Le wali d’Annaba, Double Kanon et le fils du général

srgsrt36552sert119jhgfjgfjgDes médias ont annoncé la mort à Paris de Mohamed Mounib Sendid, wali d’Annaba, victime de crise cardiaque. Qu’Allah ait pitié de lui, il en a bien besoin, lui qui a vécu sur une terre saignée, maudite au sein d’un système qui pousse les walis au mensonge, à la fraude, à l’injustice et à l’arrogance… Nonobstant cette approche légitime, l’on peut dire a priori qu’il n’y eut rien d’extraordinaire dans cette nouvelle, sauf peut-être un arrière-goût amer qu’elle laisse chez les Algériens qui y goûtent, encore une fois, la réalité d’une Algérie à deux vitesses : celle qui meurt sur un lit d’hôpital confortable à Paris et celle qui meurt dans les sbitars délabrés de l’Algérie. Pour de nombreux Annabis au fait de la vie publique de leur ville, les choses ne se présentèrent pas ainsi, la volonté divine n’est peut-être pas la seule cause de la disparition du wali.

Le cursus de Sendid est singulier. Le wali a connu une carrière en dents de scie. Ses rapports avec les responsables locaux, dont l’amour pour la patrie se confond avec l’instinct de prédation, ont souvent été tendus et lui ont valu de gros ennuis avec la tutelle au point d’être limogé une première fois à Khenchela par le ministre Yazid Zerhouni et, une année après avoir été réintégré dans le corps des walis, de présenter sa démission une seconde fois à Annaba même. Le wali se plaignait des interventions incessantes des responsables locaux dans ses décisions et de leur manque de rigueur dans la gestion des affaires publiques. Certains croient que sa guerre contre les rapaces et les magouilles, ont fédéré contre lui les barons du régime et l’ont pris pour cible. Ils le dénigrèrent et lui mirent les bâtons dans les roues.

Last but not least, au lendemain de l’hospitalisation de Sendid, un curieux billet dans le compte Facebook de Double Kanon fait état d’une agression physique commise par un fils de général contre le wali. Il l’aurait frappé devant une foule de témoins… Ne supportant pas l’affront, il eut une attaque cardiaque.

L’histoire demande des clarifications. Double Kanon parle de demande de démission alors que le wali fut hospitalisé. L’illustration accompagnant son billet remonte à la fin du mois d’août, elle annonce que le wali avait jeté l’éponge devant la mafia d’Annaba et qu’il demande d’être démis de ses fonctions et de retourner dans son ancien poste de fonctionnaire dans le ministère de l’Intérieur. Le fait certain est que DK a bien parlé d’une agression physique d’un fils de général et que ce crime n’a pas été élucidé ni ébruité et qu’enfin dans notre pays, il n’y a pas de fumée sans feu.

Ne connaîtrons-nous jamais la vérité ? Peu probable, le suicide de l’attaché consulaire à Lyon est resté mystérieux et sur la conscience de Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères. Les morts ne parlent pas et la culture du régime brille par un grand tabou : les généraux et leurs rejetons sont intouchables, au-dessus de la loi.

P.-S.  :

1. Le fils du général ne serait autre que le fils de Gaïd Salah, le chef d’état-major… L’information est rapportée par Algérie-focus. De mieux en mieux.

2. Selon les dernières nouvelles, monsieur Sendid serait toujours en vie et ses jours ne sont pas en danger. Tant mieux pour lui et pour sa famille. Espérons pour lui un prompt rétablissement, mais surtout une prise conscience qui se traduit par des actes courageux et un témoignage sincère sur la mafia d’Annaba et des mea culpa à l’instar de Bachir Frik.

https://www.facebook.com/doublekanon2/photos/a.394128944095.169523.131003064095/10152921204809096/?type=1&theater

 

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Le wali d’Annaba, Double Kanon et le fils du général

  1. supplicié dit :

    « qui s’ assemble se ressemble »,Soyons clairs Ceux qui sont honnetes n’ acceptent aucun poste politique….dans ce systeme pourri et criminel ……….pour tout l’ or du monde …… surtout au service d’ un pouvoir genocidaire……………….vous ecrivez en substance « lui qui a vécu sur une terre saignée, maudite au sein d’un système qui pousse les walis au mensonge, à la fraude, à l’injustice et à l’arrogance ».Non !mon bon monsieur el erg echergui,quand on a des valeurs on ne se compromets pas avec le diable, on ne peut pas etre poussé ,on est pas des moutons..

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