Contre indépendance, Ferhat Mehenni propose à l’Occident une armée kabyle plus efficace que l’ANP !

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Kabylo-sionismeAvant de commenter sans concession l’article de Ferhat Mehenni publié le 1er octobre dans le journal le Monde, je tiens à dire que j’ai la plus haute estime de la Kabylie et que les meilleurs et les plus honorables de mes connaissances sont Kabyles. Leur courage et leur droiture sont à l’image des montagnes imposantes de Djurjura.Toutes les ethnies et toutes les communautés possèdent ses hommes dignes et sa racaille, mais les Kabyles que je connais ne m’ont jamais déçu. Enfin, il est peut-être utile de préciser que je descends moi-même d’une tribu berbère pour dire qu’en Algérie, «netel3ou nehabtou, nous sommes tous des frères et soeurs».

Cela fait un bail que je n’ai pas appris des nouvelles de monsieur Mehenni. À dessein. Je considérais et je considère toujours que ce monsieur ne mérite aucun intérêt, la source de tous les problèmes algériens, à mon sens, demeure l’hégémonie des militaires qui ont fait main basse sur l’Algérie et ses richesses. Le terrorisme et l’islamisme radical décriés dans une moindre mesure dans le blogue constituent également un danger plus urgent pour l’Algérie.

Cependant, à la faveur de l’intervention dans ce blogue de l’un des partisans actifs de l’autonomie, le hasard a voulu que je tombe sur un article de Ferhat Mehenni publié aujourd’hui sur les colonnes d’un grand journal français : le Monde. Dans l’article, j’ai mesuré avec consternation la grande distance que monsieur Mehenni a parcourue depuis quelques années dans le chemin fangeux de la trahison à son pays et à l’histoire de ses ancêtres. Plus j’avançais dans la lecture plus mon indignation augmentait. Dans les trois dernières lignes m’attendait l’apothéose : Ferhat Mehenni demande le soutien de l’Occident pour accéder à l’indépendance de la Kabylie. En échange, il propose tacitement et sans vergogne ses services  de combattre l’islamisme dans toute la région. Il veut transformer les Kabyles en supplétifs de l’Occident et jouer au gendarme. Un seul nom m’est venu à l’esprit : le « général en chef » Mohamed Bellounis.

Si l’allégeance qu’il propose depuis longtemps à l’Occident et pour laquelle il a tissé des liens avec l’État d’Israël a connu un développement remarquable à telle enseigne qu’elle s’est muée en servilité choquante pour tout Kabyle digne et fier, force est de constater que l’intellect de Ferhat Mehenni a subi quelques dégradations navrantes depuis le temps où il a commencé à prêcher la cause de l’autonomie. Des négligences fortuites ne peuvent expliquer les contradictions qui marquent son article.

La Kabylie, rempart contre l’islamisme et bastion des fiers rebelles contre le pouvoir. Oui, mais les Kabyles sont armés ou non ? Il faut savoir !

Passons la manie de parler au nom de tous les Kabyles comme s’ils étaient alignés en rang d’oignon derrière lui, ça sent la démocratie à plein nez chez lui. Le rapport de la Kabylie qu’il établit avec l’islamisme et le terrorisme mérite par contre un petit arrêt. Il dit dans les premiers paragraphes que le « peuple kabyle » abhorre l’extrémisme religieux, qu’il est de nature laïque et tout le bataclan pour plaire à l’Occident, mais surtout il était le premier à avoir pris les armes contre l’hydre terroriste pendant la décennie rouge. Lui, il ne sent rien en idéalisant sa communauté, mais les béni-aârbiches et les béni-chaouichya que nous sommes, faisons instantanément une conclusion sur nous-mêmes. Ou nous sommes des pétochards nés qui se laissaient zigouiller comme des moutons ou bien nous sommes complices avec les terroristes. C’est le message qu’il a envoyé à la France. Il établit un contraste quasi raciste entre la Kabylie et le reste de l’Algérie. La bravoure génétique des Kabyles bien mise en évidence, monsieur Mehenni la renforce ensuite par d’autres qualités séculaires propres au « peuple kabyle ». Culture, solidarité, esprit communautaire, laïcité, la palette est large. De quoi gonfler l’ego des opposants radicaux au système et les laissés-pour-compte et leur faire comprendre qu’ils sont un peuple élu… Pour lui, en Kabylie, il n’y a ni terrorisme (il concède l’existence de quelques-uns, des marginaux…), ni traître, ni monstre, ni saint musulman, ni ferveur religieuse ; les assassins d’Hervé Gourdel ne sont certainement pas des Kabyles.

