Mohamed Khelfaoui du DRS : «L’armée n’est qu’un instrument de la sécurité…»

srgsrt36552sert88Khkjgkaerf57Parmi les milliers de titres actuellement exposés au Salon international du Livre d’Alger (SILA), Salima Tlemçani, ouverte d’esprit, instruite et fureteuse comme à on peut l’imaginer, a eu un petit coup de cœur pour un livre spécial. Quoique… Sous son charme, elle ne put lutter contre l’envie de lui réserver un article entier et à répandre les effluves de ses vertus à un large public. Sans oublier, en passant, de le recommander aux lecteurs d’El Watan. Le livre n’est en effet pas ordinaire pas plus que son auteur plus ou moins connu sur la place publique.

La particularité de Mohamed Khelfaoui, l’auteur du livre, n’est pas d’être un écrivain doué ni d’être un intellectuel reconnu, mais comme c’est la coutume en Algérie, il fait partie d’une caste dont la valeur et l’influence sont plus importantes que celles du reste des forces vives : il est officier supérieur à la retraite du DRS. Monsieur Khelfaoui, pour ceux qui l’ignorent a commencé à se faire connaître depuis quelque temps. À chacune de ses interventions, il prêta main-forte au général Mediène et se dressa contre le pouvoir de Bouteflika. Ses entretiens télévisés sont plutôt musclés et ses positions radicales n’autorisent pas des remises en cause. Ainsi un jour, interrogé sur la bourrade de Saâdani, contre son patron, en janvier dernier, il s’est tellement emporté contre le drabkki qu’il s’est embrouillé et balbutia n’importe quoi. Il ne voulait même pas prononcer son nom comme si il allait se souiller… L’expert atrabilaire a aussi publié des articles, des entretiens dans la presse, certainement de la même veine, dans les journaux. Bref, dans toutes les questions sécuritaires et les sujets sensibles, le sieur Khelfaoui vient en renfort à Mohamed Chafik Mesbah sans pour autant posséder sa tolérance ou sa politesse et encore moins son langage châtié.

Le sujet du livre intitulé «Le renseignement, enjeu d’une guerre silencieuse»  quant à lui, sans surprise, est un hymne à la gloire du DRS. L’auteur prétend, d’après la plume bienveillante de Tlemçani, raconter l’histoire des Services de renseignement en général et ceux de l’Algérie en particulier. Jusque là rien de particulier ; on s’interroge de l’intérêt que Tlemçani a porté à ces banalités. Enfin le passage le moins ennuyeux de l’article en revanche, c’est quand la journaliste laisse croire que Khelfaoui a esquissé une nouvelle vision des services secrets. D’après lui, la barbouzerie algérienne avait exsisté au début de la colonisation française. Les ancêtres du DRS auraient accompagné les luttes contre la présence française. Pas possible ! Il y aurait eu des barbouzes algériens pendant la conquête de l’Algérie ? Voilà qui serait nouveau pour les profanes. C’est la première fois que l’on entend une histoire pareille. Il faut attendre la réaction des historiens si jamais il daignent donner de l’importance au livre de Khelfaoui, pour avoir le cœur net. Cependant, sans attendre un démenti ou une confirmation, on peut d’ores et déjà affirmer que les barbouzes ancêtres de nos barbouzes, s’ils existaient à l’époque, n’ont eu aucun effet sur le cours de l’histoire…

Le clou du spectacle que Tlemçani dans son article n’a pas su cacher ou, au contraire, a voulu le mettre en valeur, se situe dans une déclaration absolument stupéfiante. Pour Khelfaoui, « L’armée, dont la mission principale est la protection du territoire, ne constitue que l’un des instruments de la sécurité. » Ainsi, par un effet de vases communicants, la diplomatie secrète qu’il évoque, mais surtout les services de renseignement, autrement le DRS, ont autant de poids stratégique et opérationnel que l’armée tout entière. De là on comprend pourquoi seulement en Algérie, les SR ont pris une si grande importance et se sont déployés partout, construisant des complexes dans toutes les wilayas et squattant tous les rouages de l’État, transformant les ambassades en garnisons et faisant trembler les fonctionnaires. C’était pourtant simple à comprendre, ils s’imaginent être les vis-à-vis de l’armée. Pourquoi pas, en effet n’ont-ils pas le droit de prétendre à cette incommensurable importance ? N’ont-ils pas fait disparaître 20 000 jeunes suspects et les ont effacés de la mémoire collective?  Sans eux, l’armée ne pouvait l’accomplir…

Outre cette revendication sans précédent dans l’histoire des SR, le livre de Khelfaoui a brillé par une autre particularité. Il a shunté tous les faits d’armes qui ont fait sa réputation durant la décennie rouge. Si l’on se fie au résumé de Tlemçani, aucune défaillance, aucun abus, aucun échec cuisant et aucun crime commis par des agents du DRS n’ont été jugés dignes d’être signalés dans le livre. Abane Ramdan, les Historiques, Boudiaf… Silence radio… En définitive, le livre de Khelfaoui représente bien la mentalité de celle qui lui a donné un intérêt. Elle n’est pas du genre à faire un article neutre sur « Les chroniques des années du sang » de Mohamed Samraoui ni « La Sale Guerre » de Habib Souadia où les SR sont le cœur du sujet.

http://www.elwatan.com/actualite/un-ancien-officier-du-drs-demystifie-le-service-du-renseignement-02-11-2014-276351_109.php

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Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Mohamed Khelfaoui du DRS : «L’armée n’est qu’un instrument de la sécurité…»

  1. Bonny dit :

    C’est les tueurs du DRS qui ont massacré près de 250 000 algériens pour que ce régime criminel demeure en place et le criminel Nezzar met la main sur 13 hectares de terre à Bouchaoui(Ouest d’Alger) !Ces tueurs se sont aplatis aux puissances occidentales pour échapper au Tribunal Pénal International !

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