Collaboration du DRS dans le programme de torture de la CIA : El Watan ignore, El Khabar minimise

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«C’est de ta peur que j’ai peur», William Shakespeare

Il faut voir comment laafdjges journalistes algériens se sont comportés devant un scandale grave lié aux violations des droits de l’homme relativement récent. Comment ils ont traité un sujet aussi sensible que la dignité humaine qui les concerne au premier chef. Pour tout esprit sain, en effet, les tortures que commettent les services secrets algériens ne sont pas indissociables de la dignité des journalistes eux-mêmes. Tôt ou tard, il en subiront les contre-coups. La séquestration inhumaine et illégale du journaliste Abdessami Abdelhaï en une parfaite illustration. Sans jugement depuis plus de 15 mois, la détention arbitraire relève de la même tyrannie que la torture des détenus accusés de terrorisme.  La mobilisation et la solidarité dont il a bénéficié de quelques médias ne furent d’aucune utilité. Dès que l’on s’accomde d’un pouvoir qui torture, la loi et les juges deviennent décor et la dignité et les droits de tous décampent et plongent dans la fange. Sur ce plan, il n’existe pas de zone grise, le pouvoir respecte tous les droits ou ne respecte rien.

Après la publication du rapport d’enquête sur la torture des prisonniers et les traitements dégradants dont s’est rendue coupable la CIA, le monde entier a découvert que le nom de l’Algérie a été cité parmi les pays qui ont facilité ce programme. L’Algérie avait ouvert son ciel à des vols secrets où des suspects ont été acheminés vers des prisons secrètes où ils allaient recevoir un traitement inhumain et contraire à toutes les conventions internationales auxquelles l’Algérie a souscrit. Le rapport indique également que l’Algérie a reçu dans le cadre du programme clandestin  au moins deux détenus qu’elle a interrogés avec toute la « délicatesse » du DRS.

Pour faire vite, il suffit de lire El Watan et El Khabar, les deux grands médias privés qui se vantent d’être indépendants, pour sonder la position officielle et l’attitude des journalistes sur les graves révélations concernant l’Algérie. Ni l’un ni l’autre ne se sont indignés de la participation de l’Algérie à un programme de torture international et aucun d’eux n’a commenté cette dérive sécuritaire qui jette le pays dans le filet fatal tendu par la CIA. El Khabar a écrit un article sur le sujet, mais à peine s’il a mentionné le scandale. Le nom de l’Algérie est parmi les nombreux pays participants, avait-il écrit d’un ton neutre comme s’il s’agissait d’un programme scientifique ou culturel. Et c’est avec un soulagement teinté de malice, qu’El Khabar souligne qu’au contraire du voisin marocain, l’Algérie n’avait pas poussé sa collaboration jusqu’à permettre au le puissant service secret américain d’ouvrir une prison sur son sol… Le journal francophone El Watan, quant à lui, il a eu une attitude chevaleresque. Il s’est indigné à sa manière. Haro sur la CIA. L’article d’Adlène Meddi est le plus symptomatique. Il s’insurge et invoque l’impunité, les « méthodes inhumaines », etc. Il parle bien de « complices dans le monde », mais point d’Algérie et encore moins de DRS.

Ces deux exemples éloquents montrent le degré de soumission des journalistes aux tortionnaires de Rab-Edzayer, sont assujettis, aujourd’hui encore, les journalistes algériennes. Pour comparer, il suffit de rappeler le « courage » des mêmes titres dans le scandale de Wikileaks qui a éclaboussé Abdelaziz Bouteflika. El Khabar comme El Watan se sont donné à cœur joie d’étaler en long et en large tout le sale linge du président…

De son côté, Salima Tlemçani, un grand indicateur sur l’humeur des services, n’a pas jugé l’affaire suffisamment grave. Elle qui souvent tombe à bras raccourcis sur le président et ses dérives a fait montre d’un mutisme éloquent. La façon dont le DRS mène la lutte contre le terrorisme n’est jamais arbitraire à son goût et de toute façon les crimes contre l’humanité en Algérie ne sont pas sa tasse de thé ; son hobby le plus passionnant reste la saga des Bouteflika… Aussi, ses célèbres gorges profondes très hautes placées, si prolifiques et si serviables d’ordinaire, sont-elles toutes parties en voyages…

Ce petit rappel sur l’indépendance et le courage des journalistes algériens démontre à qui veut bien l’entendre que le corporatisme dans les médias qui ne prend pas ses sources d’une conscience nationale plus large et ne prend pas en compte la dignité humaine dans son ensemble est voué à l’échec. En attendant un sursaut national qui renverse l’ordre établi, le pauvre Abdesamï Abdelhaï, qui n’est ni le premier ni le dernier journaliste à subir dans sa chair la vanité d’une corporation chevillée aux services secrets, peut continuer à moisir dans la prison.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Collaboration du DRS dans le programme de torture de la CIA : El Watan ignore, El Khabar minimise

  1. supplicié dit :

    Tous complices , les journaleux, les mercenaires en uniforme ou en civils,les larbins,les suppletifs, les magistrats de pacotilles, etc tous complices , pour de l’ argent ils egorgeraient leur propre mère. C ‘est pour cela que le monde entier nous meprise et nous tourne en bourrique.

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