Curieusement, au fil du réquisitoire, la bravoure des Kabyles s’effiloche. Elle vire vers le pacifisme et l’impuissance face aux terroristes et à l’armée. Les deux ogres écument leurs montagnes contre leur gré et, reconnut-il, les valeureux Kabyles n’y peuvent rien. Ils subissent la violence des uns et l’occupation des autres. Ils ne peuvent pas se défendre et ne peuvent même pas défendre leurs hôtes étrangers… Mais pourquoi cette passivité ? La réponse tombe comme un couperet sur ses allégations : les Kabyles ne sont pas armés. Mais, où sont passées les armes dont vous avez parlé au départ, Monsieur Mehenni ? Où sont la conscience supérieure et la vigilance active des Kabyles ? Si vous subissez la violence de l’armée et du terrorisme, pourquoi le baratin? Bienvenu parmi les aârbiches et les chaouichya… Nous subissons tous les deux violences.

Un autre point édifiant à relever. En matière d’accusation du pouvoir, Mehenni y va fort. Lorsqu’il s’agit de sa Kabylie, il ne prend pas les précautions d’usage que devrait observer tout bon politicien dans ses déclarations. Pour lui toute la violence qui a pour théâtre sa terre natale y compris la décapitation de l’alpiniste français émane de la volonté du pouvoir algérien. Ce dernier veut soumettre la Kabylie et lui faire payer son irrédentisme et sa rébellion. Allant plus loin, les actes terroristes sont des messages pour l’Occident. Bouteflika et cie – brave comme il est, il n’impliquera pas les généraux ni le DRS – voudrait confondre aux yeux de l’Occident les Kabyles et les terroristes. Même s’il est difficile de croire à ce scénario après la disparition de Smaïn Lamari, de Mohamed Lamari et l’affaiblissement de leurs généraux cerbères, bienvenu parmi les « qui-tue-qui », M. Mehenni

Reste maintenant à savoir qui va gagner la grâce et le soutien de l’Occident, le méchant Bouteflika qui commandite des massacres ou le futur président supplétif du GPK qui a promis d’éradiquer l’islamisme de la Kabylie et bien au-delà ? Les paris sont ouverts.

 http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/10/01/la-kabylie-est-une-terre-de-resistance-a-l-islamisme_4498092_3232.html

N.B. avant de publier ce billet, j’ai vérifié à deux reprise que l’article dans le monde a bel et bien été signé par Farhet Mehenni. Je doutais de faire une erreur. C’est bien lui qui insulte toujours les Algérien et idéalise plus que de raison la Kabylie.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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5 commentaires pour Contre indépendance, Ferhat Mehenni propose à l’Occident une armée kabyle plus efficace que l’ANP !

  1. Ouas Ziani dit :

    Et pourtant, dans les rangs de l’anp, ce ne sont pas les kabyles qui manquent

    • Anadsiman dit :

      Ce n’est pas en insultant notre président M.Ferhat Mehenni que vous allez détourner les kabyles libres de leur volonté inébranlable de libérer la nation kabyle du joug arabo-intégriste d’Alger.Le peuple kabyle que vous enfermez dans une parenthèse ,suprême insulte à l’un des peuples les plus homogènes du basin méditerranéen,est soumis à politique criminelle de dépersonnalisation par l’arabisation forcée et la ré-islamisation au nom de l’Algérie »une et indivisible » sur le dos du peuple kabyle.Les kabyles conscients savent qu’ils subissent un génocide identitaire depuis 1962 et même avant.Libérer la nation kabyle du joug arabo-intégriste d’Alger est un honneur et un devoir pour tout kabyle libre.La cause que défend le MAK est une cause juste et inattaquable sur le plan du droit international,il ne reste qu’à convaincre les kabyles indécis,inconscients,hésitants,bref tous ceux qui ont peur de séparer de nos bourreaux arabo-intégristes d’Alger.

      • Anadsiman dit :

        « Les kabyles ne sont pas meilleurs que les arabes,ils sont différents » dixit Ferhat Mehenni (in La question kabyle).Les sarcasmes,les mensonges,les raccourcis,la désinformation et le insultes n’entameront pas la volonté des kabyles libres à lutter pour arracher leur droit à vivre libres avec leur langue,leur culture,leurs traditions,leur civilisation et leur mémoire sans subir le génocide identitaire du l’État central.
        Qu’est-ce qu’un peuple? C’est une communauté de destin ayant une langue ,une culture ,des valeurs propres,communes.Les kabyles constituent un peuple part malgré votre négationnisme stérile et débile.Oui nous sommes un peuple sans État et la Kabylie une nation sans souveraineté,deux graves anomalies auxquelles les kabyles se doivent d’y remédier sous peine de disparaitre à jamais dans le moule arabo-intégriste.

