La police mord à l’hameçon de la police politique

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gfhdfthdfgIls finiront par le payer cher, cette manifestation « historique ». Au pas de charge, ils ont battu le pavé avec leurs rangers, fait trembler la République. Ils ont joué aux Rambo en tenue de combat et ont osé revendiquer l’impensable. Ils demandaient la tête du général-major Abdelghani Hamel. Preuve, s’il en est, qu’ils étaient gonflés à bloc. Mais avant tout, leur audace, inimaginable, a été de commettre un sacrilège grave. Ils ont foulé aux pieds la sacro-sainte loi de l’obéissance au chef, une loi fondamentale, vitale, observée par la police et les armées du monde entier. Quel est cet État moderne, sérieux dans lequel les forces de sécurités, corps où la discipline et l’obéissance sont impérieuses, se révoltent contre l’autorité et choisissent à leur guise le patron ? Veulent-ils jeter le pays dans l’inconnu ? Cherchent-ils à répandre l’arbitraire et le laisser-aller et les ériger en culture nationale comme l’a été la corruption?

Advenant qu’elle soit spontanée, la manifestation des policiers n’est pas moins un acte de désobéissance grave, rarement vu ailleurs. Céder aux revendications sous l’effet de ce coup de force revient à mettre l’État algérien sous leurs bottes. Satisfaire leurs exigences sociales et en priver le reste de la société n’est rien d’autre que du vol qualifié et de la discrimination. Une de plus. Les médias et les politiciens qui ont gardé une attitude conciliante, neutre, ou de lurons amusés risquent un jour de mordre leurs pouces. Si la police commence à faire sa loi, c’est que la déliquescence de l’État a atteint un point de non-retour. Les choses n’ont d’autres issues que de se développer dans un mauvais sens.

Les policiers ne sont pas des enfants de chœur, leurs revendications ne sont pas liées à l’Etat de droit. Dans un pays non démocratique, ils ne méritent ni respect ni compassion. Comme l’armée, ils trainent trop de casseroles. Ils sont des exécutants , le bras séculier d’un pouvoir autoritaire, inique. Aujourd’hui, ils sont manipulés à leur tour,  des marionnettes dans la nouvelle version du jeu « Pouvoir contre pouvoir ».

La protestation des policiers doit faire craindre le pire, elle ne prouve quoi que ce soit de bien. Elle n’est pas le signe d’un malaise social chez les policiers qui sont les mieux nantis parmi les couches sociales algériennes, mais le dernier avatar d’une guerre intestine sans merci qui bascule  de plus en plus sur la place publique. Doucement, mais sûrement.

Fin tacticien, le maître des suppôts sort ici un grand jeu, mais sans se dévoiler. Le clan Bouteflika l’a tout de suite senti et a cédé aux principales revendications des policiers pour amortir l’attaque quitte à tout annuler ou à renier ses engagements plus tard. Il a l’habitude. Pour le moment, les tuteurs du président contrôlent l’escarcelle et ont décidé de résorber la colère des policiers avant qu’elle ne fasse tache d’huile. Ils ont toutes les raisons de penser qu’elle n’est pas tombée du ciel. Elle fut instiguée. Par qui ? Ils ont une petite idée, mais préfèrent jouer le jeu du surpris.

Selon El Khabar, Bachir Tartag, l’ancien chef des escadrons de la mort et nouvelle recrue du clan présidentiel, a été mandaté pour enquêter sur cette question sensible. Et c’est là que le maître des suppôts va encore, peut-être, frapper. Si Ghoul Benaknoun pointe du doigt son ancien patron, la thèse de la rupture, la dissidence et la « trahison » entre les deux barbouzes, serait confirmée. Autrement, Rab Edzayer restera Rab Edzayer comme toujours : un maître-manipulateur devant l’Éternel et l’humanité…

http://www.elkhabar.com/ar/politique/429557.html

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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