Les percussions de Saâdani font mal à un ex-ministre de la Défense

Les Nezzar, au service de la France de père en fils?

saad;ljhlkejrOui, répond le drabki d’Oued Souf. Ça coulerait dans leur sang. Il accuse en tout cas, publiquement S.V.P., le fils de Nezzar d’être un agent de la DST (le DRS français, mais sans filiation militaire…) Rien que ça. On connaît un qui va étouffer de rage… Khaled Nezzar, tenu pour le grand sanguinaire d’Octobre-88 —le premier ministre de la Défense qui ordonne de tirer sur les foules— et du début de la guerre civile a lui-même avoué que lui et son père étaient des serviteurs de la France.

Oui, Saâdani, le patron actuel du FLN, n’agit pas avec un telle témérité pour faire éclater la vérité ou réhabiliter l’histoire de l’Algérie. Il est trop prosaïque pour ces nobles considérations. Il ne fait que défendre son honneur en réaction à une accusation similaire gratuite que le rejeton bien né du général Nezzar avait commanditée ou laissée publier dans son journal numérique Algérie-politique. Mais la gravité de l’accusation et le grand impact qu’elle aura sur toute la classe politique et peut-être sur l’histoire même de l’Algérie suffisent à donner à la contre-offensive de Saâdni une grande portée politique. D’autant plus qu’il a clamé fort avoir bien pesé ses mots et qu’il assume entièrement l’accusation. Pire, toujours avec fougue, il a annoncé son intention de porter plainte contre l’auteur de l’accusation. Si le général, l’ex-homme puissant de l’Algérie ne flanque pas une taloche à son fils et ne le pousse à demander pardon au drabki, il y aura de l’action et de l’animation jusqu’à la nausée. Agent de DST !
Oui, aussi, le courage de Saâdani n’est pas hors du commun, ses arrières sont assurés, etc. Peut-être, mais pas tant que ça. Dans le monde des courtisans du palais, la règle absolue et respectée par tous est d’encaisser les coups et coudre ses babines. Personne n’a relevé un défi ou un affront lancé par un général ou sa progéniture. Même très proches du président, ils font profil bas. L’histoire d’Abdelaziz Belkhadem, à son apogée, qui a fui l’outrage de ce même Nezzar quand il l’accusa publiquement de «menteur», est encore vive. Qui s’est outré devant le fils du général Attailia qui avec sa voiture a foncé à tombeau ouvert sur la présidence. Tous les ministres, y compris celui de la Justice, choisis par le président, ont gardé un silence de lâches et le fils bien né du Rougeaud s’en est tiré sans tracas ni fracas. Défoncer la présidence ou écraser une brigade républicaine en faction dans son périmètre n’est qu’une fredaine de jeunesse…
Rien que ces deux exemples démontrent la valeur de Saâdani dans l’échiquier politique algérien. Par ailleurs, même s’il ne fait qu’exécuter des directives de ses parrains, il ne peut pas aller devant un tribunal et étaler son possible linge sale si les accusations qu’il porte contre le fils du général n’étaient pas crédibles.
Le fils du grand Nezzar, agent de DST ! Quand même. Aucun égard à son vieux père qui a passé sa vie à servir (avec une main de fer…) l’Algérie et qui « a incarné la République » à un certain moment de l’histoire de l’Algérie. Et le MDN, que dira-t-il de cette accusation? Elle le concerne au plus haut degré. Comment les généraux anciens et nouveaux considéreront-ils l’obédience déshonorante du fils de l’un des ministres de la Défense algérien dont le passé a toujours fait polémique? On peut imaginer aussi la perplexité des généraux comme Mohamed Mediène qui, poussés par Nezzar, se sont jetés corps et âme dans un bain de sang dont ils en sont sortis complètement souillés. On peut bien dire qu’il les a mouillés jusqu’au cou avant de filer à l’anglaise.
Quoi qu’il en soit, s’il y a une seule moralité à tirer de cette affaire, c’est que les percussions d’un drabki font plus mal que les péroraisons de toute la classe politique. Opposition comprise. « Fou du roi», Amar Saâdani a de l’épaisseur. Il a démontré à plusieurs reprises qu’il n’est pas un « courtisan comme les autres ». Il prend de grands risques, ne mâche pas ses mots et sait tenir en respect aussi bien des morveux blancs-becs que des vétérans du crime organisé et des dieux de la torture. Dans l’ensemble, le fait-il pour l’Algérie? Ses détracteurs qui l’accusent de corruption disent non. Ses actions fracassantes et intrépides disent oui. L’histoire tranchera.

  http://www.elkhabar.com/ar/politique/434370.html

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A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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