Dans les coulisses d’un affrontement sourd

nnnerwtwerUne anecdote époustouflante, glanée plusieurs années auparavant dans quelque magazine arabe, et oubliée depuis, s’est réveillée en trombe, on ne sait comment, des tréfonds d’un cerveau, quelque part entre le cortex et l’hypothalamus. Sabre au clair, dotée d’une énergie phénoménale, l’anecdote a foncé droit vers un repli du cerveau, distant de mille et un détours où, quelques jours plus tôt, fut logé l’histoire d’un événement grave.

Malgré les dédales inextricables des fibres nerveuses, la densité du trafic, l’anecdote slalomait comme un bolide déchaîné sur une route glissante, sans heurts ni embardées. S’il la voyait, Schumi, le septuple champion du monde de Formule 1, en sera baba. Les neurones-brigadiers de l’influx qui régulaient la circulation avaient très vite remarqué avec leurs appareils sophistiqués, l’air décidé et farouche de l’anecdote exhumée. Alertes de nature et expertes en profilage, elles comprirent qu’elle n’obtempéra pas à leurs signaux et qu’en bout de course, un télescopage violent était à craindre. Aussi, pour éviter un accident ischémique de Bouteflika, elles mirent les nerfs à rudes épreuves pour lui dégager la route et alertèrent en urgence toutes les unités en faction.

Contre toute attente, le choc violent craint ne se produisit pas. En fait, il serait plus juste de  parler d’affrontement provoquée par une vieille passion dont le feu ne s’est pas éteint. L’anecdote «suicidaire » avait la maîtrise de l’élan de sa folle course. En s’approchant de sa cible, comme assistée par une force supérieure, elle réduisit grandement sa vitesse hypersonique, marqua une halte et considéra de très près la nouvelle venue que le destin a voulu détruire. Quand le moment de la vérité sonna, sans préliminaires, les deux adversaires entrèrent en collision. À la loyale, un duel homérique commença sous les regards courroucés de milliers de neurones-brigadiers du secteur qui accoururent pour parer aux débordements annoncés.

L’histoire des neurones aussi fantasque que réelle a eu des répercussions dans le monde parallèle. Au-delà de la barrière crânienne, le monde visqueux et trouble des carcasses infatuées totalement soumises aux neurones invisibles, a mal vécu durant plusieurs jours une relation passionnelle entre un artiste abouti, imbibé de fiel et ses uniques égéries : les fanatiques de Dieu. On n’a pas idée sur le formidable travail consenti par les neurones des spectateurs algériens pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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