permet pas d’écrire ou qu’il n’est pas fier de son lointain passé. La moindre évocation de sa vie avant l’Indépendance remuerait le coûteux dans la plaie et rappellerait les origines de la trahison des dafistes…

Quoi qu’il en soit, le départ peu flatteur du « mokh » marque peut-être la fin, en queue de poisson, d’une époque triste et cruelle, celle des généraux Bentalha. Il laisse derrière lui un goût amer, une frustration et une Algérie profondément meurtrie. Les cœurs de millions d’Algériens restent chargés de rancune contre lui et ses pairs. S’il s’en est tiré à bon compte, le mépris et l’opprobre le suivront jusqu’à la fin des temps et le tribunal de l’histoire ne manquera pas, un jour, de le juger. Lui est ses comparses.

http://www.elwatan.com/actualite/le-general-touati-dernier-opposant-militaire-officiel-s-en-va-05-09-2014-270243_109.php

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Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Le «mokh» s’en va et se débine du devoir de mémoire

  1. Belahreche dit :

    Mohammed TOUATI n’était pas DAF mais un gendarme de l’armée française durant la guerre de libération. Il était sous officier qui a fait des choses pas propres du côté d’Azzefoun lieu de sa naissance. A l’indépendance, il est instructeur auprès de la gendarmerie avant qu’il intègre l’administration au ministère de la défense et plus précisément dans le domaine de la santé. Certes, il est la caution intellectuelle des Dafistes sanguinaire mais aussi la plus éradicatrice.

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