«Toutes les informations secrètes que nous donnions au président Morsi étaient fausses»

srgsrt36552sert39 trgsrt36552sert40trgsrt36552sert39Aucune frontière morale n’arrêtera un général arabe des renseignements dans la quête du pouvoir. Cette vérité absolue vient de se confirmer en Egypte, terre des pharaons. A l’heure où, en Algérie, diverses sources parlent de l’entrée d’un criminel du DRS à la présidence avec la double casquette de conseiller présidentiel et surtout d’une prétendue « dissidence » du clan de rab Edzayer, un évènement de grande importance, révélateur du danger mortel que font encourir les services de renseignement à un chef d’Etat et son régime, a eu lieu au Caire. Alger doit en prendre de la graine avant d’entériner la nomination de barbouzes au passé noir dans le giron de la présidence.

Les déclarations choquantes d’un ancien haut responsable des Renseignements égyptiens ne laissent aucun doute sur la compromission active de leurs généraux dans l’élimination rapide de la première expérience démocratique jamais vécue en Egypte. L’espoir et les sacrifices de tout un peuple furent réduits en poussière en moins d’une année de complot par une gent militaire. Les services étaient en première ligne dans la conjuration.

Le général Tharwet Gouda, ancien haut responsable du service de Renseignements (1er photo), grisé par la réussite du coup d’Etat contre le président élu Mohamed Morsi et le retour du pouvoir entre les mains des militaires, ne cessera depuis de se gargariser sur les plateaux de télévision. Il vante à tout bout de champ le rôle des Renseigne.ments dans la victoire contre les frères musulmans. Les révélations accablantes jusqu’à la nausée qu’il fera sur le président déchu et les frères mettent en relief le cynisme et l’absence de vergogne d’une coterie militaire longtemps tenue à l’écart par Moubarak grâce à l’argent de la corruption. Pour le matamore du « DRS » égyptien, le président Morsi, en détention, personnifiait le mal absolu et le tient coupable d’une série de crimes politiques dont les plus graves ne sont pas les moins risibles. Fait unique dans les annales des chefs d’Etat déchus, Morsi fut accusé « d’intelligence » avec un ennemi que les Egyptiens n’ont jamais soupçonné, en l’occurrence le mouvement palestinien Hamas…

Si jusque-là ses interventions manquaient d’intérêts et visaient seulement à diaboliser Mohamed Morsi, à entretenir la haine contre lui, il en va autrement pour sa récente déclaration. Pris par son élan de verbiage, il avoua un secret très grave qui s’est rapidement retourné contre lui. Le Général Gouda avait affirmé, sans ambages, que son service n’a fourni aucune information authentique au président élu Mohamed Morsi avant le coup d’Etat. En clair, tous les rapports qu’ils lui ont transmis étaient falsifiés, des tissus de mensonges. Motif invoqué si l’on suit le fil de ses accusations: une activité « douteuse » du président qui était, selon plusieurs sources, sur écoute durant tout son règne éphémère. Un motif, bien sûr, illusoire puisque dès le premier jour les Services n’avaient jamais coopéré avec le président et avaient décidé de lui cacher la réalité du terrain.

L’aveu explosif a fait scandale dans l’opinion au point où le général fut obligé de se dédire. Peine perdue, le journal égyptien Elwatan qui a publié ses déclarations a assuré que ses propos sont authentiques et détient un enregistrement audio pour le prouver. La conduite perfide des services secrets égyptiens envers un président n’est pas nouvelle, le monde arabe a vu pire ; Mohamed Boudiaf… Le fait marquant de cette haute trahison est qu’elle soit étalé au grand jour et assumé de l’intérieur même des Services. Leur arrogance et leur mépris de la loi du fait qu’ils n’obéissent à aucun principe militaire, à aucune valeur morale les contraignant à la réserve, à la loyauté et au dévouement au service de la patrie. Le seul code d’honneur qui dirige leur vie est fondé sur un fanatisme de la violence jusqu’à la prise du pouvoir et la mise en place d’un régime fantoche.

Un jour, raconte dans le même entretien le général, il a conseillé au général Raafat Shehata, le puissant patron des Renseignements égyptien (2e photo), d’oublier le serment solennel de fidélité et de dévouement qu’il a prêté devant le président Morsi sous l’œil des caméras de télévision. « Les serments ne sont pas faits pour nous », lui avait-il affirmé.

Sources :

El Djazeera
http://www.aljazeera.net/news/arabic/2014/9/19/

Compte Facebook du journaliste Mahmoud Mourad :
https://www.facebook.com/Mourad.EG/posts/773793969334034?fref=nf

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour «Toutes les informations secrètes que nous donnions au président Morsi étaient fausses»

  1. on dit que les islamistes sont les pires barbares que la terre ait connu mais pour ceux qui avaient encore des doute sur la nature sanguinaire jamais egalé des militaires arabes sont peut etre convaincu , je dis peut etre parce que que ceux qui ont applaudis le genocide durant la dec ennie noire en algerie ou ailleurs ont depassés en cruauté les entrepreneurs de l horreur, j ai cité tout ceux qui portent un uniforme et leur larbins enragés..

  2. aghilas-koseila dit :

    azul fellawen,
    dans le monde diabolique,machiavelique du monde boulitique. tout est possible.,des reniements,des retournements incroyables.tous ces desinformations,ces dechirements affaiblissent non seulement les hommes du serail mais tout le peuple,le tient dans sous developpement quasi permanents.
    tanmirt ar timlillit.

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