Daoud, Hamadache, Hamza et Elhabachi

bbsgfhdhPlusieurs billets ont été écrits dans ce blogue sur les délires linguistiques de Kamel Daoud, sur ses excès et ses défections devant ses responsabilités morales en tant que journaliste et intellectuel. Il n’est pas question ici d’en rajouter une couche… Sur l’identité et la langue arabe, ses dérapages trouveront des commentaires à la mesure de leur nuisance. Sur la religion, Kamel Daoud n’a rien dit de mal quand, dans une chronique dans Le Point, puis dans l’émission de Laurent Ruquier, il s’en est pris vertement à l’islam de bazar. Le salafiste qui l’a condamné à mort avait certainement les yeux bandés par la haine et la rage, n’a pas remarqué ou n’a pas voulu entendre le chroniqueur quand il clama clairement sa foi musulmane. « J’étais religieux et je le suis toujours », avait dit Daoud devant la France entière. Ne serait-ce qu’à ce titre personne n’avait le droit de l’excommunier si tant est qu’il en eût le mandat divin.

Daoud, un voltairien ? Possible. Avec un sens aigu de la provoc, le chroniqueur du quotidien d’Oran s’en prend régulièrement à l’islam de la barbe, du Tchador si cher aux  bondieusards. Longtemps avant que la France ne lui déroule le tapis rouge et ne l’attire dans sa nasse islamophobe, il avait coutume de dire qu’il n’est pas arabe, que les Algériens sont tarés d’adopter l’arabe dans l’enseignement, que son français est respectable et qu’il le gardera dans son cœur comme un butin précieux. On ne l’accusera pas de servir la France, hacha, mais ce qu’il disait le rapprochait considérablement des descendants de l’ex puissance coloniale et l’éloignait peu à peu de la masse «des ignorants» dont il est issu. Nous pouvons gloser à l’envi sur ses lubies et ses hallucinations, mais douter de sa foi ou s’arroger le droit de le compter parmi les apostats ou encore pire, le condamner à mort, seuls les fous et les obscurantistes en sont capables.

Bien qu’elle soit la bienvenue, la réaction d’Ali Benhadj, mi-figue mi-raisin, n’a pas été à la hauteur de l’islam juste, source de paix et de fraternité, il a aussi à se reprocher son silence pendant les noires années du GIA qui ont fait passé par le fil de l’épée des milliers de têtes pour le même genre de fatwa. Que lui reprochent une partie des islamistes ? Il semble que certains passages de son livre « Meursault contre-enquête » aient provoqué leur ire. Daoud avait pourtant rassuré les musulmans que les textes controversés ne sont pas à lui, mais à son personnage. Rien à faire, la haine et l’envie de lui réserver le sort de Galilée étaient irrépressibles.

Le comportement malheureux de Hamadache, dont nous espérons qu’il s’en repent et demande pardon au journaliste, fait penser à un précédent cocasse. Pendant le tournage en Libye du film mythique « Le messager » du grand réalisateur Mustapha El Akad, les acteurs qui jouaient le rôle des kouffar (les infidèles) en ont eu pour leur grade. Dans les villages environnants où ils passaient, ils étaient mal accueillis au moment où Abdellah Ghaït et  Anthony Quinn, choisis  tous les deux pour incarner l’oncle et le grand compagnon du Prophète, Hamza, étaient portés au nues… En particulier, l’acteur qui joua le rôle d’El Habacchi —personnage qui dans l’histoire tua Hamza avec sa lance—a failli, un jour, être lynché par une foule ignorante qui voulait venger l’oncle du prophète…, C’est tout dire de l’aveuglement des faux dévots

À méditer

 

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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2 commentaires pour Daoud, Hamadache, Hamza et Elhabachi

  1. LAST MOHICAN dit :

    Que Hamadache s’en prenne à KD est tout à fait normal dira -t-on ; Le personnage est dans son role ;Ce qui l’est moins ce sont ces  » intellectuels de pacotille » qui enfourchent le cheval salafiste pour tailler des croupiéres au chroniqueur du « Le quotidien d’oran » ; Deux vieux chacals edentés ( Rachid Boudjedra et Abdellali Merdaci )se sont joints à la curée voulant sans doute se faire les dents sur un jeune lion ;
    En s’en prenant à KD dans Elkhabar le premier à dans le meme papier attaqué ‘ Kamel Daoud ; Boualem sansal , Wassini Laaredj , Amine Zaoui . C’est vous dire le degré de distanciation et d’honnêteté intellectuelle du personnage ;
    Le second A.Merdaci qui se présente comme ecrivain et professeur de l’enseignement superieur ne s’est pas contenté comme le voudrait son titre à la critique literraire et academique mais s’est plutot fourvoyé dans un pédantisme douteux pour faire  » une offre de service tardive » car tous les postes sont pris ;
    Quelques perles de son « bouillon de culture « :
    Kamel Daoud appartient à cette terrible catégorie d’écrivains qui poussent leur carrière sur les flots de scandales et d’imprécations constamment renouvelés.

     » Après avoir, en maintes occasions, proféré des discours clivants, qui heurtent les Algériens au motif affligeant de vendre son récit et son image sarcastique de trouble-fête, Kamel Daoud entend tirer tout le profit de la menaçante riposte de l’imam et de sa providentielle fetwa.
    « Jamais une œuvre de seconde main, comme c’est le cas pour Meursault, contre-enquête, cousue dans les mots étroits de la sordide mise en abymes de L’Étranger, en en restituant dès l’incipit les topoï, n’aurait connu un tel succès en France, sans l’activisme de mauvais aloi de son auteur »
    Autrement dit selon le professeur KD aurait tout manigancé et préparé de longue date ; Son invitation par les media de l’exagone meme la fatwa de Hamadache serait commanditée ;

  2. aghilas-koseila dit :

    azul fellawen,
    Normal lorsque on devient un homme public,un ecrivain qui prend de l’ascension est sujet aux critiques parfois constructives,parfois non….Lorsque mouloud feraoun avait ecrit le fils du pauvre. les français de l’epoque l’ont descendu en flammes je trouve normal. ce que je trouve anormal les critiques acerbes de l’intelectuel messahli….idem a la mort de mouloud mameri,kateb yacine,rachid mimouni le meme scenario.les imams appellaient les populations d’interdire par tous les moyens leur enterrement en terre d’islam.ces memes fetwa visent a chaque fois certains de nos intelectuels rebellés. pourquoi un tel silence pesant de notre etat ! Est-ce cet etat ne peut pas proteger ses citoyens et de musuler ces zeleurs des fatwa a l’emporte pieces..! surement cet etat et ses decideurs comme autrefois travaillent avec les ogres pour faire peur,a ceux ou celles qui ne sont pas dans les moules…l’avenir nous le dira si k.d est dans le tord ou dans le vrai ! ce qui est sur les medias de l’exagone ne sont pas neutres ! ou sont les notres ! apparement il ya deux poids deux mesures. lorsque ce sont les decideurs d’algerie sur france3 comme dalil boubeker qui baise la main d’un prince saoudien et lorsque notre president prefere les medias etrangers,lorsque notre ministre prefere le parlement europeen pour faire ses discours.Nos intellectuels,nos médias restent de marbre. ce n’est pas juste !
    tanmirt ar timlillit.

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