Les crimes oubliés par «les observateurs»

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srgsrt36552sert50Quand une dictature règne trop longtemps sur un peuple, elle le broie, le fragilise, le déracine. Elle galvaude son patrimoine, confisque son histoire et subverti ses valeurs, soudoie les intellectuels vénaux, marginalise ou réprime les autres, sème la corruption, enracine les discriminations, déshumanise ses élites et son armée, le fragmente en plusieurs entités adverses et les dresse les uns contre les autres, crée des tensions entre des pans, des quartiers, des régions, fomente et exacerbe des litiges… Le peuple se laisse guider et ne contrôle rien. Les seuls droits qu’il revendiquera sont d’ordre biologique. Un minimum de bouffe et un toit cache-misère.

En parallèle à ce calcul de mercanti, tramé dans l’ombre, le régime tyrannique s’auréole d’une couronne de saint et s’attribue le rôle d’unificateur et de sauveur devant le monde entier. Il martèle dans ses médias qu’il est le garant de l’unité du pays et de l’intégrité de son territoire. Il proclame à tout vent qu’il constitue le seul refuge contre les graves dangers auxquels le pays est exposé.

Dans la réalité le tissu ou le ciment qui retient le peuple uni est déjà détruit. Sous les dictatures, le pays est vulnérable, l’unité fragile et la cohésion virtuelle. Le moindre bouleversement politique abouti vite vers le chaos. C’est le moment de voir l’ampleur des dégâts et le temps perdu.

À ceux qui crient au complot contre la Libye, l’image des massacres horribles perpétrés par les soldats du dictateur fou El Kadhafi rafraîchira peut-être leur mémoire. L’image de corps calcinés n’est qu’un tout petit échantillon de ses crimes horribles. Quand une dictature insuffle assez de haine à l’armée ou à une partie de l’armée, celle qui lui assure le contrôle du peuple, à lui enlever toute conscience pour la prédisposer à commettre toutes les horreurs, il n’y a plus de pays, plus de peuple et plus d’unité. Le chaos et les guerres seront fatals. Le peuple ou les lambeaux du peuple sont prêts à toutes les aventures, pourvu que leur martyr cesse.

L’Algérie a pris le même chemin de toutes les dictatures qui sont tombées pendant le printemps arabe. Elle en a les mêmes symptômes. Malgré tous les signaux d’alarmes et les leçons, le régime persiste dans son aveuglement. El Khbar yjibou twala.

Tripoli. L’horreur des charniers – Paris Match

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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3 commentaires pour Les crimes oubliés par «les observateurs»

  1. idhourar dit :

    Les despotes charognards se soutiennent reciproquement, ils sont solidaires dans leur barbarie.

  2. Condor dit :

    seul un aurait regretté Kadhafi: celui qui était pendant plus de six (06) ans comme chef du BS/Tripoli (début des années 1980) avant d’être rappelé à la Présidence, par Chadli. En tout cas, il a eu sa part du butin de guerre: des tonnes d’or et des 4×4 bourrées de dollars interceptées par ses sbires à Djanet et conduites sous escortes et par avions milit… vers Alger.

  3. Bonny dit :

    Seul Tartag aurait regretté Kadhafi !

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