Deux mille quatorze, l’année de tous les dangers

fleur ermitesoldat en factionL’année 2014 nous a quittés dans la morosité, elle est allée rejoindre les autres années dans l’univers terne du passé algérien. Dans ses bagages, un bilan amer, des coups durs et des espoirs anéantis. Si elles pouvaient se matérialiser, les désillusions pèseront une montagne. La mort dans l’âme, le peuple à qui l’on ne reconnaît pas encore la maturité, les droits à la liberté à la justice… y a vécu des évènements marquants qui ont compromis son avenir.

Au registre politique, deux développements sont à souligner : le pourrissement de la situation politique accentué par l’indicible 4e mandat et la marginalisation partielle du DRS.. Sinon, le pouvoir a atteint un haut degré d’obtusion. Il s’est complu dans son opacité chronique et poursuit ses programmes de développement tirés à la courte paille. Le pouvoir ignore les dangers, rejette le dialogue avec l’opposition, la stigmatise et joue au chat et la sourie avec une société de plus en plus agitée. En haut de la pyramide, l’année 2014 a été témoin d’une dégradation dans la structure du pouvoir, l’Algérie est entrée de plain-pied dans l’ère d’une ploutocratie née dans les années DRS, qui dans l’ombre d’un président fantoche, s’encanaille sans réserve avec tous les clans du pouvoir occulte.

En 2014, les Algériens et le monde entier ont eu droit à un spectacle grandiose : un président-zombie. Aphone, hémiplégique, déglingué, le président est presque une image fidèle de ce qu’est devenue l’Algérie. Entre deux visites médicales à l’étranger, il pose devant les caméras de télévision et expose sa pénible infirmité en compagnie d’un hôte de circonstance qui découvre de visu la déchéance l’Algérie. Des institutions paralysées, des responsables assurant le travail en hautesses de salons de voitures, engagés pour un rôle qui ne requiert pas de compétences professionnelles. Des intellectuels qui ont perdu le sens du mot dignité, une désertion jamais démentie de la Justice, des procès iniques, des harcèlements et des séquestrations de courtes durées contre les activistes, un nouveau modus operandi pour éviter le label « régime policier », une presse épisodiquement garrottée et, le lendemain elle se fait payée en monnaie de singe…, un quotidien social inquiétant, une société plus démembrée que jamais et surtout, surtout une conscience nationale gravement atteinte. Partout où l’on tourne la tête, les dégâts et les ratés de 2014 sont visibles.

Sur le front de l’économie, là où le bât blesse, l’Algérie continue de brasser l’air et de saigner financièrement. Elle ne s’est jamais départie de son addiction aux hydrocarbures. Ce secteur a fini l’année en apothéose… La baisse vertigineuse du prix du baril du pétrole, scénario-catastrophe tant redouté, est tombée comme un couperet. La baraque tremble et l’Algérie est mise de nouveau sur une pente savonneuse. Les coupures budgétaires commencent à pleuvoir…

Une autre information a jeté l’émoi dans l’opinion publique. L’université d’été organisée dans les monts de Djijel par les « anciens de l’AIS » avec bénédiction du pouvoir, a montré toute la splendeur de l’Etat d droit, de la loi. La mort d’un wali dans des conditions suspectes a fait réagir une partie de l’opposition qui craint pour l’avenir du pays. Deviner la laideur de la République n’est pas comme la voir nue, crue et répugnante. Le triste sort de Mohamed Mounir Sendid a jeté la lumière sur la montée en puissance de la mafia de second étage liée à l’oligarchie qui s’attaque impunément au foncier. En réaction, l’État, fidèle à sa culture, a publié des démenties et présenta des contre-témoignages partiels pour étouffer le scandale et clore l’affaire. « S’il ne tient qu’à jurer, la vache est à nous », dit un vieil adage… Un scandale qui a fait réagir Bachir Frik, l’ancien wali d’Oran. Dans les colonnes d’El Khabar, il rappela que les pressions et les chantages auxquels sont soumis les walis sont monnaie courante. En 1997, il lui-même fut victime d’un comportement mafieux de la part du chef de la 2e région militaire…

Pour finir le beau topo, sur le plan international, l’Algérie ne brille pas par un respect promis par son excellence. Les Algériens viennent d’apprendre que deux pays les narguent avec insolence. L’Arabie Saoudite refuse toute discussion sur la réduction de la production de pétrole pour redresser les prix, dusse-t-il tomber à 20$ le baril, et le plus grave, El Khabar a rapporté une information pétrifiante : des missiles nucléaires israéliennes sont braqués vers les grandes villes de leur beau pays…

Voilà pour les évènements marquants de l’année écoulée. L’année 2014 est un diorama monotone où la grisaille, en filigrane, semble être le fil directeur à tous les mouvements. Pour surmonter le cafard, il faut juste écrabouiller toutes ces informations et les jeter aux orties, répter avec Gaïd Salah que les élections étaient propres et intègres, se dire que tout ça n’est qu’est un cauchemar et croire avec le FLN et le RND que l’Algérie va très bien et qu’en 2015 elle ira encore mieux…

A propos El Erg Echergui

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Periclès
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Un commentaire pour Deux mille quatorze, l’année de tous les dangers

  1. aghilas-koseila dit :

    azul fellawen,
    on prend la vie comme elle vient.peut-etre une belle chose la baisse des prix du petrole ça permettra d’arreter les forages du gaz du shiste et egalement de revaloriser nos produits et les deversifier…
    tanmirt ar timlillit.

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