L’observateur, le DRS, l’ANP et l’Algérie

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La question AllegIl est des questions qui n’ont pas besoin de réponse, d’autres marquent l’histoire d’une époque. Celle-ci embrasse les deux qualités.

Personne en Algérie ne s’est interrogé en ces termes, du moins publiquement. Évidemment, nombreux sont les analystes et les politiciens qui ont vu dans la manifestation le bras long de Rab Edzayer, mais, la controverse politique principale étant ce qu’elle est, cela relevait plus de la spéculation que de l’analyse objective. Le rapport même de la commission d’enquête chapeautée par le conseiller à la présidence pour les affaires sécuritaires, le général Bachir Tartag, alias le monstre de Benaknoun, concluant entre autres à une manipulation malveillante exogène, n’a pas secoué davantage les consciences. La gravité de la conclusion s’est dissimulée derrière l’apparente condescendance que la présidence a réservé à la fronde inédite et au rapport. Pourtant, Alger a tremblé pendant trois jours sous les godillots, le peuple a eu des sueurs froide et le gouvernement s’était barricadé dans un silence funèbre. Aussi, la question fondamentale qui devait se trouver sur toutes les lèvres était de savoir que faisait le DRS pendant que, dans l’arrière-boutique de la police, dans le secret le plus absolu, des apprentis sorciers préparaient depuis longtemps leur coup de Jarnac  contre leur patron et contre la présidence.

L’insubordination des forces de sécurité étant suffisamment grave pour engendrer une fragilisation du pouvoir et une insécurité dans le pays, comment Rab Edzayer répondra-t-il de son nouvel échec qui ne rappelle que trop celui de Boudiaf et de Tiguentourine ? C’est une question objective, indispensable et ontologique. Son importance dépasse l’impératif de l’identification des meneurs de la contestation. Il y va de l’avenir de l’Algérie. Si les tenanciers du pouvoir s’amusent à bondir sur le paletot des seuls lampistes, un jour, ils en payeront chèrement la vanité. Il sera alors trop tard d’endiguer les dérapages.

L’existence des ennemis du général-major Hamel ou son manque de vigilance — une longue carrière de militaire… —, importent peu devant la défaillance, voire l’implication d’un appareil névralgique comme celui du DRS dans un complot visant l’État tout entier sous prétexte qu’il est corrompu. La question en sous-titre, permet d’entrevoir très clairement cette énorme faille ; elle fut posée par un étranger. Ricardo Fabiani, un spécialiste de l’Afrique du Nord, a eu du moins la perspicacité de regarder la polémique suscitée par les policiers, d’un angle plus haut.

Le simple fait que des observateurs puissent mettre sur le tapis l’hypothèse d’un complot ourdit par une faction secrète du DRS, est déjà une preuve de son existence pour l’opinion publique. Les pages noires de Rab Edzayer doivent être tournées au plus vite, il est au cœur d’une situation nuisible à la crédibilité de l’État et à sa pérennité. Rien n’est plus stimulant pour les terroristes et « la main de l’étranger » que d’assister aux rebondissements aussi caricaturaux que dangereux sur un conflit au sommet dont il est l’acteur principal. Il personnifie l’éclatement de l’état-major dont son Département dépend pourtant. Jusqu’à quand la stabilité de l’Algérie continuera-t-elle d’être tributaire de sa volonté ?

http://www.aljazeera.com/news/middleeast/2014/11/eroding-algerias-political-status-quo-201411391034544485.html

 

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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