Les flics redefinnisent les rapports de force (1)

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srgsrt36552sert63Avant de commenter en profondeur la manif des poulets à la main lourde, il y a lieu de faire un petit rappel. On ne le répétera jamais assez, dans un pays géré par la psychose, le danger permanent, le terrorisme résiduel, les responsables providentiels, les mandats à vie, l’opacité, l’informel, etc., la prudence est de mise. Nul complexe dans l’excès de défiance, un chat échaudé craint l’eau froide. L’Algérie a connu des pluies de mensonges politiques et de manipulations. Touchée dans sa chair par des tragédies épouvantables, elle vit au quotidien l’imposture et l’empire de populisme qui avec l’apparition des fakakir, a connu sa version vulgaire… Dans ce contexte misérable, déprimant, les informations, les déclarations, les rumeurs ébruitées, démenties ou non que le pouvoir et ses relais distillent à l’opinion, doivent être épluchées avec grand soin. Autrement elles sont nulles et non avenues. Rien ne doit embarquer dans le cerveau avant de passer sous le portique de détection des mensonges et être sondé avec la plus grande vigilance.

Général-Major Bachir Tartag

Étrange nomination qu’est la sienne. Alors que la guerre entre les deux clans venait de connaître son plus chaud épisode et que les observateurs comptaient encore les victimes abandonnées sur le champ de bataille, le général-major Tartag, ce grand tueur à sang froid, légende urbaine au même titre que les membres de l’OJAL… pour les éradicateurs sanglants, a fait un retour fracassant sur la scène publique. Donné pour un paria après qu’il fut délogé sans ménagement de la tête de la DCRI pour fautes professionnelles graves en automne 2013, il est récupéré par les tuteurs du président qui le recyclent dans la politique. Ils l’ont adoubé dans le sillage des élections présidentielles et l’ont élevé au prestigieux poste de conseiller du président.

Sitôt Tartag nommé, une avalanche de mauvaises nouvelles déboule sur l’Algérie. Des attentats sanglants contre l’armée algérienne ont défrayé la chronique. La plus meurtrière s’est produite à Iboudrarène en Kabylie. Des militaires, résidu de la meute des éradicateurs, et quelques journalistes dont la « grande » Salima Tlemçani, avaient alors fait allusion à la responsabilité du chef de l’État-major, une première en Algérie. La mort d’un joueur camerounais à Tizi Ouzou avait jeté le monde sportif et la Kabylie dans une profonde consternation. La reprise des hostilités à Ghardaïa brisait les minces espoirs des Algériens de voir un dénouement définitif à ce conflit fratricide. La décapitation d’Hervé Gourdel avait remis les maladies de l’Algérie sous les feux de la rampe. Les étranges manœuvres malhonnêtes du ministre de la Communication Hamid Grine contre le grand journal El Khabar ont de nouveau nourrir l’inquiétude et la suspicion dans l’opinion publique. Et enfin, la toute dernière mauvaise surprise : la manifestation des CRS et la non moins étonnante revendication du départ du Directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, sont tombées comme un pavé sur la tête de tout le monde.

On ne sait si la déveine qui pourchasse toujours Bachir Tartag, mais force est de constater que chaque fois qu’il est investi d’une mission, les catastrophes arrivent comme par un sortilège puissant. Il n’avait rien prévenu ni paré aux dangers sécuritaires. Depuis l’affaire du wali d’Illizi kidnappé et déporté en Libye, des diplomates pris en otages à Gao, du terrorisme « résiduel » qui endeuille par intermittence l’Algérie et enfin l’attentat meurtrier de Tiguentourine qui pendant longtemps avaient fait les choux gras des médias du monde entier…, l’Algérie, avec lui, en avait vu de toutes les couleurs.

Loin du DRS, il n’est pas question de lui imputer la responsabilité de la manifestation de policiers. En revanche, il y a lieu de se poser de sérieuses questions sur les raisons qui ont présidé à son choix à la tête d’une commission chargée d’enquêter sur la fronde des forces de sécurité, un évènement si grave que des journalistes n’avaient pas hésité à dire que la République avait tremblé sous leurs bottes. Trop de flous entourent la manifestation. Des cerveaux ont dû la préparer dans la discrétion la plus complète. Qui sont-ils ? Question existentielle pour le régime qui tarde à mettre la tête du serpent hors d’état de nuire.

Était-il sage de confier une mission délicate à un ancien suppôt de Rab Edzayer ? Un pari fort risqué pour le clan présidentiel. Surtout, qui l’a choisi ou qui a insufflé son choix ? L’exemple du général Sissi simulant la pleine obéissance et la dévotion la plus ardente a bondi comme un fauve sur le président Morsi devant lequel il a faut le serment de le servir… Si jamais, Ghoul Benaknoun et ses alter ego Kherfi et Ouyahia dissimulent des ambitions secrètes, la lumière autour de la conspiration qui a précédé la mutinerie des policiers restera sous les boisseaux laissant enfler le danger du retour des barbouzes aux commandes du pays.

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour Les flics redefinnisent les rapports de force (1)

  1. Encore et toujours ce n’ est qu’une mise en scene de mauvais gout, une enieme mise en scene, tout ce remue menage , l ‘essentiel pour les veritables maitres du pays, c ‘est de garder le pouvoir et les richesses, qu ‘importe le flacon pourvu qu’on ait l’ ivresse, a dit le sage.

  2. Mohand Oukaci dit :

    L’Algérie d’aujourd’hui ressemble à une jungle ou à une immense zone de non-droit. « Tag Ala Men Tag , Ma Yeslek Ghir Li Twil Laâmar » comme on dit chez nous.La seule loi qui y règne dans notre pays, c’est la loi de la jungle, où le faible est la proie du plus fort, où la force fait le droit.Les forts sont exemptés du respect de la loi et décident unilatéralement à qui la loi doit ou ne doit pas s’appliquer.Les puissants sont libres d’utiliser la violence et l’intimidation pour contraindre les faibles et les soumettre à leur guise.L’Algérie est victime de la mafia politico-militaro-financière qui la dirige et qui a pris racine avec l’avénement en 1979 au pouvoir suprême du duo Chadli Bendjedid-Larbi Belkheir.Ce sont ces deux « stratèges » militaires quasi-analphabètes,pseudo-nationalistes et ayant accédé au pouvoir par un concours de circonstances qui ont programmé doucement mais sûrement la descente aux enfers de l’Algérie.

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