  2. Mounafeq dit :

    @ Ouas Ziani
    Heureusement que les kabyles ne manquent pas dans l ‘ANP

    @ EEC

    Pour les lecteurs du blog un cri du coeur d’un illustre Kabyle et neanmoins algerien jusqu’au bout des ongles mais inconnu dans son pays par la faute d’un pouvoir imbecile !

    JEAN AMROUCHE

    Je ne peux pleurer qu’en kabyle

    Je suis Algérien, c’est un fait de nature. Je me suis toujours senti Algérien. Cela ne veut pas seulement dire que je suis né en Algérie, sur le versant de la vallée de la Soummam, en Kabylie, et qu’un certain paysage est plus émouvant, plus parlant, pour moi, que tout autre, fût-il le plus beau du monde. Qu’en ce lieu j’ai reçu les empreintes primordiales et entendu pour la première fois une mélodie du langage humain qui constitue dans les profondeurs de la mémoire l’archétype de toute musique, de ce que l’Espagne nomme admirablement le chant profond. C’est cela et bien plus : l’appartenance « ontologique » à un peuple, une communion, une solidarité étroite de destin, et par conséquent une participation totale à ses épreuves, à sa misère, à son humiliation, à sa gloire secrète d’abord, manifeste ensuite, à ses espoirs, à sa volonté de survivre comme peuple et de renaître comme nation.

    J’étais, je suis de ce peuple, comme il est mien. A l’intérieur de ce sentiment, il y avait un pressentiment, une intuition si profondément vécue dans le for intérieur que je désespère de le traduire en clair : que tout ce que je pourrais dire durant ma vie, paroles de bouche ou paroles écrites, ne serait jamais que l’expression d’un discours antérieur à moi, préformé dans un passé lointain, mais vivant en moi, nourri par une tradition, une sagesse, une conception de la vie et de l’homme qui sont le trésor inaliénable et sacré de mon peuple. Il s’est trouvé que par grâce j’ai reçu ma part de ce trésor et que, en dépit de la distance, du temps, du déracinement, la communication entre moi et la source originelle ne fut pas rompue.

    Au contraire, à travers mes lectures, mes voyages qui furent chacun autant de lectures, mes amours et mes rencontres – dont certaines sont illustres et m’ont profondément marqué – mon chemin m’a toujours ramené vers cette source cachée qui est pour moi quelque chose qui ressemble aux mères dont parle Goethe.

    Mais, revenant vers ma source, je l’entends chanter dans une harmonie plus complexe et plus vaste, faisant dialoguer en moi la voix des ancêtres avec d’autres voix de l’homme, plus belles peut-être, plus riches, mieux travaillées, mais qui en provoquant en moi les mêmes somptueuses fêtes de l’esprit n’atteignaient pas cette fine pointe, cette jointure où le domaine d’Animus cède la place en nous au domaine d’Anima, pour rappeler la célèbre parole de Claudel. Un ami, qui est dans cette salle, m’avait dit récemment une parole bouleversante, que je tiens pour un don sans prix, car elle éclaire ce que je ne sais pas bien dire : « je ne peux pleurer qu’en kabyle ». Cela veut dire qu’il y a pour chacun de nous un langage des langages, qui seul fait pleurer notre âme, qui est seul, pour nous, ce langage de l’âme pour l’âme dont parlait Rimbaud (…) ».

  3. TBK dit :

    a l’administrateur du blog, commencez enfin ,si vous en avez le courage, et continuez en permanence a évoquer les juifs membres de la secte satanique talmudique qui ont fait tuer entre 10 a 16 millions d’algériens musulmans de 1830 a 1962 sans compter le rabiot depuis 1992. M’Henni est un juif et un pouvoir juif a été installé depuis 1962 par le juif DE GAULLE,serviteurs des Rothschild,, il s’agirait quand même d’en parler et non pas de continuer a vendre du vent. Quand a la « Kabylie » n’ayez crainte elle a ses maîtres qui ont toujours ecarté les juifs sionistes tels que Ait Ahmed, Saadi et M’Henni etc… Et ils ‘en occuperont toujours même si cela n’est pas trop visible.

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