Ennahar, un député puissant et un officier de police impliqués dans la falsification de document et du scrutin

srgsrt36552sert91

lkjrg654erLe 17 avril dernier était un jour mémorable pour l’Algérie. Un jour historique que nul pays au monde n’a vécu. Un homme à peine fonctionnel physiquement, paralant avec grande difficulté, ne pouvant pas discourir, ni sourire, ni marcher, ni faire campagne, sans possibilité d’amélioration, devait passer l’épreuve des élections pour prolonger sa présidence d’un 4e mandat. Malgré ses lourds handicapes, le système l’a imposé. Abdelaziz Bouteflika a réussi à passer l’épreuve électorale ; l’interprétation servie : le peuple aurait préféré ce bout d’homme plutôt que se jeter dans l’aventure avec un président fantomatique. Ce qui n’est pas dénué de vérité.

« Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions », avaient déclaré de concert les organismes proches du Pouvoir. Le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Justice, la commission nationale de surveillance composée de 362 magistrats, le Conseil constitutionnel, le Sénat, la Chambre basse…, bref, toutes les institutions ayant rapport avec les élections ont conclu à l’intégrité et à l’honnêteté du scrutin présidentiel 2014. Bien sûr, concède l’Establishment, quelques cas de dépassements ont été signalés, mais rien ne permet de remettre en cause le bon déroulement des élections. Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, était catégorique, il n’y a pas lieu de s’inquiéter des bruits stridents qui proviennent « d’en bas » sur les fraudes et les dépassements. Ils ne sont pas de nature à interpeller la justice et engager des enquêtes sérieuses ou des poursuites contre des contrevenants.

L’attitude idyllique du ministre et de ses pairs dans l’État reflète-t-elle la réalité ? Prenons l’exemple d’une affaire parmi tant d’autres qui n’ont pas fait beaucoup de bruit.

barre séparation longue

S.Y. est un homme dans les vingtaines, plutôt en bonne santé, et une élocution respectable. Il fait un témoignage d’une exceptionnelle gravité.
C.O. est député national d’une wilaya (WX) au nord du pays de Bouteflika-DRS. Il est membre influent du parti FLN et se montre farouche partisan du 4e mandat.
Lieu : quelque part au chef-lieu de WX
Contexte : les élections présidentielles 2014.

Acte I
Introduction

Y.S. : Aujourd’hui, le matin du 18 avril 2014. Moi, Y. S., enfant de la ville WX, je désire par ce présent enregistrement vidéo apporter un témoignage de la plus grande importante au peuple algérien. Un témoignage en liaison avec les élections présidentielles et mon passage à la télévision Ennahar. J’annonce que tout ce que j’ai dit et témoigné l’autre jour dans cette maudite télévision n’était que mensonges et calomnies. Allah ghaleb (la Volonté de Dieu triomphe sur tout), j’étais sous la menace et j’étais victime d’un complot odieux ourdi par des hommes influents qui ont falsifié les élections à WX en faveur de Bouteflika et au détriment d’Ali Benflis. Aujourd’hui, j’exprime mon regret d’avoir cédé au chantage et je suis déterminé à dire au peuple toute la vérité sur cette histoire qui a marqué ma vie.

Acte II
Proposition indécente

C.O. : — Ecoute ! Toi, je sais que tu es un vrai homme, un brave sur lequel on peut compter. Quand tu soutiens quelqu’un, tu lui restes fidèle même si le monde doit s’écrouler.
S.Y. : — Absolument.
C.O. : — J’ai pour toi une proposition. Le candidat Benflis que tu soutiens et qui t’a nommé à la tête du comité de surveillance des élections de la ville ne sera jamais président. Que tu le veuilles ou non, Bouteflika restera président de l’Algérie. Donc, en ce qui te concerne toi, tu ne gagneras rien de tout cela. Après les élections tu retourneras à ta vie de sans-abri et ta misère. Autant profiter de l’occasion. Voilà ce que je te propose. Je te donne 20 millions (centimes) et 700 milles (centimes) pour chacun des membres du comité que tu présides, et tout ce que tu as à faire, c’est de fermer les yeux dans les bureaux de vote le jour J.
S.Y. : — Non, je ne ferais jamais une chose pareille.
C.O. : — Si, tu vas le faire. Sinon je vais te foutre dans la merde. Une merde plus puante que celle qui fait ta vie actuelle. Si tu ne fais pas ce que je te dis, je te…
S.Y. : — Minable. Cochon…
L’altercation éclate et déborde. C.O. fou de rage qu’un Algérien lambda refuse de baisser les bras devant lui, sort de la voiture de luxe, un gourdin à la main. Il assène des coups violents à Y.S. qui se défend comme il peut. Le partisan de Benflis en garde des séquelles visibles. Comme il croit à la République et ses Institutions il décide de porter plainte.

Acte III
Au commissariat, le FLN est roi

À suivre

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
Cet article a été publié dans Élections, Confidences, Hogra, Hommes du système, Vidéo. Ajoutez ce permalien à vos favoris.