Deux manifestants tués à Touggourt

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mhgfjhgfk.fghfdgLa police, c’est bien connu, elle assure l’ordre et le maintien la paix. Tout le monde le dit en haut lieu, le clame. Ils le martèlent depuis que l’Algérie est indépendante. Mais ce qu’ils ne diront point les responsables de l’État, c’est qu’en temps de paix la police peut persécuter, torturer et tuer sans se préoccuper outre mesure des réctions violentes de la population. La mort de deux manifestants hier à Tougourt vient rappeler cette cruelle réalité qui a vu le jour avec le général à la retraite Khaled Nezzar un certain 5 octobre 1988. Depuis ces tristes avènements, le policier ou le militaire, inspiré par l’arrogance et l’impunité pénale et morale, de l’ancien ministre de la Défense, s’est lâché sur son frère. Les membres des forces de l’ordre ne se retiennent plus. La barrière morale contre les homicides ou les tortures ont disparu. Se sentant de plus en plus menacé, le pouvoir en a transformé quelques-uns en monstres insensibles et les a dispatchés sur tout le territoire.

Les policiers bruts qui usèrent, discrètement, de balles réelles et tuèrent deux hommes au bout du rouleau, à Tougourt, n’ont pas agi sous l’emprise de psychotropes ou d’une hystérie collective, leur crime fut délibéré. Ils sont parfaitement au courant la gravité de leur acte. Ce qu’ils savent aussi c’est qu’ils risquent peu si leurs cibles sont mortellement touchées et s’ils sont épinglés ; une mutation tout au plus. Pourquoi les a-t-on laissés porter des armes chargées de balles réelles et pourquoi en ont-ils fait usage ? Les réponses ne sont pas près d’être fournies, mais il y a fort à parier que l’usage limité d’arme à feu s’inscrit dans une stratégie secrète de dissuasion dont a besoin le pouvoir occulte et plus assassin que jamais. Ce qu’il a fait massivement pendant la décennie rouge, il le poursuit aujourd’hui à petit feu, à dose gérable médiatiquement.

Le DGSN, l’illustre général Hamel, aurait même inventé, une « technique » pour éteindre, à moindre coût, les feux et amortir les chocs. Elle noie dans la brume les contestations politiques et sociales, les affaiblit et les fait disparaître. Il en a fait une fierté personnelle. Il l’appelle pompeusement GDF ou si l’on veut « Gestion démocratique des foules ». Ils sont bigrement inventifs, les assassins de circonstance. Sur le terrain, elle se résume dans l’endiguement de l’afflux, saucissonnage et le confinement des foules avec un déploiement massif des forces de l’ordre. Ces opérations sont suivies par l’arrestation des éléments les plus actifs et leur relâchement après un interrogatoire de pure forme. Selon le contexte, ils peuvent prolonger la garde à vue de certains manifestants de quelques heures à plusieurs jours, histoire de le faire réfléchir et lui casser la volonté.

GDF est une formule pompeuse qui cache mal la légèreté avec laquelle une partie de la police, spécialement entraînée, fait feu avec son arme et démolit la vie des familles algériennes. La banalisation des crimes et de la violence policière par le pouvoir a bien sûr un seul objectif : mater la population qu’il sait pourtant en proie à une précarité sociale et et encline aux soulèvements. On le voit par les mesures prises au lendemain des drames et surtout par le suivi des dossiers qui s’étire tellement que les affaires s’effilochent, se diluent dans la masse des événements jusqu’à ce que l’intérêt et la mobilisation de l’opinion publique disparaissent. Les simagrées des autorités comme celles d’hier où le ministre de l’Intérieur Belaïz « ordonne une enquête », arrête quelques lampistes et indemnise sur le champ les familles de victimes (un logement social 60 000 DA) hors de cadre légal, ont l’air du déjà vu, elles ont pour vocation de tempérer, de résorber la colère et surtout de parer au spectre toujours présent d’un embrasement dans tout le pays. Aucune indignation, aucune condamnation et surtout aucune démission, aucune éviction conséquente ne viennent appuyer un esprit républicain et «démocratique». Tuer un Algérien demeure dans les faits un acte banal, un fait divers. Le général Hamel, depuis seulement deux ans et demi qu’il est à la tête de la police et déjà il compte plusieurs citoyens tués par la police. Que sont devenus leurs assassins. Ils ne sont pas en prison pour tout savoir.

Ce genre tragédies, bien sûr, se déroule en temps de paix. En temps de troubles graves ou de guerre civile, c’est une tout autre histoire. Au fond d’une catacombe secrète, au milieu de milliers d’ossements, un cercueil s’ouvre lentement dans un grincement qui glace le sang. Un être livide et répugnant se réveille. En deux tires silencieux trois étripages camouflés, il prend les commandes du pays, réactive sa machine infernale et gère dans les coulisses la situation à sa manière. Il réussit presque toujours, car il n’a rien dans le cœur et peu scrupules dans la tête. Sa technique séculaire : répression, férocité, terre brûlée et des bains de sang. Le sang chaud ou caillé, servi en apéritif aux journalistes comme une Salima Tlemçani lors des briefings…

L’Algérien libre dans une Algérie indépendante ce n’est pas pour demain. Il faut attendre une génération qui accouche de vrais intellectuels et d’intrépides journalistes, des hommes et des femmes qui ne craignent pas l’obscurité des catacombes et sauront assez preux pour relever le vrai défi et mener la mère des batailles.

 http://www.elkhabar.com/ar/watan/436554.html

 

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Deux manifestants tués à Touggourt

  1. supplicié dit :

    La malediction des pays arabes et musulmans c’ est leurs armées, La loi du plus fort est toujours la meilleure et chez ces 2 societés primitives elle est toujours en vogue, Pour reussir votre vie(en europe ou aux USA)
    et assurer celle de votre progeniture et toute la lignée qui suivra ,rejoignez l’ armée.

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